Barrages, Amiens, Stassin et Duffus, souvenirs de QRM : Philippe Montanier a tout abordé en conférence de presse. Le coach de l'ASSE veut croire en ses forces vives et rappelle une vérité simple : c'est d'abord une question de nous. Dennis Appiah partage l'avis de son coach.
Les barrages pour l'ASSE ? On y pense mais on n'en parle pas encore
La question des barrages planait dans la salle. Montanier l'a traitée brievement. «Ne pas se disperser non plus, rester sur l'essentiel. On aura tout le temps après de basculer, mais forcément, on anticipe tout.»
Pas question de construire un plan B avant d'avoir épuisé le plan A. Le message est clair : la tête est à Amiens, et uniquement à Amiens.
ASSE : La série de 7 comme boîte à confiance
Pour contrer le doute qui s'installe après trois défaites de suite, Montanier a rappelé à ses joueurs ce qu'ils ont produit de mieux cette saison. «Il faut voir ce qu'on a déjà fait de positif. Il ne faut pas oublier qu'on avait une série de 7 matchs avec 5 victoires et 2 nuls. Il faut puiser dans notre boîte à confiance pour voir tous les ingrédients, les bonnes choses qu'on est capable de faire et les remettre au goût du jour.»
Le coach pointe une tendance qui l'agace : «À chaque fois c'est des piqûres de rappel et à chaque fois on doit redémarrer à zéro et ne rien oublier de faire pour être compétitif.» L'ASSE sait jouer au football. Elle l'a prouvé. Il s'agit de retrouver ce fil.
Amiens, une équipe à ne surtout pas sous-estimer
La question de l'adversaire a donné lieu à l'une des réponses les plus nettes de la conférence. Amiens, dernier du classement, relégué, sans enjeu : une proie facile ? Montanier refuse catégoriquement cette lecture. «Non, c'est le contraire. Ils n'ont plus rien à jouer, ils n'ont pas de pression. Les joueurs vont arriver sur un des plus beaux temples du football français. Donc, ça va être encore plus compliqué.»
Et d'analyser : «C'est une équipe qui est dernière, mais quand vous regardez les matchs, leur effectif, l'objectif début de saison, ils ne ressemblent pas du tout à des derniers. À chaque fois, ils perdent de justesse ou sur les fins de match. Les joueurs vont vouloir se montrer dans un super stade mais quoi qu'il arrive ils n'ont aucune pression.»
Sur l'entraîneur amiénois, Montanier glisse une mise en garde : «Je connais un peu l'entraîneur et il sait bien les préparer. Pour eux c'est un dernier match de championnat, un match de gala.» Un adversaire libéré, dans un Chaudron en feu, face à une équipe qui joue sa montée. Attention : cocktail explosif.
ASSE : Stassin et Duffus en pointe, une option sur la table
La question tactique du duo offensif a été posée. Montanier n'a pas fermé la porte. «C'est une option. On fait aussi en fonction des méformes. Offensivement, je trouve qu'on n'a pas assez pesé. Mais ce n'est pas dû seulement au système, c'est aussi on a des latéraux qui forcément doivent apporter plus, des milieux de terrain qui doivent se projeter plus. C'est toute l'animation offensive et pas seulement les deux attaquants.»
La piste de deux pointes est donc envisagée, mais Montanier replace immédiatement le problème au bon endroit : ce n'est pas qu'une question d'hommes devant, c'est une question de dynamique collective. «Le football c'est multifactoriel et s'il n'y avait qu'un seul paramètre ça serait bien pour nous les entraîneurs.»
Dennis Appiah et le souvenir de QRM
Dennis Appiah a pris la parole en conférence. Le défenseur, présent lors de la montée via les barrages il y a deux ans contre QRM, a évoqué ce souvenir avec mesure. «On n'en a pas encore parlé, on aura le temps d'en parler demain. Même si tout au long de la saison, pour ceux qui n'étaient pas là, on leur a expliqué comment on était montés, que ça a été très long, que ça a été très compliqué, mais qu'au final on a réussi.»
Et d'ajouter un élément concret qui différencie les deux situations : «Il y a un gros avantage pour nous sur ce dernier match, c'est qu'on joue à domicile. Et la dernière fois on jouait à l'extérieur. Et ça va être important aussi.»
"Plutôt parler de nous"
La dernière question sur l'avantage de jouer contre Amiens déjà relégué a reçu une réponse qui résume tout. «Il y a deux ans, on avait dit la même chose et c'était compliqué. Donc, plutôt que de parler d'Amiens, on va parler de nous. Et si on arrive à retrouver nos valeurs, alors ça se passera bien.»
«Ce qui compte, c'est de quelle façon on va arriver sur ce match. Quels ingrédients on va mettre pour pouvoir faire ce qu'il faut, marquer deux buts et puis voir ce qui se passe. Enfin, au moins deux buts.»
Au moins deux buts. Le programme est posé.
Source : conférence de presse Philippe Montanier et Dennis Appiah
