Les prix des places augmentent à Geoffroy-Guichard sur les matchs de la fin de saison. Un constat qui interpelle forcément. Mais selon nos informations, la philosophie de l'ASSE et de Kilmer Sports reste intacte : le supporter est et restera la priorité absolue du Chaudron.
Ce n'est pas passé inaperçu. Lors de la réception de Dunkerque, les prix avaient déjà augmenté. Face à Troyes, la hausse a été encore plus marquée. Et selon nos informations, la même tarification sera appliquée pour la réception d'Amiens. Une politique assumée, mais qui mérite d'être expliquée. Parce que ces chiffres pourraient inquiéter. Nouvelle politique tarifaire ? Ou simple suite logique entre offre et demande ?
ASSE : Des matchs de gala qui expliquent la hausse
Pourquoi cette hausse tarifaire sur ces rencontres précises ? La réponse est simple : la demande est exceptionnelle. Plus de 32 000 places ont déjà été vendues à dix jours de la réception de Troyes. Un chiffre qui place cette affiche au niveau des plus grandes jauges connues par Geoffroy-Guichard. La demande est comparable avec certaines affiches de Ligue 1. On parle même d'un engouement similaire à la réception de Manchester United en Europa League (février 2017). C'est dire l'ampleur de l'événement.
Face à une demande aussi forte, l'ASSE a fait le choix d'ajuster avant tout les tarifs des billets les plus chers, ceux qui touchent une population plus aisée sur le papier, dans les catégories premium du stade. La logique est commerciale et assumée : un match de gala génère une demande qui permet de valoriser le prix des billets.
97% de renouvellement : les abonnés, le vrai trésor du Chaudron
Derrière cette gestion des matchs de gala, la question de l'avenir se pose naturellement. Une augmentation qui pourrait laisser présager d'un changement de braquet de la part de Kilmer.
Pour autant, pour l'ASSE, il y a une priorité qui ne bouge pas : les abonnés passent avant tout. Le taux de renouvellement des abonnements dépasse les 97%. Un chiffre exceptionnel. Très peu de clubs en France atteignent ce niveau de fidélité. Une fierté pour l'ASSE, et des chiffres qui en disent long.
La fidélité est précieuse. D'où la volonté de garantir des abonnements accessibles et populaires. L'arrivée des nouveaux dirigeants pourrait questionner à ce sujet. Mais pour l'instant, depuis 2024, Kilmer Sports n'a pas augmenté ses abonnements et sa politique tarifaire. Les dirigeants connaissaient l'environnement stéphanois et la démographie du bassin de supporters bien avant de racheter le club. En interne, on assure qu'ils ont pleinement conscience de ce que représente l'ASSE pour sa communauté. Ce que n'a pas manqué de souligner Ivan Gazidis lors de ses rares sorties médiatiques.
La philosophie Kilmer : pas question de changer de cap
C'est peut-être le point le plus important à retenir. Selon nos informations, il n'est pas question pour Kilmer Sports de compenser la chute des droits TV par une nouvelle politique tarifaire plus agressive. Le principe est posé clairement : l'ASSE doit rester parmi les clubs les plus accessibles de France en matière d'abonnements. Les supporters populaires sont le poumon de Geoffroy-Guichard. Ils l'ont toujours été et doivent le rester.
Cette position tranche avec ce que l'on observe dans d'autres clubs français et européens, où la pression financière a conduit à des hausses tarifaires importantes qui ont progressivement exclu une partie du public traditionnel. L'ASSE a clairement décidé de ne pas emprunter ce chemin pour l'heure.
La hausse sur les matchs de gala est une chose. Le modèle de fond en est une autre. Et les deux ne se contredisent pas.
Ce que révèlent les chiffres de Ligue 2
Pour comprendre l'enjeu, il faut replacer l'ASSE dans le contexte du championnat. Cette saison de Ligue 2, la moyenne d'affluence atteint 30 562 spectateurs par match. Sans les huis clos partiels (Bastia, Clermont, Dunkerque, Nancy) la moyenne grimpe à 32 522. Des chiffres remarquables pour une deuxième division.
Face à Grenoble 35 729 spectateurs étaient présents, face à Pau 35 359, face au Red Star 36 588. Pour les réception du Mans 33 824, de Reims 33 112, de Rodez 33 051, de Guingamp 32 131, ou encore de Laval 31 347. Pour le choc face à Troyes, l'ASSE a déjà vendu 32 000 billets avant même l'ouverture de la billetterie grand public. Geoffroy-Guichard sera une fournaise.
Ces chiffres confirment que l'ASSE est en position de force dans un championnat de Ligue 2 où seule la passion peut remplir un stade comme le Chaudron.
La billetterie comme levier, pas comme variable d'ajustement pour Kilmer
Les bilans DNCG sont là pour rappeler la réalité. La saison dernière, la billetterie représentait 8,6 millions d'euros sur 39 millions de recettes totales hors mutations/transferts. En Ligue 1, avec des affiches de haut niveau, des droits TV plus importants et un Chaudron complet, ce chiffre peut significativement progresser.
Mais la bonne nouvelle, c'est que les abonnements ne devraient pas subir d'augmentation majeurr si promotion en Ligue 1 il y a. Kilmer Sports semble avoir compris quelque chose d'essentiel : à Saint-Étienne, le Chaudron n'est pas un simple produit. C'est une communauté qui ne se monétise pas à tout prix. Pas question de se mettre les supporters à dos. Reste à le vérifier dans les faits au cours des mois à venir.
Source : Peuple-Vert.fr — informations exclusives / DNCG – LFP / Données Ligue 2 2025-26