Après cinq semaines de préparation, quatre rencontres amicales et un premier succès officiel face à Roubaix, la hiérarchie de l’ASSE féminine commence à se préciser. Yannick Chandioux a multiplié les essais et les associations durant l’été, mais plusieurs tendances fortes se dégagent désormais, sans que toutes les places soient encore définitivement attribuées.
Les résultats de l’été étaient déjà encourageants : trois victoires contre Montpellier (1-0), Grenoble (3-0) et Auxerre (3-1), pour une courte défaite face à Marseille (0-1). Les Vertes ont prolongé cette dynamique pour leur premier rendez-vous officiel en dominant Roubaix (4-2) en Coupe LFFP. Une entrée en matière réussie qui porte donc leur bilan à quatre succès en cinq rencontres depuis le début de la préparation. Tout n’a pourtant pas été parfait ces dernières semaines : Auxerre avait notamment longtemps bousculé les Stéphanoises lors du dernier amical, obligeant Emma Templier à intervenir à plusieurs reprises en seconde période. Chandioux dressait malgré tout un bilan positif de ces cinq semaines de préparation estivale, avant de voir son groupe confirmer par une victoire pour lancer sa saison.
Deux numéros un, mais Templier prend un premier avantage
C’est la concurrence la plus simple à résumer. Jusqu’au premier match officiel, elle demeurait parfaitement équilibrée. Emma Templier et Ithaisa Viñoly avaient chacune disputé une mi-temps lors des quatre rencontres amicales. Chandioux alternait simplement celle qui débutait. Résultat : 180 minutes chacune au terme de la préparation.
Ce partage correspondait exactement au discours de Chandioux. Il souhaitait conserver « deux gardiennes que je considère comme des numéros un », placées « sur des bases identiques dans la hiérarchie ». La réception de Roubaix a toutefois livré un premier indice. Templier a disputé l’intégralité de la rencontre et prend un léger avantage au début de la saison officielle. Déjà précieuse contre Auxerre, elle a devancé Viñoly pour ce premier rendez-vous de Coupe LFFP. Rien ne permet encore d’en faire une numéro une durablement installée. Mais ce premier match complet envoie forcément un signal avant l’ouverture de la Seconde Ligue le 6 septembre.
Blanchard-Kack confirmées, les cartes rebattues sur les côtés
Dans l’axe, Ninon Blanchard apparaît comme l’un des points d’ancrage naturels du nouveau projet. Son retour n’avait rien d’anodin. Yannick Chandioux souhaitait récupérer une joueuse expérimentée, capable de lancer le jeu et solide dans les duels. Elle connaît également parfaitement la Seconde Ligue. Sa lecture des situations et son placement avaient déjà marqué les observateurs face à Auxerre. Le premier match officiel a confirmé son statut. Elle a débuté face à Roubaix aux côtés de Mathilde Kack. Les deux joueuses ont ainsi formé la première charnière centrale choisie par Chandioux cette saison.
L’ancienne Rémoise semble donc elle aussi avoir pris une longueur d’avance. Elle avait déjà été régulièrement utilisée pendant la préparation. Agathe Felden reste toutefois une véritable concurrente et non une simple solution de complément. À 20 ans, elle possède déjà une expérience de Première Ligue et connaît Chandioux depuis Montpellier. Derrière elles, Noélie Chovin, capitaine des U19 la saison passée, figurait encore dans le groupe contre Roubaix. Elle poursuit progressivement son intégration avec les professionnelles.
C’est finalement sur les côtés que ce premier match officiel a apporté le plus d’enseignements. Roxane Couasnon, davantage utilisée à gauche pendant la préparation, a cette fois été repositionnée à droite. Elle a été préférée à Pauline Sierra au coup d’envoi. Louna Belhout-Achi a, elle, débuté à gauche. Une nouvelle illustration de sa polyvalence. Latérale de formation, elle a également été utilisée dans le double pivot et peut évoluer plus haut. Chandioux la décrit d’ailleurs comme une joueuse capable de jouer « excentrée mais également au milieu de terrain ».
La hiérarchie reste néanmoins loin d’être figée. Pauline Sierra a remplacé Couasnon à la 66e minute et retrouvé le couloir droit. Céleste Delcroix demeure une solution des deux côtés avant son départ pour la Coupe du monde U20 avec les Bleuettes. Laura Quily peut également dépanner à droite. Mais après les nombreux essais de l’été, Roubaix a livré un premier indice. Couasnon et Belhout-Achi ont été les deux latérales retenues pour accompagner Kack et Blanchard dans le premier onze officiel.
Au milieu, le noyau dur de l’ancienne équipe
C’est le secteur qui a le moins changé. Faustine Bataillard, Héloïse Mansuy, Rachel Corboz et Sarah Cambot étaient déjà présentes la saison dernière. Chandioux avait assumé sa volonté de conserver ce cœur d’équipe. Il se montrait satisfait du rendement de son milieu durant ses premiers mois dans le Forez. Le premier match officiel a conforté cette tendance. Les quatre ont débuté face à Roubaix.
Le double pivot Bataillard-Mansuy avait déjà été aligné contre Auxerre lors du dernier amical. Il a été reconduit pour lancer la Coupe LFFP. Un choix qui commence à dessiner une première hiérarchie dans l’entrejeu. Rachel Corboz a été positionnée un cran plus haut face à Roubaix. Elle reste une option majeure dans cette zone après avoir été associée à plusieurs partenaires durant la préparation. Louna Belhout-Achi apporte également une solution supplémentaire au milieu. Chandioux peut notamment l’utiliser lorsqu’il souhaite davantage de volume ou de percussion.
