Patrick Guillou a vivement réagi à l’audit récemment mené au centre de formation de l’ASSE. Dans le Sainté Night Club, l’ancien défenseur a pointé ce qu’il considère comme une incohérence profonde dans la gouvernance du club, tout en s’interrogeant sur les priorités réelles de la direction.
Lors de l’émission du Sainté Night Club de ce lundi 26 janvier, Patrick Guillou n’a pas caché son incompréhension face à l’audit commandé pour évaluer le centre de formation stéphanois. Pour lui, la démarche pose question dès le départ. Il rappelle que l’ASSE dispose déjà d’un centre labellisé par la Fédération Française de Football, régulièrement bien noté ces dernières saisons. Guillou souligne même que plusieurs jeunes issus de la formation intègrent de manière constante le groupe professionnel, preuve selon lui du travail effectué en amont. Dès lors, il s’interroge sur la pertinence de confier cette mission à un cabinet étranger, en l’occurrence portugais, alors même que les évaluations fédérales semblent positives.
L’ancien Vert pousse le raisonnement plus loin en imaginant un scénario paradoxal. Il évoque l’hypothèse où l’audit externe viendrait contredire les conclusions de la FFF. Une situation qu’il juge difficilement compréhensible et qui alimente son malaise. Guillou ne comprend pas non plus pourquoi la direction multiplie les audits dans plusieurs secteurs du club, citant successivement le domaine médical, la kinésithérapie, la préparation physique ou encore la formation.
Patrick Guillou pointe l’absence d’audit sportif à l’ASSE
Pour Patrick Guillou, le cœur du problème se situe ailleurs. Il rappelle que la dynamique d’un club de football se construit avant tout sur le terrain, à travers les performances de l’équipe fanion. Or, sur ce point précis, il constate une absence totale d’évaluation. Selon lui, aucun audit ne semble concerner le sportif, comme si ce secteur échappait à toute remise en question. Il ironise alors sur cette situation, décrivant un club qui ferait comme si tout allait bien, préférant célébrer plutôt que de regarder la réalité en face.
Guillou s’interroge ouvertement sur la capacité du club à continuer ainsi. Il peine à croire que cette stratégie puisse durer sans conséquences. À ses yeux, la confiance accordée à la direction sportive et aux différents responsables finira forcément par être questionnée. Il évoque notamment Larry Tannenbaum, estimant qu’à force d’accorder sa confiance aux dirigeants actuels et passés, le propriétaire pourrait un jour se pencher de plus près sur les comptes et le fonctionnement global du club.
Des finances jugées déconnectées de la réalité de la Ligue 2
Patrick Guillou soulève ensuite la question financière, qu’il juge centrale dans cette réflexion. Il s’étonne du nombre d’audits engagés alors que des sommes importantes circulent au sein du club. Pour lui, cette accumulation de contrôles traduit un malaise plus profond. Sans affirmer de certitudes, il admet ses doutes et précise qu’il aimerait se tromper. Mais il a le sentiment que l’ASSE vit largement au-dessus des standards d’un club classique de Ligue 2.
Guillou invite à regarder la différence de budget avec les autres clubs de la division et à la mettre en perspective avec les résultats obtenus sur le terrain. Une comparaison qu’il juge défavorable. Selon lui, l’écart entre les moyens engagés et le rendement sportif pose une vraie question de gouvernance. Derrière l’audit du centre de formation, c’est donc une réflexion plus globale qu’il appelle de ses vœux, estimant qu’à un moment donné, quelqu’un devra rendre des comptes.
Ses mots retranscrits
Patrick Guillou (ancien défenseur de l'ASSE) : « On te rappelle vite fait qu’on fait un audit par un cabinet portugais pour voir ce que vaut le centre de formation, alors qu’il est labellisé par la FFF. Donc imaginez un seul instant — je vais être un peu tordu — imaginez un seul instant que la FFF, comme elle le fait, note plutôt bien ces dernières années le travail qui a été effectué par le centre de formation, avec quatre ou six joueurs qui sont constamment dans le groupe, et que l’audit du Portugal va dire le contraire de ce qu’a dit la FFF.
Et pourquoi on prend un cabinet d’audit portugais ? On annonce des audits de partout et on parle curieusement. Alors il y a eu les médecins, il y a eu les kinés, il y a eu la préparation physique, il y a eu le centre de formation. Mais ce qui fait la dynamique d’un club, c’est quand même ce qui se passe sur le rectangle vert, avec l’équipe fanion.
Et là, curieusement, il n’y a pas d’audit. Alors là, zéro. On s’assoit, on sort les cotillons et on jette tout en l’air avec une musique, on fait la chenille et tout va très bien, madame la marquise.
Sincèrement, mais qui peut croire que ça peut encore continuer comme ça ? À un moment donné, M. Tannenbaum va peut-être regarder un petit peu dans les comptes, à force de faire confiance à son triumvirat, plus l’ancien triumvirat. Et à un moment donné, il y a bien quelqu’un qui va devoir rendre des comptes.
Pourquoi il y a autant d’audits alors qu’il y a autant d’argent qui est brassé ? Il y a quelque chose… moi, je ne sais pas, peut-être que je me trompe et j’aimerais bien me tromper, mais sincèrement, on vit largement au-dessus de ce qu’est un club lambda de Ligue 2. Regardez la différence de budget pour avoir ça à la fin ? »