Pour Le Progrès, Stéphane Ruffier est revenu sur les meilleurs moments de sa carrière en Vert. Resté dix ans à l’ASSE, l’ancien international français a été l’un des principaux artisans du retour des Verts parmi les meilleurs clubs français durant les années 2010. Extraits.

Arrivé à l’ASSE à l’été 2011, Stéphane Ruffier a pris la relève de Jérémie Janot, autre gardien emblématique du club ligérien. Le portier à remporté la Coupe de La Ligue en encaissant un seul but durant toute la compétition en 2013. Le bayonnais avait été l’un des acteurs majeurs du dernier trophée remporté par les Verts. Une victoire qui a entraîné un retour du club en Coupe d’Europe durant les saisons suivantes. Stéphane Ruffier est longuement revenu sur son histoire Stéphanoise.

Son image aux yeux du grand public 

"On a souvent dit “Stéphane a dit ci, Stéphane a dit ça, Stéphane, il ne joue que pour lui, Stéphane, c'est lui qui veut briller…” Mais comment on peut dire ça de moi ? On me reproche assez souvent de ne jamais me présenter à la presse, de ne pas faire d’interview. Ça prouve bien que je n'étais pas quelqu’un qui aimait me mettre en avant ?

Prendre le micro après avoir fait un gros match, ça me dérangeait presque parce que je savais déjà les questions qu’on allait me poser et je ne voulais pas me mettre en avant. Je n’ai jamais voulu passer pour le héros de service. Je n’ai jamais aimé ça depuis tout petit. Aujourd’hui, je suis encore comme ça. À la retraite, je ne suis pas quelqu’un qui aime me mettre en avant et qui aime recevoir des louanges de tout le monde. Je ne suis pas comme ça et je n’aime pas ça… Sur un terrain, je ne suis pas là pour sourire. Les gens ne viennent pas voir un match de foot pour voir des joueurs de foot sourire…

Un gardien doit s’imposer. Un gardien est un leader naturel. Je parle beaucoup sur un terrain. Mais dans la vie de tous les jours, je n’étais pas comme ça. Mais il y a moi dans un vestiaire et il y a moi dehors. Dans un vestiaire, quand il fallait dire quelque chose, je le disais. Ça plaît ou ça ne plaît pas, mais il fallait le dire. Parce que si tu ne le dis pas et que tu laisses traîner, tu ne résous pas les problèmes et sur une saison, au bout d’un moment, tu le payes. "

“Rendre fier tout un public dans les derbys”

Stéphane Ruffier à évoqué ses plus beaux souvenirs en Vert et ses sensations lors des derbys : "Il y a un arrêt qui est magnifique, c’est contre Lyon, sur Rachid Ghezzal (victoire 1-0 de l’ASSE, le 17 janvier 2016). Il y en a eu des beaux, mais celui-là, techniquement, il est difficile. C’est un ballon en retrait, t’es obligé de te déplacer et le mec arrive lancé, il frappe et la met dans la direction où tu viens. Il faut bloquer au bon moment sur les appuis, puis repartir. T’es un peu en porte-à-faux parce que t’es pris par l’élan de ton déplacement. Il faut aller vite au sol. Techniquement, ça reste joli quand même…

Tous les derbys, ça dépasse le foot.  Tu dois rendre fier tout un public, tout un peuple, toute la ville. Ce n’est pas juste, tu gagnes et tu prends trois points. Non, il y a plus que ça. Pour les gens, c’est le Lyonnais contre le Stéphanois. Ça va plus loin que ça…  Il faut prendre le truc comme un derby. Tu te fais insulter pendant 90 minutes. Et puis, tu rentres dans un jeu. Ce n’est pas un manque de respect envers les joueurs de l’OL, ni envers les supporters lyonnais. Ils me chambrent pendant 90 minutes. À la fin, je sors gagnant et il y a un petit chambrage. Mais il n’y a pas de mauvaises paroles, ni de gestes déplacés. On a toujours dit que c’est ce qui faisait partie du charme d’un derby."

Les meilleurs souvenirs de Stéphane Ruffier à l’ASSE

L’ancien gardien de l’ASSE s’est également exprimé sur les meilleurs moments de son long passage dans le Forez :  "Notre première victoire au Parc des Princes, la première année, sous l’aire qatari. Ils ont fait signer Ibra et tout… C'était la grosse équipe et surtout l’équipe à battre. On a été les premiers à le faire…

En Coupe d’Europe ? Je dirais l’Inter Milan, à San Siro. On avait fait 0-0, j’avais fait un bon match. J’avais trouvé l’atmosphère sympa et le stade impressionnant. Il y a Old Trafford aussi, même si tu perds…

Avec Saint-Étienne, j’en ai fait d’autres matchs comme ça. Le match contre Toulouse, à domicile (0-0, fin avril 2016), je crois que je fais au moins dix arrêts en première mi-temps. Des vrais arrêts, des difficiles, pas des petites interventions."

La victoire en Coupe de la Ligue est également un moment marquant de la carrière de Stéphane Ruffier : “Il y a Christophe Galtier qui m’appelle lors de mon dernier jour de vacances. Il me voulait à tout prix. Il me dit “Stéph’, c’est Christophe Galtier. J’ai un objectif, c’est de ramener le peuple vert au Stade de France. Pour ça, j’ai besoin d’un grand gardien et le grand gardien, c’est toi… On a mis un bon mois à se mettre d’accord et après, ça s’est fait. Il voulait aussi remettre le club en Europe. En deux ou trois ans, c’est ce qu’on a réussi à faire. On a gagné la Coupe de la Ligue et on a remis l’AS Saint-Étienne en Europe...

La Coupe de la Ligue, ça a été marquant, parce qu’on a trois séances en tout. On a Lorient, on a Paris, où j’arrête celui de Thiago Silva et Lille. Celui de Lille, il est marquant parce que, si tu veux, je crois que c’est l’une des seules séances où je n’en ai pas sorti. Et à la fin, Florent Balmont se présente, il a le ballon de finale et la met sur le poteau… Quand ça se passe comme ça, tu sais que tu vas aller au bout. Il y avait la bonne étoile sur Sainté à ce moment-là. Quand elle sort de son pied, je vois qu’elle est limite...

Oui, on gagne la Coupe de la Ligue. Oui, je sors des tirs au but. Mais en même temps, c’est mon job. À partir du moment où, tu as un de tes coéquipiers qui se loupe, le gardien, aussi, a le droit d'être bon. C’est à toi de sortir ton coéquipier de ça, de lui donner l’assurance de dire “je suis là, ne t’inquiète pas, tu as loupé, je vais rattraper le coup, on va oublier et à la fin, on va célébrer le truc ensemble et on oubliera que tu auras loupé ton pénalty”. On a un peu ce rôle-là aussi en tant que gardien.”