L'ASSE se déplace chez une bête blessée, ce samedi. Malgré un début de saison prometteur, le Pau FC traverse une période compliquée en Ligue 2. Laurent Vignasse, journaliste pour La République des Pyrénées, a décrypté la situation pour Peuple-Vert.
Côté palois, personne n’imaginait un tel début de saison. L'effectif, renouvelé aux deux tiers l’été dernier, et un objectif clairement fixé au maintien ne laissaient rien présager d’aussi belles premières semaines. Mais la réalité a vite rattrapé l’enthousiasme. Plusieurs points ont été laissés en route, notamment à domicile, et l’irrégularité s’est installée.
Avant d'affronter les Verts, le Pau FC s'est incliné face à Troyes après avoir mené jusqu'à la 43e minutes de jeu, puis battu quelques minutes avant le coup de sifflet final (4-3).
PV : Comment analyser cette saison et cette perte de vitesse en Ligue 2 ?
LV : "On ne s’attendait pas du tout à avoir un début de saison pareil à Pau. L’effectif avait été renouvelé dans les grandes largeurs.
C’est sûr que là, on traverse une période assez compliquée, avec des matchs que Pau a laissés filer, notamment à domicile, où l’équipe méritait largement de s’imposer, voire au minimum de ramener le nul. Il y a eu une série de contre-performances à domicile assez inquiétante. (...)
Mais au final, ça s’équilibre un peu, parce qu’il y a aussi eu pas mal d’égalisation dans les derniers instants. Je pense à Nancy, à Guingamp lors de la première partie de saison. Des points ramenés qui n’étaient pas forcément mérités.
Pau est une équipe irrégulière. Notamment parce que pas mal de joueurs découvrent la Ligue 2, voire le monde professionnel. Ils vivent leur première saison pleine.
Tous les ans, le maintien est l’objectif du club, qui possède l’avant-dernier budget du championnat. Le très bon début de saison a fait naître un peu d’ambition à la présidence, qui visait alors le top 8. Mais ça va être compliqué d’aller le chercher."
PV : Le récent départ de Nicolas Usaï a-t-il réellement changé la donne ?
LV : "On a senti un électrochoc, un choc psychologique après son départ.
Je pense que la tactique de Thierry Debesse est beaucoup plus défensive, plus pragmatique. Nicolas Usaï, lui, est un apôtre du beau jeu, du jeu rapide, des transitions rapides. Là, on est sur un vrai 5-3-2. On laisse le ballon à l’adversaire, on essaie d’imposer son rythme, de contrôler le milieu avec quelques temps de possession, puis de se projeter en contre-attaque avec des ballons longs.
Ça a plutôt bien marché à Laval et au Red Star. Mais quand il y a une équipe au-dessus, comme Troyes le week-end passé, c’est très compliqué."
PV : Face à Troyes, qu'a-t-il manqué pour l'emporter ?
LV : "La victoire de Troyes est méritée. Ils ont dominé le milieu de terrain. Ils étaient tout simplement meilleurs, c’est logique vu le classement.
Mais la réaction des Palois reste positive, parce qu’ils marquent trois buts chez le leader. Ils ont tenu, ils auraient même pu ramener un nul.
Pau n’a pas réussi à garder le ballon. L’équipe a joué beaucoup trop bas. (...) Les Palois n’ont pas réussi à ressortir proprement ni à installer des temps de possession pour faire reculer l’adversaire ou se créer des occasions placées. Le collectif a du mal à maîtriser ce genre de match quand il est dominé par une équipe plus forte."
PV : Le PFC est-il capable de réaliser une prestation dans la continuité de Troyes, alors que l'ASSE semble relancée ?
LV : "Il va falloir que les Palois soient comme des morts de faim sur la pelouse pour combler l’écart de niveau. On l’a vu à l’aller, il y a tout simplement de meilleurs joueurs à Saint-Étienne.
Je pense que ce ne sera pas à Pau de faire le jeu. C’est Saint-Étienne qui doit venir gagner au Nouste Camp. Les Palois devront laisser la possession aux Stéphanois et piquer en contre, comme ils l’ont fait au Red Star. Être forts sur les coups de pied arrêtés. Et surtout courir plus que l’adversaire. Être agressifs, solides dans les duels. Espérons que le stade les pousse dans ce sens.
Mais ça risque d’être très compliqué, d’autant que les Stéphanois sont en pleine confiance. Cela dit, à Pau, on ne cracherait pas sur un match nul."