Philippe Montanier a réussi son coup. Ce samedi face à Annecy, le technicien a fait le choix d'aligner un 3-4-3 plutôt que le classique 4-3-3. Et l'évolution tactique a porté ses fruits, avec une nette domination de l'ASSE sur le rectangle vert (4-0). Analyse dans le dernier Sainté Night Club.

À l'annonce de la composition de départ, qui aurait pu imaginer un tel scénario ? "Tout le monde s’est demandé ce que c’était que ce bazar", reconnait Karl, chroniqueur pour Peuple Vert.

Avec Dennis Appiah repositionné en piston et un système totalement repensé, Philippe Montanier a tenté un vrai pari… et il a raflé toute la mise.

Un coup gagnant face à Annecy

Le bloc haut annécien n'a pas fait long feu. Malgré dix premières minutes poussives, les Stéphanois ont pris l'avantage à la 18e (1-0, Pédro) et n'ont plus été inquiétés.

"C’était clairement l’adversaire idéal", analyse Karl. "Annecy proposait un schéma très offensif, avec un bloc hyper haut et un milieu assez léger. (...) Leur idée, c’était de casser la relance stéphanoise." 

Mais Philippe Montanier a dressé des barbelés contre lesquels le FCA s'est heurté. "Le 3-4-3 a permis d’étirer les lignes et surtout de les attaquer dans la profondeur. C’était le système parfait pour les affronter."

Surtout, au-delà du système, le technicien a opéré des choix d'hommes qui se sont révélés payants. "La titularisation d'Appiah, c’est une vraie surprise", souligne Karl. "Défensivement, il est en difficulté depuis plusieurs mois. Mais offensivement, avec une sécurité derrière assurée par un Pedro magistral, ça a très bien fonctionné."

Un pari qui illustre du changement du côté de l'ASSE !

Depuis son arrivée sur le banc, Philippe Montanier n'a toujours pas connu la défaite. L'ancien gardien adapte son jeu à l'adversaire, au contraire de son prédécesseur. "Ça change clairement de Horneland", souligne Clément, rédacteur et chroniqueur pour Peuple Vert. "Il s’était mis à l’analyse vidéo assez tard, et surtout, il y avait une forme d’immobilisme tactique".

Philippe Montanier a surtout rapidement remis son équipe dans le sens de la marche une semaine après la légère déconvenue à Grenoble (0-0). "Il y a une réaction immédiate. En plus, l’équipe s’adapte à l’adversaire. C’est exactement ce qu’on attend d’un coach : savoir réagir et s’adapter. C’est un coup réussi de A à Z."

... Mais à contraster sur la suite de la saison

Toutefois, ce changement tactique n'a pas valeur de garantie sur la suite de la saison. Certes, l'entraineur de l'ASSE a trouvé la clé face à Annecy, mais contre d'autres formations, ce pourrait être une tout autre paire de manches.

"Contre des équipes avec un milieu plus dense, est-ce que ça va tenir ?", s'interroge Clément. "Aujourd’hui, tu as Boakye qui est un électron libre, un coup à gauche, un coup à droite, parfois en soutien de Stassin. Et derrière, Kanté tient un peu le milieu tout seul. Ça peut être léger face à des équipes plus solides dans l’axe."

La véritable clé sera plutôt dans la capacité du technicien à continuellement s'adapter à ses adversaires.  "Il y a des ajustements possibles. Par exemple, faire redescendre davantage Davitashvili pour former un milieu à trois. Face à des blocs compacts qui nous laissent le ballon, ça donnerait plus de solutions entre les lignes", souligne Clément.