[EXCLUSIF PEUPLE-VERT.FR] Bryan Dabo : « Certains avaient à cœur de détourner la vérité pour me faire passer pour un joueur ingérable ! »

Après Loïs Diony il y a quelques semaines, c’est un autre ancien stéphanois qui a accepté de nous répondre. Bryan Dabo a passé un an et demi à l’ASSE. Pas la meilleure période du club puisque l’actuel milieu de la Fiorentina aura connu quatre entraîneurs durant son passage chez les Verts. Il évoque pour nous sa nouvelle vie italienne et ses années vertes en nous livrant son point de vue sur la crise qui a secoué le club en décembre dernier. Il en profite pour effectuer une mise au point sur les rumeurs qui n’ont cessé de courir au sujet de sa relation avec ses entraîneurs…

Peuple-Vert.fr : Comment s’est passée ton intégration à la Fiorentina ?

Bryan Dabo : L’adaptation a été très rapide. Quand je suis arrivé j’ai retrouvé Jordan (ndlr : Veretout) et Valentin Eysseric. Je les avais eu au téléphone avant d’arriver. Dès le début, le coach est venu me parler et m’a immédiatement fait faire de la vidéo pour m’expliquer ce qu’il attendait de moi. Je suis arrivé dans un groupe sain. Le capitaine, Davide Astori, a été le premier à venir me parler. Tout le monde a été très sympa. Et au niveau de la langue, je n’ai pas eu de souci pour rapidement me faire comprendre.

Ton départ de St-Etienne a surpris du monde. Peux-tu nous en dire plus ?

Un départ surprise auquel je ne m’attendais pas. 5 ou 6 jours avant la fin du mercato on m’a appelé pour me dire qu’il y avait une proposition  de la Fiorentina. Je n’ai pas trop réfléchi car ça me permettait de découvrir un nouveau championnat. J’en ai discuté avec Valentin (ndlr : Eysseric) et Jordan. La Fiorentina est un grand club. Et puis l’ASSE s’y retrouvait également financièrement.

Parle-nous un peu de tes débuts avec la Fiorentina. Où en es-tu et quelles sont tes perspectives ?

J’ai tout de suite été appelé dans le groupe. Les premiers matches m’ont permis de m’adapter. Tous les jours le coach me prenait à part pour me conseiller. Et puis un jour il est venu me dire qu’il avait recruté un joueur pour en faire un titulaire, pas un remplaçant et il m’a demandé d’en faire encore plus. Il y a finalement eu 15 jours d’adaptation et à partir de notre discussion, je suis rentré plusieurs fois en jeu et le week-end dernier (ndlr : contre Crotone) j’étais titulaire, tout comme hier face à la Roma que nous avons battu 2-0.

« Ils étaient en pleurs et m’ont annoncé le décès de Davide. C’était vraiment un choc. »

Tu nous parlais tout à l’heure de Davide Astori, qui était le capitaine de l’équipe et qui est décédé subitement en pleine nuit lors du déplacement de l’équipe à Udine. Veux-tu dire quelques mots là-dessus ?

Ça a été un choc. Deux jours auparavant on avait tous effectué une échographie du cœur. Tout allait bien. Davide était une personne saine, pas d’alcool, pas de cigarette, toujours le premier à l’entraînement, aux collations…  C’est le premier qui m’a parlé au club. Le jour où il est décédé, j’étais dans ma chambre et j’ai entendu des sirènes. Mais comme on était en ville (ndlr : Udine) je ne me suis pas plus inquiété que ça. Quinze minutes plus tard, le coach et Cyril Théréau (ndlr : attaquant français qui joue à la Fiorentina depuis 2017) sont venus frapper à ma porte. Ils étaient en pleurs et m’ont annoncé le décès de Davide. C’était vraiment un choc. Depuis cet événement, l’équipe qui était déjà très soudée s’est transformée en une vraie famille.

Parlons de ton aventure stéphanoise. Quand tu es parti, le club était très mal. Avec du recul, comment analyses-tu cette saison, de l’arrivée d’Oscar Garcia jusqu’au mois de janvier ?

Avec Oscar Garcia, on a fait une belle pré-saison. Des joueurs qui ne prenaient plus beaucoup de plaisir commençaient à retrouver la joie de jouer. L’arrivée du coach a changé des choses d’autant qu’il était compliqué de succéder à Christophe Galtier qui est un monument à St-Etienne. On fait un très bon début de saison. On a eu des matches pas faciles. Tout allait bien et puis il y a eu le Derby qui a marqué les esprits chez tout le monde. A partir de là, tout s’est effondré petit à petit. Du jour au lendemain on a nommé Julien Sablé à qui on a confié une mission quasi impossible. C’était un peu comme si on lui mettait tout dans les mains. Et puis Jean-Louis Gasset, est arrivé avec son énorme expérience. Il a été rejoint par Ghislain Printant qui a également une très grosse expérience en termes de formation. Avec eux, on a commencé à remonter tout doucement la pente. On a senti la différence dès que Jean-Louis Gasset a pris la casquette d’entraîneur et surtout lors du stage en Espagne début janvier. Chaque jour ils s’appliquaient à nous redonner de la confiance. A aucun moment ils n’ont été dans le négatif, dans le reproche.

