En supériorité numérique, les Stéphanois n'ont pas réussi à prendre le dessus sur Reims, samedi dernier (1-0). Une incapacité à inverser la tendance qui révèle les limites physiques à l'ASSE. Analyse dans le dernier Sainté Night Club.
La défaite des Verts à Auguste Delaune a laissé des traces. D'abord, elle met un coup d'arrêt à un optimisme relancé après la victoire contre Clermont (1-0). Surtout, elle fragilise définitivement la position d'Eirik Horneland. En cause, la gestion de son effectif, alors incapable de revenir au score face à une formation rémoise réduite à 10.
Des Stéphanois en manque d'énergie ?
En interne, la condition physique des joueurs fait jaser. La relation entre Eirik Horneland et Donough Holohan, responsable de la performance, serait même à l'arrêt. Et, sur le terrain, l'équipe peine à répondre présent, faute du carburant nécessaire pour remettre le pied à l'étrier.
"Il y a une vraie érosion du contenu, voire une absence totale par moments", commente Patrick Guillou lors du dernier SNC. Comment se fait-il qu’à la 70ᵉ minute, alors que tu es en supériorité, tu n’arrives plus à changer de rythme, à mettre du pressing tout terrain, à provoquer des duels, à harceler le porteur, à faire des contre-efforts ? Parce que le contre-effort, c’est de l’énergie."
"Chacun joue sa partition dans son coin."
Toutefois, le manque de réaction pourrait trouver sa source ailleurs, analyse Hervé, chroniqueur pour Peuple Vert. "Même dans les attitudes, on sent quelque chose". Lucas Stassin, notamment, malgré une passe décisive face à Clermont. "Je n’ai pas senti un joueur qui a envie de marquer, de faire gagner son équipe, poursuit Hervé. J’ai senti un gars qui veut surtout redorer son image. C’est un joueur qui cherche à se racheter une conscience, pas un gars affamé."
Car les Stéphanois, plutôt que de vouloir faire gagner l’ASSE, semblent surtout avoir des envies d’ailleurs. "Chacun joue pour soi. Tardieu, depuis qu’il sait que son contrat ne sera pas renouvelé, s’est un peu relâché, observe le chroniqueur.
Résultat : chacun joue sa partition dans son coin. Et forcément, il n’y a aucune cohésion. Tu sens cette impression que c’est toujours à l’autre de faire le boulot. Dans les déclarations, chacun se renvoie la balle pour dire : Ce n’est pas ma faute."
Eirik Horneland premier fautif de ce malaise à l'ASSE ?
Régulièrement pointé du doigt ces dernières semaines, Eirik Horneland interroge sur son coaching. Certes, le coach norvégien est plombé par les blessures. Mais la rentrée de Ferreira, comme les entrées tardives de Miladinovic ou Duffus, soulèvent de vraies questions.
"Même s’il a voulu faire des associations en tenant compte des blessures précoces, il avait encore des cartouches à utiliser, observe Patrick Guillou. Avec cinq changements possibles, un entraîneur doit maintenant être jugé aussi là-dessus. Et là, force est de constater que ça n’a pas du tout fonctionné. Sur ce match-là, il s’est complètement planté."
Un problème récurrent depuis le début de saison. "Il faut la modestie nécessaire pour ne pas penser que tu vas marcher sur la Ligue 2. La réalité, c’est qu’il y a des clubs qui travaillent mieux que Saint-Étienne aujourd’hui. Beaucoup mieux."