ASSE. Bernauer avait prévenu Montanier. Ferreira, lui, attendait son heure. Deux histoires de résilience à la veille du barrage retour. Ils n'étaient pas attendus là. Pourtant, Maxime Bernauer et Joao Ferreira incarnent peut-être le mieux l'état d'esprit de ce groupe stéphanois avant de retrouver Nice.
Bernauer (ASSE) : la promesse tenue
Six centraux dans l'effectif, une concurrence féroce — Bernauer aurait pu se décourager. Il a fait l'inverse. Montanier raconte : « Il m'avait dit : "Coach, je sais qu'on a six centraux, dix défenseurs. Moi je me prépare, mon objectif c'est si jamais vous avez besoin de moi d'être prêt." Et il l'a fait. Il a super bien travaillé et puis petit à petit, en fonction des événements, des situations… Il était prêt. » Mardi face à Nice, le défenseur a livré un gros match.
Maxime Bernauer (ASSE) : "Le droit d'y croire"
La promesse faite à l'entraîneur était soldée. Montanier ne s'arrête pas à la performance : « C'est quelqu'un qui a un leadership, qui a une bonne expérience, qui aime bien la partager avec ses coéquipiers. C'est un bon relais pour l'entraîneur. » Même satisfaction pour Flo Tardieu, cité dans la même phrase : « On se satisfait de récupérer des joueurs qui ont un rôle important, un rôle de leader au-delà de leur position sur le terrain et de leurs qualités footballistiques. »
Ferreira : le fouet de la grand-mère
L'histoire de Joao Ferreira est différente, plus dur. Des mois à regarder les autres jouer, des moments difficiles à avaler après des galères. Montanier l'a vu souffrir et ne l'a pas lâché. « Je sais que sa situation n'est pas facile. Il jouait pas, des fois il y a eu des moments difficiles où il lâchait pas, mais je voyais bien que c'était dur. Mais je lui ai dit de continuer. On sait pas, ça se trouve c'est toi qui va nous marquer le but qui nous amène en Ligue 1. On sait pas ce qui peut arriver. » À l'entraînement, Montanier l'a même repositionné attaquant pour compenser les absences offensives. Résultat mardi : une entrée pleine de dynamisme, d'implication, de qualités. « C'est plus dur dans mon job, c'est d'arriver à impliquer les joueurs qui sont moins sollicités. Et lui, il a vraiment répondu présent. »
Le fouet à l'ASSE
Sur la méthode pour maintenir ces joueurs en éveil, Montanier glisse une vanne avant de reprendre son sérieux : « Le fouet. Bon, j'ai le martinet de ma grand-mère, mais je trouve que le fouet c'est plus efficace. Le martinet, il y en a qui aiment ça. Non, je déconne. » Puis, plus sérieusement : « La méthode, c'est surtout beaucoup de communication avec les joueurs qui jouent moins, parce que c'est eux presque les plus importants. Les joueurs qui jouent, ils sont dedans. Mais les joueurs qui jouent moins, il faut leur montrer qu'on a de la considération pour eux. C'est des choix. Mais c'est de leur expliquer, puis aussi de les aider — prépare-toi, parce qu'on ne sait pas ce qui peut se passer. »
Ce groupe, Montanier y revient en conclusion avec une affection non dissimulée : « Humainement, vraiment, j'ai un groupe très attachant que j'apprécie. » vendredi à Nice, ce groupe aura besoin de tout le monde.
Source : conférence de presse Philippe Montanier, 28 mai 2026