D’après-toi, ce n’est qu’une question d’expérience ? Il fallait un coach et un adjoint chevronnés pour gérer ce groupe dont il se disait qu’il était compliqué à manager ?

C’est pour ça que je parlais d’une mission impossible. Quand on arrive dans un groupe meurtri après le Derby perdu et le départ inattendu d’Oscar Garcia, il fallait vraiment quelqu’un d’expérience pour remobiliser le groupe. C’est ça qui a fait la différence, et puis par la suite le mercato bien évidemment. Le mercato a fait beaucoup de bien aux Verts. Quand je vois jouer Ole (ndlr : Selnaes), je me dis que le coach lui a redonné une confiance qu’il avait perdue.

A ton avis, le passé d’adjoint de Laurent Blanc au PSG a-t-il permis à Jean-Louis Gasset d’arriver avec encore plus de crédibilité. Cela a-t-il étendu son charisme auprès des joueurs ?

Oui je pense. Mais ce qui est important c’est de comprendre que Jean-Louis n’est pas un tricheur. Il te dit quelque chose et il le fait. Il veut sentir ses joueurs, les titiller, quitte à déclencher de petites disputes. Mais c’est pour tirer le meilleur et sentir ses joueurs.

« Il aurait fallu du temps à Oscar Garcia pour installer ses méthodes »

Oscar Garcia a démissionné de St-Etienne, de l’Olympiakos il y a quelques jours. Penses-tu que la méthode Garcia a fonctionné à St-Etienne ? D’après toi, est-ce que c’est Oscar Garcia qui ne s’est pas adapté aux joueurs ou bien les joueurs qui n’ont pas adhéré à leur coach ?

Oscar Garcia a démissionné par rapport à la direction du club d’après ce que j’ai compris. A titre personnel, j’ai pris énormément de plaisir à évoluer sous ses ordres. Après, on peut se dire qu’il baisse vite les bras quand on observe ce qu’il vient de se passer en Grèce, mais le contexte là-bas était compliqué. Pour moi, sa méthode fonctionnait bien à St-Etienne. Il y avait de bons résultats mais il lui aurait fallu du temps pour installer ses méthodes. Les choses commençaient à prendre, il y avait du changement, mais il a fait le choix de démissionner. On ne saura jamais vraiment ce qu’il a apporté. Il est difficile de jauger l’impact de Garcia sur l’équipe car il n’est resté que quelques mois.

Tu as pris du plaisir, tu t’entendais bien avec Oscar Garcia, mais la rumeur dit qu’il t’a sanctionné le soir du Derby… Confirmes-tu ?

Non. C’est complètement faux ! J’ai été choqué de lire et entendre ça. C’est mon père qui m’a appelé et m’a appris que je m’étais embrouillé avec le coach ! Quelques médias ont repris ce mensonge. Ce qui est drôle c’est que c’était tout le contraire. Encore la veille du Derby je m’entretenais avec lui et je me suis toujours très bien entendu avec Oscar Garcia. Même lui a dû rigoler quand il a lu ça ! (rires). D’ailleurs, ce sont les mêmes médias qui expliquaient que j’étais à Florence alors que j’attendais de finaliser mon contrat à du côté de St-Etienne. Ce sont les mêmes médias qui ont expliqué que lors du premier entraînement avec Garcia j’étais arrivé en retard. Toujours les mêmes médias qui ont prétendu que Garcia m’avait mis de côté. Et puis il y a eu les articles à charge qui racontaient que j’avais été écarté par les trois coaches que j’avais eu à St-Etienne pour des raisons disciplinaires. Sablé ne m’a jamais écarté. On a une une discussion suite à un entraînement durant lequel je ne m’étais pas assez investi et je n’ai pas débuté la rencontre suivante. C’étaient des raisons sportives. Garcia ne m’a jamais écarté comme je l’ai expliqué précédemment. Et enfin, si Jean-Louis Gasset ne me prend pas lors de la rencontre contre Caen, ce n’est absolument pas disciplinaire ! C’est tout simplement que je suis en instance de départ. J’ai l’impression que certains avaient à cœur de détourner la vérité pour me faire passer pour un joueur ingérable.

« Certains journalistes, quand ils n’ont pas l’information, préfèrent broder… »

Justement, cette réputation te colle à la peau…

Quand on a un joueur ingérable, on l’écarte et on communique là-dessus. En revanche, certains journalistes, quand ils n’ont pas l’information, préfèrent broder et alimenter les rumeurs. Ils n’ont pas de matière mais il faut écrire et faire des papiers ! Je n’en veux à personne. Mais au moins, tout le monde connaît la vérité.

Si tu devais définir ton passage à l’ASSE en quelques mots…?

