De son côté, le technicien expérimenté ne cachait pas son émotion : « Rejoindre l’AS Saint-Étienne est pour moi un moment de grande fierté. Ce club se distingue par son histoire et la ferveur de ses supporters, mais j’ai aussi été personnellement touché par la sincérité de la direction et par le projet ambitieux qui est en train de prendre forme. Mon objectif est de transformer cela en résultats. J’arrive avec une détermination totale à me mettre au service du collectif et à commencer dès aujourd’hui le travail pour offrir au club et à ses supporters ce qu’ils méritent. »
Les chiffres parlent pour l'ASSE de Montanier
Depuis ? Le bilan est limpide. Quatre matchs. Quatre victoires. Huit buts marqués. Deux encaissés. Deux clean sheets. Quinze points pris. Retour dans le Top 2 de Ligue 2. Comptablement, Montanier a tout bon.
L’ASSE était allée chercher Montanier pour son expérience et sa connaissance de la Ligue 2. Force est de constater que les dirigeants ne se sont pas trompés. Mais au-delà des chiffres, qu’a-t-il réellement changé ?
Un coach à l'anglaise chez les Verts
Parmi ses priorités, Montanier a d’abord cherché à ramener des sourires et de la légèreté dans un groupe marqué par les mauvais résultats. Les semaines à répétition sous Horneland, avec une intensité maximale quotidienne, avaient fini par peser. Montanier priorise. Il varie les séances. Il dose. Pas question de se cramer. Il faut être prêt le samedi. Effet immédiat ou non, l'infirmerie se vide doucement sans trop se remplir.
Autre point intéressant : son fonctionnement. Montanier agit comme un manager général. Un modèle à l’anglaise. Il supervise, coordonne, intervient. Stéphane Lièvre gère l’aspect défensif. Ilan l’animation offensive. La cellule performance s’occupe du physique. Montanier est le chef d’orchestre.
Le patron, c’est lui. Mais il remet le collectif au centre de tout. Y compris du staff. Là où Horneland travaillait dans un cercle restreint avec ses deux adjoints, créant parfois une forme d’isolement, Montanier ouvre. Le collectif commence à l’état-major et se termine sur le terrain. Il ne manque d’ailleurs jamais de souligner l’importance de chaque membre du club, jusqu’à la femme de ménage.
Vidéo, causerie et équilibre au centre
Les séances vidéo sont nombreuses. Chaque semaine, l’équipe étudie avec précision le prochain adversaire. Les entraînements reproduisent les situations qui seront rencontrées le samedi. Rien de révolutionnaire. Mais une approche différente de celle de son prédécesseur, davantage focalisé sur son propre plan de jeu.
Autre élément majeur : la communication. Un an après son arrivée, Eirik Horneland ne s’exprimait toujours pas en français. Montanier, lui, alterne entre français et anglais systématiquement. Cela facilite la transmission des messages à un vestiaire cosmopolite. Ses causeries ont retrouvé une place centrale. Là où l’ancien staff misait surtout sur la répétition hebdomadaire du plan établi, Montanier insiste sur l’engagement immédiat. Et l’ASSE démarre désormais ses matchs par le bon bout.
Sur le terrain, l’ancien coach du TFC est revenu aux fondamentaux : solidité défensive et équilibre. Il connaît la Ligue 2. Il sait que la maîtrise commence par une base solide. L’ASSE presse moins haut, choisit mieux ses moments, construit davantage. Moins de déséquilibre assumé. Plus de contrôle. Et paradoxalement, une efficacité offensive intacte. La défense et l’attaque sont l’affaire de tous.
Faire du neuf avec du vieux à l'ASSE
Après un mois sur le banc stéphanois, le bilan est très bon. Rien de spectaculaire. Rien de révolutionnaire. Mais de la cohérence. Du management. De la rigueur. De l’expérience. Et une parfaite connaissance de l’environnement. Il n’en fallait peut-être pas plus pour remettre l’ASSE sur de bons rails. Il reste désormais neuf rencontres pour atteindre l’objectif : retrouver la Ligue 1. Ou, comme Montanier préfère le dire : se maintenir sur le podium des deux premiers.