Stassin et Davitashvili cumulent 19 buts cette saison et portent l'ASSE dans la course à la montée : la décision de les retenir l'été dernier était-elle la bonne ? Certainement au vu du rendement d'un duo qui y est pour beaucoup dans les résultats des Verts.

À quatre journées de la fin, l'AS Saint-Étienne occupe une très belle seconde place en Ligue 2. Dans ce sprint final, le club s'appuie sur deux certitudes offensives. Lucas Stassin reste sur une série de six buts en six matchs, un rythme qui place le Belge parmi les attaquants les plus en forme du championnat. Zuriko Davitashvili, lui, totalise 13 réalisations sur l'ensemble de la saison. Ensemble, ils assurent une efficacité que peu d'équipes de Ligue 2 peuvent revendiquer à ce stade.

Conserver Stassin et Davitashvili : un choix assumé face à l'intérêt du marché

La situation aurait pu être bien différente. Dès l’été, Lucas Stassin a suscité des intérêts concrets. Rennes, le Paris FC ou encore des clubs étrangers se sont positionnés. Le joueur l’a lui-même confirmé : "les négociations n’ont pas abouti, l’ASSE a refusé toutes les offres". La direction stéphanoise a tranché rapidement. Ivan Gazidis et Huss Fahmy ont fermé la porte, convaincus que l’attaquant belge devait rester au cœur du projet.

Ce positionnement s’inscrivait dans une logique claire : privilégier la performance sportive à court terme. À ce moment-là, Stassin comptait déjà plusieurs buts et s’imposait comme un titulaire indiscutable. Son profil complet, entre efficacité et volume de jeu, en faisait une pièce difficilement remplaçable. Le club a accepté de prendre un risque économique en repoussant des offres, avec l’objectif assumé de jouer la montée.

La priorité donnée à la stabilité sportive et à l'objectif de montée a primé sur la logique financière à court terme. Avec le recul, ce choix a eu un impact déterminant pour l'ensemble de la saison stéphanoise. Sans Stassin et Davitashvili, l'animation offensive n'aurait sans doute pas été aussi efficace. Le Belge a franchi un cap après une très longue période de doutes. Le Géorgien a maintenu un niveau constant, capable de peser dans chaque rencontre et d'illuminer un match à lui tout seul.

Une dépendance qui dit aussi les limites du groupe

Cette réussite met en lumière une autre réalité. L'ASSE se repose très largement sur ces deux joueurs. Le manque de profondeur offensive oblige le staff à s'appuyer sur leurs performances, sans véritable solution de remplacement d'un niveau équivalent. Duffus n'enchaîne pas et doit encore progresser. Old a reculé avec réussite au poste de latéral gauche. Quant aux jeunes, ils ne sont pas encore des solutions viables pour maintenir le niveau offensif des Verts. Dans un sprint final aussi serré, cette dépendance constitue un risque. Une blessure, une suspension, une baisse de régime : le scénario d'une attaque privée de ses deux moteurs reste une hypothèse que le club ne peut pas ignorer.

Stassin et Davitashvili incarnent pourtant ce que toute équipe ambitieuse cherche : des joueurs capables de faire basculer un match. Leur complémentarité offre à l'ASSE un avantage décisif. À l'heure du bilan, les retenir l'été dernier ressemble moins à un pari qu'à un choix de raison, et ce, pour le plus grand bonheur de l'ASSE !