Après les auditions qui ont eu lieu hier à Paris, les Green Angels et les Magic Fans restent dans l’incertitude. Contrairement à 2025, aucune réponse immédiate n’a été donnée, laissant planer un doute sur l’issue du dossier de dissolution des deux groupes de supporters de l'ASSE.

Le dossier de dissolution des groupes ultras stéphanois entre dans une phase d'attente. Lundi, les représentants de l’ASSE, des Magic Fans et des Green Angels ont été entendus à Paris par la commission nationale consultative. Une étape attendue, redoutée, mais surtout différente de celle vécue un an plus tôt. Cette fois, aucun avis n’a été rendu dans la foulée.

Une audition tendue qui laisse les supporters dans l'incertitude

Le déroulé de la journée illustre la complexité du dossier. Le club a ouvert les échanges, avec une délégation proche de celle de 2025. Pendant plus d’une heure, les dirigeants ont défendu les engagements pris ces derniers mois, tout en promettant de poursuivre les efforts engagés.

Les groupes de supporters ont ensuite été entendus. D’abord ensemble, puis seulement avec les Green Angels selon les informations du Progrès. Les discussions ont duré jusqu’en début de soirée. Le climat, lui, s’est révélé tendu et les échnages âpres. Les représentants ultras ont fait face à une commission jugée éloignée de la réalité du terrain, des déplacements ou du fonctionnement du mouvement.

Dans ce contexte, chacun a tenté de faire valoir ses arguments. Les groupes ont insisté sur leur rôle structurant, leur organisation et leur implication dans la vie du club.

Une défense centrée sur l’identité et l’humain

L’enjeu dépassait largement le cadre disciplinaire. L’avocat des associations de supporters, Pierre Barthélémy, l’a résumé clairement : "On a pu démontrer que les associations de supporters, ce sont des hommes, des femmes passionnés… absolument pas des gens qui cherchent la violence."

La stratégie reposait aussi sur une dimension symbolique. "On voulait montrer des visages, des âmes, des voix… pas seulement des groupuscules." Une manière de rappeler que ces associations représentent plus de trente ans d’histoire. "34 ans et 35 ans d’existence… des couleurs, des banderoles, une identité."

L’argument central reste le même : dissoudre les structures ne réglerait pas les problèmes. "Si certains voulaient la violence, ils n’en auraient rien à faire… ils peuvent toujours aller au stade." Une ligne de défense claire, déjà utilisée lors des précédentes procédures.

Une décision désormais suspendue à l’État

Malgré cette mobilisation, aucune tendance ne se dégage. "Ni optimisme ni pessimisme", résume l’avocat. L’incertitude domine. "Est-ce que c’était déjà joué d'avance ? Je ne sais pas."

Autour du dossier, le soutien s’est pourtant élargi. Les élus locaux ont pris position. La Métropole s’est engagée à financer des aménagements pour sécuriser Geoffroy-Guichard. Le Peuple Vert s’est mobilisé, avec plusieurs milliers de supporters réunis ces derniers jours.

Mais désormais, tout échappe aux acteurs stéphanois. La commission doit rendre un avis consultatif, avant une décision finale du ministère de l’Intérieur. Le calendrier reste flou. Quelques jours, plusieurs semaines, voire des mois.

Dans l’attente, la réalité reste la même. "On vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête." Une situation qui entretient la tension autour du club, à un moment clé de sa saison sportive.