Yanis Begraoui a côtoyé Ian Cathro pendant deux ans à Estoril. 70 matchs officiels, 20 buts la saison dernière en première division portugaise, ancien joueur de l'AJA, Pau et du TFC formé en France. Il connaît le nouvel entraîneur de l'ASSE mieux que n'importe qui dans le paysage footballistique français. Son témoignage est précieux pour les supporters stéphanois attendaient.

Ian Cathro (ASSE) ? «Je ne serais pas surpris de voir les Verts monter avec lui»

Begraoui connaît la Ligue 2. 94 matchs avec l'AJA, 24 avec le TFC, 37 avec le Pau FC. Il sait ce que ce championnat demande. Et sa conviction sur Cathro est totale. «Je ne serais vraiment pas surpris si je vois les Verts monter avec lui. Je pense qu'il a la personnalité et le caractère pour gérer la pression d'un club comme l'ASSE.» C'est les mots d'un joueur qui a vu son entraîneur tenir tête aux meilleures équipes du Portugal sans jamais renier ses principes. «Il n'a pas peur quand il joue contre des grosses équipes. Il a ses idées, il a confiance en ses idées et en son équipe. C'est un entraîneur qui regarde droit dans les yeux n'importe quel adversaire.»

L'intensité, la rigueur, et la liberté offensive

Ce que Begraoui décrit, c'est un entraîneur qui ne sépare jamais les deux phases de jeu. Cathro réclame de l'intensité permanente, du pressing haut, une équipe qui mène le tempo quel que soit le lieu du match. Mais cette agressivité offensive a une contrepartie non négociable. «Il est très, très exigeant sur la phase défensive. Il arrive à faire comprendre à un joueur offensif que la partie défensive est aussi importante.» Les supporters qui ont souffert avec Horneland retiendront ce détail. Begraoui le dit clairement : les buts encaissés à Estoril s'expliquent par des circonstances, des blessures, des absences ponctuelles. Pas par un système structurellement perméable. Rassurant ?

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Offensivement, l'identité est claire. «Il aime qu'il y ait du mouvement, de la permutation, cette liberté offensive tout en respectant la phase défensive. C'est un entraîneur qui aime beaucoup d'intensité.» Ses dispositifs préférentiels varient : 3-4-3 avec un 10 et deux avant-centres, 4-3-3, parfois 4-4-2 avec deux attaquants de pointe quand l'effectif s'y prête. La constante, c'est l'animation. Cathro ne pose pas un schéma sur une feuille et attend. Il fait tourner, permuter, presser.

L'homme derrière le coach

Begraoui insiste sur un point que les stats ne montrent pas. «Son bureau est toujours ouvert, le coach est toujours ouvert au dialogue. Au-delà du football, tu peux avoir une discussion avec lui sur ta vie privée, sur n'importe quel sujet.» C'est quelqu'un qui sourit, qui rigole dans le quotidien, et qui devient méticuleux et exigeant dès que le sifflet retentit. Un équilibre. L'anecdote des 20 buts résume. Avant la saison, Cathro convoque Begraoui et lui fixe l'objectif. «Il m'a dit qu'il avait confiance. Que ça pouvait paraître fou, que peut-être peu de gens pouvaient y croire mais que lui y croyait vraiment.» Begraoui a mis 20 buts. Il a terminé troisième meilleur buteur de Liga Portugal.

ASSE : Le message pour le mercato stéphanois

Begraoui glisse une indication précieuse sur ce dont Cathro a besoin pour performer. À Estoril, il s'appuyait sur cinq tauliers, des joueurs expérimentés qui portaient les messages dans le vestiaire et géraient les situations sans que le staff intervienne. «C'est précieux d'avoir de tels guides dans un effectif car on sait que les saisons sont très longues.» C'est exactement le profil qui manquait à l'ASSE la saison dernière. On verra vite si direction de l'ASSE l'a compris. Le mercato devra répondre aux questions.

Et Begraoui lui-même dans tout ça ? Troisième meilleur buteur de Liga Portugal, sous contrat avec Estoril jusqu'en 2028, il botte en touche avec le sourire. «La partie mercato je n'en parle pas, moi je suis en vacances.» Le dossier reste ouvert. Les Verts auraient tort de ne pas y penser...

Source : Poteaux-Carrés