À l’occasion de la réception de Clermont Foot 63, les tribunes de Geoffroy-Guichard ont de nouveau servi de caisse de résonance aux inquiétudes et aux combats portés par les supporters de l’AS Saint-Étienne. Les Green Angels 92 ont déployé deux banderoles fortes, ciblant à la fois la gouvernance actuelle du club et, plus largement, le cadre répressif imposé aux supporters depuis près de vingt ans. Un double message, sportif et sociétal, révélateur d’un malaise persistant.
Dans un stade encore marqué par les attentes liées à la course à la montée, le message adressé à la direction de l’AS Saint-Étienne n’a laissé aucune place à l’ambiguïté. « Kilmer : qui mène la barque pour éviter un nouveau naufrage ? L’ASSE ne s’achète pas, elle se respecte », pouvait-on lire dans le kop des Green Angels 92 au moment de l'entrée des joueurs sur la pelouse. Une interpellation directe envers le propriétaire du club, Kilmer Sports Ventures, dans un contexte où le projet sportif peine encore à se matérialiser clairement, malgré une troisième place au classement de Ligue 2.
Une gouvernance jugée floue malgré une position favorable
Si les Verts restent bien placés dans la lutte pour la remontée, les supporters dénoncent un manque de lisibilité dans la conduite du club. Depuis le changement d’actionnaire, la promesse d’un projet structuré et ambitieux n’a pas encore trouvé de traduction évidente sur le terrain ni dans l’organigramme. L’absence jugée trop marquée d'Ivan Gazidis sur la scène publique alimente ce sentiment de flottement, tout comme le maintien de figures issues de l’ancienne direction au sein de la structure décisionnelle.
Jean-François Soucasse, Samuel Rustem ou encore Loïc Perrin continuent d’occuper des fonctions clés, ce qui interroge une partie du public sur la réalité de la rupture annoncée. Dans un championnat que beaucoup imaginaient dominé par l’ASSE, les performances restent irrégulières et souvent laborieuses. La banderole déployée vise donc moins un homme qu’une ligne directrice, perçue comme insuffisamment affirmée pour un club dont l’histoire et les moyens appellent une ambition claire.
Les IAS, un combat ancien toujours d’actualité pour les Green Angels
La seconde banderole déployée par les Green Angels 92 s’inscrit dans un registre plus politique. « 20 ans que les supporters sont les rats de laboratoire d’une société liberticide : Joyeux anniversaire aux IAS ! » Un message qui renvoie directement aux interdictions administratives de stade, instaurées par la loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme, puis appliquées à grande échelle à partir de la saison suivante.
Depuis près de deux décennies, ces mesures permettent aux autorités d’interdire l’accès aux stades à des supporters sans décision judiciaire préalable. Pour les groupes ultras, ces dispositifs constituent une atteinte durable aux libertés individuelles et une stigmatisation du supportérisme organisé. À Saint-Étienne, où la culture populaire et tribunitienne fait partie intégrante de l’identité du club, ce combat reste central. La banderole déployée rappelle que, pour les groupes Ultras, le football demeure aussi un espace d’expression et de contestation.
À Geoffroy-Guichard, les banderoles déployées par les GA92 rappellent qu'ils sont bel et bien présents, tant pour rappeler aux dirigeants leurs promesses que pour dénoncer les lois qu'ils considèrent abusives à leur encontre. Pour rappel, hier, les MF91 n'ont pas pu occuper leur kop Nord suite à la suspension de cette tribune.
« Kilmer : qui mène la barque pour éviter un nouveau naufrage ? L’ASSE ne s’achète pas, elle se respecte ». GA92. #ASSECF63 pic.twitter.com/AdxIkHQQnH
— Anthony Perrel (@AnthonyPerrel) January 17, 2026