Une première année catastrophique. Je pense qu’on aurait pu me donner un peu plus, mais surtout que j’aurais dû faire beaucoup plus dans mon année d’adaptation. la deuxième année c’était différent. J’ai très bien débuté. J’ai fait un ou deux matches moins bons, mais j’avais quand même l’impression d’être devenu un élément important dans l’équipe et qui pouvait tirer le groupe vers le haut.

Aujourd’hui, quand tu vois le groupe stéphanois avec toutes ces recrues, as-tu des regrets d’être parti ?

Ça ne me donne pas des regrets, en revanche je suis content pour l’équipe. Quand je suis devant ma télé et que je vois Rémy (ndlr : Cabella) marquer, je crie, je suis comme un dingue. Avec Jordan Vérétout on supporte vraiment les Verts quand on regarde leurs matches ! Mais je ne peux pas être jaloux. On est actuellement européens, j’ai l’occasion de rencontrer des clubs comme la Juventus, je suis titulaire contre la Roma… Mais ce qui est certain c’est que ce que je vois sur le terrain, c’est le St-Etienne que je voyais à l’entraînement. Et pour ça je suis très content. Des joueurs se sont enfin révélés et donnent la pleine mesure de leurs moyens. Et puis il y a eu ce beau mercato bien sûr…

« A St-Etienne comme à Florence, la ville respire le football »

Et si tu devais comparer la Fiorentina à l’ASSE ?

La différence c’est que Geoffroy Guichard possède une meilleure affluence. Mais le vrai point commun, c’est qu’à St-Etienne comme à Florence, la ville respire le football. Quand on gagne, tout va bien, et quand on perd c’est plus morose. Dans la rue, les gens te félicitent quand tu gagnes, comme à St-Etienne. Ce sont deux villes de football fantastiques…

Tu sais qu’une rumeur annonce Jonathan Bamba à la Fiorentina…? Tu as forcément des infos, il t’a appelé non ?

(Rires) Des informations je n’en ai pas. C’est sa situation personnelle à lui… Je ne peux rien dire là-dessus car je ne sais rien. Il ne m’a pas appelé non plus ! Mais je sais que des clubs italiens l’observent. Maintenant, c’est un joueur de qualité. Je l’ai vu contre Nantes. Il a fait un gros match .S’il continue comme ça il aura une belle carrière. Jonathan est un joueur que j’aime beaucoup, duquel j’étais proche. Il ne faut pas oublier qu’un joueur est tributaire de son entourage, de ses agents… Mais au quotidien, je peux affirmer que Jonathan Bamba était apprécié. Je n’ai pas aimé entendre qu’il ne donnait pas tout pour le club. Il avait envie de bien faire et parfois, cela se transformait en une forme d’égoïsme sur le terrain, mais ce n’était pas son intention, juste une volonté de montrer qu’il se battait pour le club.

Alors que sa prolongation tarde et qu’il semble plus que jamais sur le départ en juin prochain, que conseillerais-tu à St-Etienne dans le cadre du dossier Bamba ?

Je n’ai pas de conseil à donner à St-Etienne, mais il faut à mon sens le prolonger de suite.

On va terminer avec l’équipe nationale du Burkina Faso ! Tu es devenu international courant mars (ndlr : 2 sélections). Parle-nous en quelques mots de tes premiers pas de joueur international A.

Je connaissais déjà beaucoup de joueurs. On a une super équipe, notamment en attaque avec Pitroipa (Rennes), Nakoulma (Nantes), B. Traoré (Lyon) et Hassane Bandé (Ajax Amsterdam). Alors lui, c’est un phénomène ! L’objectif c’est la qualification pour la CAN 2019.

Et pourquoi avoir porté ton choix sur le Burkina Faso ? (ndlr : Bryan Dabo pouvait prétendre aux sélections du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal par les origines de ses parents)

Le coach, Paulo Duarte me parle depuis 3 ans. Je voulais faire le choix plus tôt mais je souhaitais bénéficier d’une très bonne situation contractuelle avec un club avant de me prononcer. Et puis il  y a la qualité des joueurs du Burkina et ma famille qui me disait que dans le pays les gens souhaitaient que je porte le maillot Burkinabé.

Pour conclure, comme à notre habitude, nous laissons la parole à notre invité afin qu’il s’adresse à nos fidèles lecteurs…

Je profite que tu me donnes la parole pour noter qu’il y a beaucoup de sites sur l’ASSE, parce que St-Etienne est un club historique français, mais il n’y en a pas beaucoup qui sont aussi précis que ton site et qui ne transforment pas l’information. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai accepté de te répondre et de faire une interview. Tu ne cherches pas le buzz à travers des titres chocs ou à balancer des infos dans le seul but de faire mal et de dénigrer les gens. J’aime beaucoup ton site parce qu’il respecte les gens et l’information. C’est important de nos jours.

Un grand merci à Bryan Dabo pour sa gentillesse et sa disponibilité.

Alexandre S.

Créateur et responsable du site de Peuple-Vert.fr. La philosophie du site ? Ne pas se contenter de reproduire les infos des autres médias en investiguant au coeur du club pour informer au mieux les amoureux de l'ASSE dont je fais bien évidemment partie !

Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.