La situation de Sarah Cambot reste étroitement liée à celle de Dona Scannapieco. En l’absence de la véritable numéro 9 du groupe, la capitaine a été replacée en pointe. Elle a encore occupé ce rôle contre Roubaix, avec réussite puisqu’elle s’est offert un doublé. Le retour progressif de Scannapieco devrait néanmoins permettre à Cambot de retrouver son poste naturel de meneuse de jeu. Elle pourrait ainsi évoluer derrière l’attaquante, où sa qualité technique et sa capacité à créer peuvent pleinement s’exprimer.
La concurrence existe également dans cette zone. Lorna Chicha Douvier, titulaire en numéro 10 contre Auxerre, peut évoluer dans l’axe comme sur un côté. Elle a encore marqué des points en inscrivant le quatrième but contre Roubaix après son entrée en jeu. Emmy Ganne, encore U19, complète les possibilités dans l’entrejeu. Elle représente une option supplémentaire appelée à grappiller des minutes au fil de la saison. Corboz, Cambot, Chicha Douvier et les différentes polyvalences offrent ainsi plusieurs solutions à Chandioux derrière la pointe.
Un secteur offensif désormais fourni
Sur les ailes, la préparation avait déjà dégagé quelques tendances. Le premier match officiel est venu les confirmer. Tyler Isgrig à gauche et Inna Hlushchenko à droite ont débuté face à Roubaix. Elles accompagnaient Sarah Cambot et Rachel Corboz dans le quatuor offensif. Isgrig a particulièrement marqué des points. Passeuse décisive sur l’égalisation de Cambot, elle a ensuite inscrit le troisième but stéphanois. Une frappe enroulée du pied droit qui conforte son avance dans le couloir gauche. Hlushchenko conserve, elle, l’avantage à droite. Sa vitesse et sa capacité à attaquer la profondeur restent ses principaux atouts.
Derrière ce premier duo, la concurrence s’est considérablement renforcée. Après plusieurs semaines à l’essai, Jalia Chabourine a convaincu le staff et signé définitivement. Chandioux voit en l’ancienne Mancelle « un profil que nous n’avions pas encore ». Il apprécie notamment ses qualités de puissance. Utilisée régulièrement pendant la préparation, elle a dû se contenter d’une entrée en fin de rencontre contre Roubaix. Elle semble pour l’instant partir légèrement derrière Isgrig et Hlushchenko dans la hiérarchie.
Hanna’a Chamsoudine offre encore un profil différent. L’ancienne Rémoise a elle aussi transformé son essai en contrat. Elle avait participé à quasiment toute la préparation estivale. Capable d’évoluer sur le côté droit comme en pointe, elle avait été titularisée dans l’axe contre Auxerre. Elle avait alors ouvert le score grâce à son pressing. Face à Roubaix, elle est entrée à la 73e minute à la place d’Isgrig. Sa polyvalence pourrait rapidement lui permettre de trouver des minutes à plusieurs postes.
Les jeunes peuvent également compléter la rotation sur les ailes. Laura Quily, issue des U19, peut évoluer sur le flanc droit. Sara Mujdzic offre une solution supplémentaire à gauche. Deux options encore derrière dans la hiérarchie, mais qui élargissent les possibilités de Chandioux. Les besoins de rotation pourraient se faire sentir au fil de la saison.
La hiérarchie reste enfin à préciser en pointe. Dona Scannapieco, seule véritable numéro 9 de métier du groupe, a effectué son retour face à Roubaix. Elle avait manqué les deux derniers amicaux en raison d’une légère blessure à la cuisse. Chandioux apprécie notamment son « instinct de buteuse ». Sarah Cambot a parfaitement assuré l’intérim avec un doublé pour le premier match officiel. Le retour progressif de Scannapieco devrait toutefois permettre à la capitaine de redescendre derrière l’attaquante. Chamsoudine constitue également une alternative dans l’axe. Chandioux dispose désormais de plusieurs profils pour occuper la pointe comme les deux ailes.
Un onze encore mouvant, mais une ossature se dessine
Après quatre amicaux et un premier match officiel, une première ossature se dégage. Blanchard et Kack semblent avoir pris une longueur d’avance dans l’axe. Face à Roubaix, Chandioux a choisi Couasnon et Belhout-Achi sur les côtés. Dans l’entrejeu, le double pivot Bataillard-Mansuy se confirme. Devant elles, Corboz et Cambot offrent plusieurs possibilités.
Offensivement, Isgrig et Hlushchenko apparaissent pour l’instant comme les premiers choix sur les ailes. Le retour progressif de Scannapieco devrait lui permettre de retrouver la pointe. Cambot pourrait alors reprendre davantage son rôle de meneuse de jeu. Chabourine, Chamsoudine et les jeunes complètent une rotation particulièrement fournie.
Toutes les places ne sont cependant pas figées. Templier a pris un premier avantage dans les cages, mais Viñoly reste pleinement dans la course. Plusieurs batailles demeurent également ouvertes. La polyvalence de l’effectif permet encore à Yannick Chandioux d’envisager de nombreuses associations.
Sources : AS Saint-Étienne.
