Le mercato d’hiver a fermé ses portes. Et du côté de l’ASSE, un constat s’impose : après plusieurs mercatos ratés, les dirigeants semblent avoir amorcé un tournant. Fini les paris hasardeux à l’international ? Place au pragmatisme ?
Cet hiver, l’ASSE a enregistré trois départs. Yvann Maçon et Dylan Batubinsika ont quitté le club après plusieurs mois passés sur le banc. Les deux joueurs étaient déjà sur la liste des départs l’été dernier, sans avoir trouvé preneur. Cette fois, c’est chose faite. Direction la Grèce pour les deux défenseurs, qui s’engagent avec Larissa. Des départs qui allègent le groupe d'éléments sans perspective.
Maedine Makhloufi, en fin de contrat dans six mois, a fait le choix de partir dès janvier. Il rejoint Dunkerque, avec l’objectif de gagner du temps de jeu. Un choix logique pour le joueur.
Enfin, le cas particulier de Pierre Ekwah a été réglé en interne. Plus apparu à L’Étrat depuis des mois, il s’agissait davantage d’un dossier administratif que sportif. Aucun départ fracassant donc, mais une gestion cohérente de dossiers devenus encombrants. Une première bonne note pour ce mercato.
Trois recrues défensives et francophones pour l'ASSE
Dans le sens des arrivées, l’ASSE a ciblé des profils précis : expérimentés, francophones, et déjà exposés au championnat de Ligue 2. Fini les profils exotiques venus d’Autriche ou de Serbie. Ce virage stratégique, déjà amorcé par l’arrivée de Philippe Montanier, s’est confirmé.
Julien Le Cardinal (Brest), latéral droit, arrive en transfert sec contre 1,5 million d’euros. Abdoulaye Kanté (Middlesbrough) et Aboubaka Soumahoro (Hambourg) rejoignent les Verts en prêt avec option d’achat.
Tous ont en commun un profil défensif. Et ce n’est pas un hasard. L’ASSE affichait l’une des pires défenses du haut de tableau à la trêve. Il fallait colmater les brèches et retrouver un équilibre collectif. Kanté vient suppléer Ekwah au poste de sentinelle. Soumahoro renforcera l’axe gauche. Le Cardinal devrait logiquement prendre place axe ou côté droit, poste où aucune solution stable ne s’était imposée.
Le choix de l’urgence pour l'ASSE ?
Sur le papier, ces recrues ont du sens. Mais une interrogation demeure : sont-elles prêtes à jouer ? C’est là que le bât blesse. L'ASSE a essuyé plusieurs refus. Pas simple de convaincre vu la situation. Alors des risques ont été pris.
Abdoulaye Kanté n’a plus joué depuis septembre. Physiquement, il doit reprendre le rythme. Aboubaka Soumahoro, blessé au genou fin décembre, est également en retard sur le plan athlétique.
Julien Le Cardinal, lui, est apte. Mais il sort d’une première partie de saison compliquée avec Brest. Trois apparitions seulement depuis août, dont une expulsion en Coupe de France face à Avranches. Il n'est pas blessé mais son temps de jeu devra être géré pour qu’il retrouve du rythme sur la durée.
En clair, les recrues ne sont pas immédiatement opérationnelles. Un risque pris par la direction, qui a fait le pari de joueurs à relancer, mais déjà intégrés au championnat français. Un choix de transition assumé ou contraint ?
La montée, un objectif toujours à portée
Avec seulement 13 journées restantes, le temps presse. L’ASSE pointe à la 5e place du classement après 21 journées, à 7 points du leader troyen. Tout reste possible. Mais l’obligation de résultats est immédiate, et le staff ne pourra pas attendre mars pour voir ses recrues performer.
Philippe Montanier, nommé à la place d’Eirik Horneland, hérite d’un effectif remanié. Théoriquement plus cohérent, plus homogène. Le coach français expérimenté représente lui aussi un changement de cap. Moins orienté data, plus ancré dans la réalité de la Ligue 2.
Kilmer Sports, propriétaire du club, semble prendre conscience des spécificités du championnat français. Exit les recrutements depuis des bases de données européennes mal adaptées. L’objectif est clair : obtenir la montée, et retrouver une ASSE crédible et ambitieuse.
Une stratégie (enfin) cohérente ?
Le mercato stéphanois ne restera pas dans l’histoire sur le papier. Mais il marque peut-être la fin d’une série de mauvaises décisions, et le début d’un fonctionnement plus pragmatique. Des joueurs ciblés pour leur profil, leur langue, leur connaissance du championnat, et non pour leur potentiel théorique ou leurs datas flatteuses. Reste à savoir si ce virage sera suffisant. Le groupe semble mieux construit. Mais le chronomètre tourne. L’ASSE n’a plus de joker. Le sprint est lancé.
Source : Ligue 2 BKT / Peuple-Vert.fr