Arrivé cet hiver à l’ASSE sous la forme d’un prêt avec option d’achat, Abdoulaye Kante s’impose déjà comme une pièce importante du milieu stéphanois. Dans un entretien accordé au Le Progrès, le joueur de 20 ans évoque son adaptation rapide, son ambition avec les Verts et l’éducation qui forge sa maturité.
Depuis son arrivée dans le Forez, Abdoulaye Kante (portrait ici) n’a pas tardé à convaincre. Positionné au cœur du jeu, le milieu de terrain affiche une sérénité étonnante pour son âge. Sa lecture du jeu, sa combativité et sa capacité à équilibrer l’équipe lui ont rapidement permis de gagner la confiance de Philippe Montanier et du vestiaire stéphanois.
Interrogé par Le Progrès, le joueur ne cache pas qu’il se projette déjà au-delà de son prêt de six mois. « Oui, l’idée première de partir en prêt est venue de moi. Si le joueur et les agents acceptent qu’il y ait une option d’achat, c’est qu’ils se projettent déjà. Le club aussi. » Un message clair : le milieu de terrain se sent bien à Saint-Étienne et espère poursuivre l’aventure. « On donne tout, je suis bien ici et je veux qu’on atteigne notre objectif », affirme-t-il.
Abdoulaye Kante : une maturité forgée très jeune
Si Kante impressionne par son calme et sa justesse, beaucoup s’étonnent de sa maturité malgré ses 20 ans.
Pour lui, tout vient d’abord de l’éducation familiale. Son père, marqué par un parcours de vie difficile, a transmis des valeurs fortes à ses enfants. « Il est parti à l’aventure très jeune, en Angola, où il a rencontré ma mère. Il nous parlait beaucoup de la vie. C’est vraiment un guerrier », confie le Stéphanois.
Cette éducation a façonné son caractère. Très tôt confronté aux réalités du monde, il a appris à grandir vite. « Très jeune, on te parle de la vie et tu dois commencer à travailler », explique-t-il. Une réalité qu’il a encore constatée récemment lors d’un séjour en famille. « J’ai vu mon cousin de 10 ans me dire qu’il allait travailler. J’ai eu la chair de poule. »
Pour Kante, cette différence d’expérience explique parfois l’écart de mentalité entre les jeunes joueurs. « S’il arrive en France à 15 ans, il n’aura pas la même mentalité qu’un enfant qui vit chez ses parents avec tout à disposition », analyse-t-il.
Mercato : Qui es-tu Abdoulaye Kanté, future recrue de l'ASSE ?
Une détermination qui l’a mené jusqu’au football professionnel
Le parcours du milieu stéphanois n’a pas été simple. Pourtant, sa détermination ne l’a jamais quitté. Il se souvient notamment de la signature de son premier contrat aspirant, un moment presque plus marquant que son premier contrat professionnel.
« J’étais plus heureux de signer ce contrat aspirant que mon premier contrat pro. Je gagnais 900 ou 1 000 euros et je me disais que c’était déjà le début de la réalisation d’un rêve », raconte-t-il.
À ses yeux, la symbolique comptait davantage que le statut. « Je me disais : j’ai signé dans un club pro, donc je suis pro », sourit-il.
Sa famille, d’abord prudente face à sa carrière, a finalement soutenu son choix. Son père notamment, qui craignait les difficultés du football, s’est montré très fier de sa réussite. « Quand il ne voulait pas que je devienne footballeur, c’était pour me protéger. Mais il a vu que j’avais bien fait de forcer », explique Kante.
Cette force de caractère l’a aidé à tenir là où d’autres abandonnent. « Beaucoup de jeunes ont arrêté sous la pression de leurs parents. Mais moi, par tous les moyens, j’étais prêt à réussir. »
Un état d’esprit qui séduit déjà à Saint-Étienne… et qui pourrait bien pousser les Verts à lever son option d’achat si ses performances se confirment.
Avant d'être l'un des visages du renouveau de l'#ASSE, l'Ivoirien de 20 ans a connu un chemin tortueux pour arriver jusqu'à son rêve de footballeur.🟢⬇️https://t.co/u1Nk7F5MuE pic.twitter.com/ygnttBcNrT
— Le Progrès - ASSE (@leprogres_asse) March 13, 2026