Brice Maubleu a stoppé quatre tirs au but décisifs contre Rodez pour qualifier l'ASSE. Une performance qui a semblé spectaculaire aux yeux de beaucoup, mais pas à ceux d'Arnaud Genty, son ancien entraîneur des gardiens au GF38. Dans le Dauphiné Libéré, ce dernier lève le voile sur des années de travail qui ont transformé Maubleu en spécialiste des penaltys.

Des standards, pas un miracle

Quand Brice Maubleu s'est couché sur les frappes de Rodez pour envoyer l'ASSE en barrages, beaucoup ont parlé de performance héroïque. Arnaud Genty a simplement reconnu son travail. L'entraîneur des gardiens du Grenoble Foot 38 connaît Maubleu mieux que quiconque, et dans le Dauphiné Libéré, il a tenu à remettre les choses dans leur contexte : "Certains ont pu être surpris par sa performance contre Rodez mais pas moi. Sur cette séance, il a tout simplement été dans ses standards."

Les chiffres confirment sa lecture. Depuis la remontée de Grenoble en Ligue 2 en 2018, Maubleu a subi 29 penaltys. Il est parti du bon côté 20 fois, et en a arrêté 13. Soit 45% d'arrêts. Contre Rodez, il a stoppé 4 tirs au but sur 10, soit exactement 40%. Dans ses standards, comme dit Genty.

ASSE : Brice Maubleu brise enfin la malédiction des tirs au but !

Maubleu ? Il n'en arrêtait pas un

Ce qui rend cette histoire encore plus belle, c'est ce qu'était Maubleu avant ce travail. L'aveu de Genty est savoureux : "Quand on était en National 2 et en National, il n'en arrêtait pas un. À tel point que le président de l'époque, Alain Fessler, est venu me voir un jour pour me dire : 'Arnaud, il faut vraiment que tu entraînes Brice aux penaltys.'"

Le gardien stéphanois n'était donc pas un talent naturel dans l'exercice. C'est le travail qui a tout changé. Et Genty a pris le problème à la racine.

Mauble (ASSE) : Le tempo, les plongeons, et pas de fiches sur la gourde

La méthode développée par Genty pour transformer Maubleu est intéressante. Pas de vidéos des frappeurs adverses, pas de fiches techniques accrochées à la gourde comme on en voit parfois. Maubleu ne voulait pas de ça à Grenoble, et Genty a respecté sa manière de fonctionner tout en trouvant une autre voie. "Je ne vais pas dévoiler nos petits secrets mais on s'est mis au boulot. Je ne tirais pas forcément de penalty à l'entraînement mais je l'ai fait travailler son plongeon. Il en a bouffé, bouffé, bouffé."

Le point clé de la méthode : le tempo. "Pour arrêter un penalty, il ne faut pas partir trop tôt, ni trop tard. Parfois, je faisais exprès de passer par-dessus le ballon sans frapper. Et s'il plongeait, il se faisait engueuler." Un entraînement de patience autant que de réflexes. Maubleu demandait quand même à Genty de regarder les vidéos adverses pour lui en faire un résumé oral. Une façon de garder l'information sans se parasiter mentalement avant l'effort.

Ce travail silencieux, répété pendant des années à Grenoble, c'est ce qui a fait la différence dans les dernières secondes du play-off contre Rodez. L'ASSE joue ce soir à Geoffroy-Guichard contre Nice. Et si ça doit encore aller aux penaltys vendredi, les Verts savent qu'ils ont le bon homme dans les cages.

Source : Le Dauphiné Libéré