ASSE - Nice : Le 0-0 de Geoffroy-Guichard a laissé les observateurs sur leur faim. Dans l'After Foot sur RMC, Daniel Riolo et Florent Gautreau ont décortiqué ce barrage aller sans vainqueur, avec une sévérité particulière envers Nice, mais sans épargner les Verts non plus. Résumé d'une analyse qui fait mal des deux côtés.
ASSE : Les tops et flops stéphanois contre Nice en barrage aller
Riolo : "Le déchet technique était affligeant, presque triste"
Daniel Riolo n'a pas mâché ses mots. Pour le chroniqueur de RMC, ce 0-0 est moins le reflet d'un équilibre des forces que d'un niveau technique catastrophique des deux équipes. "Ce qui m'a le plus marqué ce soir, c'est le déchet technique de cette rencontre. C'était parfois affligeant, j'ai plus envie de dire triste. Quand tu tentes quelque chose, quand tu essayes, que t'as un premier bon décalage, que ça doit se terminer par un centre, et que le centre il arrive jamais, qu'il part comme un coup de botte dans la tribune. Franchement, c'est terrible."
Sur le zéro tir cadré de chaque côté, Riolo est allé plus loin : "J'ai l'impression que c'est juste parce qu'ils ne sont pas capables. Est-ce que ça s'explique par la trouille ? Probablement que la trouille explique un petit peu. Mais vraiment, le déchet, il était terrible."
Sa seule satisfaction de la soirée ? L'esthétique de Geoffroy-Guichard. "Ça faisait très longtemps que je n'avais pas vu un match là-bas. L'éclairage, les tribunes pleines et proches du terrain, le grain de l'image à la télé. C'est très beau le match à Geoffroy-Guichard. C'est le seul truc qui m'a plu ce soir." Le reste ne méritait pas, selon lui, qu'on s'y attarde davantage.
Gautreau : "Nice est la plus à blâmer ce soir"
Florent Gautreau a été encore plus sévère envers l'OGC Nice. Pour lui, une équipe de Ligue 1 qui joue un barrage contre un club de Ligue 2 a l'obligation de faire mieux que ça, peu importe le contexte. "Quand t'es l'équipe de Ligue 1, que tu joues contre l'équipe de Ligue 2, tu dois donner plus, tu dois cadrer des frappes. À part les touches longues, c'était à peu près la seule façon d'avoir des occasions côté niçois. Des deux équipes, la plus à blâmer, ça reste encore Nice."
Il est allé plus loin en pointant les limites de Claude Puel dans ce type de contexte : "Si tu joues ta peau, t'es capable, moi je pense que c'est la limite de Puel, d'aller marquer à Geoffroy-Guichard dès le match aller. Tu as les moyens de faire mieux que ça." La finale de Coupe de France face à Lens est sa référence : Nice avait montré qu'elle en était capable. Ce soir, elle ne l'a pas montré.
Sa lecture de la stratégie niçoise est sans appel : "Je pense que la stratégie de Puel c'était : on tient là parce qu'il nous manque Wahi et qu'on est un peu fatigués, et on joue tout sur le retour."
ASSE - Nice : Un match quasi "arrangé" ?
Gautreau a osé la formule provocatrice, en la tempérant immédiatement. "Pour moi, c'est effectivement presque un truc... ce n'est pas loin d'être un match arrangé. Je le dis évidemment avec toutes les réserves qui s'y rapportent." L'idée derrière n'est pas celle d'une entente illicite, mais d'une convergence d'intérêts : Nice qui gère en attendant vendredi, l'ASSE qui accepte ce statu quo une fois l'ouverture du score manquée. "Je pense qu'effectivement, une fois que c'était un peu acté, la deuxième période était encore pire que la première."
Riolo a abondé dans ce sens : "J'ai le sentiment que Nice est arrivé dès le début avec comme message 'rendez-vous vendredi', et que Saint-Étienne avait l'intention de faire un petit peu plus, mais qu'ils n'en étaient pas capables." Les Verts ont voulu, mais n'ont pas pu. Ce n'est pas tout à fait la même chose.
Le format barrage en question
Le débat s'est aussi élargi au format lui-même. Riolo a pointé le paradoxe du match aller-retour : censé créer du spectacle et de l'intensité comme en Coupe d'Europe, il produit en réalité l'effet inverse en gelant les initiatives. "Plutôt que d'augmenter le côté spectacle, j'ai l'impression que ça gèle les pieds un peu. Et l'idée c'est rendez-vous match retour. Les deux ont ça en tête à chaque fois."
Gautreau est allé plus loin dans la critique du système : "Ces barrages sont faits pour protéger la Ligue 1 depuis le départ. Tu fatigues la Ligue 2 avec les pré-barrages, puis après tu lui mets le match retour à domicile pour le club de Ligue 1. Le club de Ligue 2 arrive rincé sur le barrage décisif. Il faut un peu plus d'équité." Sa solution ? Un match sec, en terrain neutre ou avec prolongation directe. "Le truc en un match, je peux te dire que d'une manière ou d'une autre, on aurait passé une bonne soirée."
L'ASSE n'est pas exonérée
Gautreau a néanmoins pris soin de ne pas laisser les Verts sans reproches. Sa critique du club stéphanois porte sur l'ensemble de la saison, pas seulement sur ce soir. "Sainté, ils auraient dû faire beaucoup mieux aussi dans la saison. Tu te retrouves aussi frustré après un match comme ça, comme tu l'as été dans la saison, en te disant que tu devais faire beaucoup mieux avec les moyens que tu as."
Le constat est juste et douloureux : l'ASSE avait les moyens, en cours de saison, d'éviter ce barrage. Elle ne l'a pas fait. Défaites à Bastia et Rodez quand la montée directe était à portée, départ trop tardif d'Horneland, une deuxième partie de saison en dents de scie. Tout ça a conduit les Verts là où ils en sont ce soir : dans un barrage qu'ils auraient dû ne pas jouer.
"Tu pars de loin et l'occasion est ratée sur la saison régulière. Elle n'est pas ratée sur les playoffs avec la fatigue qu'il y a maintenant."
Nice - ASSE : Et vendredi ?
Daniel Riolo a conclu sur une projection qui résume l'état des deux équipes : "Si ça ne bouge pas un petit peu plus, l'issue aux penaltys semble comme écrite." Un scénario que Maubleu, spécialiste de l'exercice avec 45% d'arrêts sur toute sa carrière, n'appréhende probablement pas de la même façon que ses adversaires.
Vendredi à l'Allianz Riviera, huis clos, 20h45. Tout reste à faire, et tout peut basculer sur un seul moment de lucidité technique. Justement celui qui a manqué ce soir à Geoffroy-Guichard.

