La sortie de Gautier Larsonneur après Reims (défaite 1-0) continue de faire parler à l’ASSE. Dans le Sainté Night Club, Patrick Guillou n’a pas mâché ses mots sur le rôle du capitaine et sur ses déclarations au micro de beIN Sports.
La défaite face à Reims a laissé des traces du côté de l’AS Saint-Étienne. Pas uniquement sur le plan sportif. Mais aussi dans la communication. Au coup de sifflet final, Gautier Larsonneur s’est exprimé au micro de beIN Sports avec des mots forts, évoquant la honte « d’être capitaine de cette équipe ». Une sortie qui n’a pas été du goût de Patrick Guillou. Présent dans le Sainté Night Club de ce lundi 26 janvier, l’ancien défenseur stéphanois a livré une analyse très critique de cette prise de parole, qu’il juge totalement inadaptée au rôle occupé par le portier des Verts.
D’entrée, Patrick Guillou plante le décor avec une phrase lourde de sens : « Dis-moi quelle est ton capitaine, je te dirais comment fonctionne ton club. » Pour lui, la fonction de capitaine dépasse largement la performance individuelle ou l’émotion du moment. Il rappelle que Larsonneur est « un capitaine qui se lave les mains » à travers ses propos d’après-match. Et la phrase citée par Guillou ne passe pas : « Ça fait mal au cœur d’être capitaine de cette équipe. » Une déclaration qu’il juge incompatible avec les responsabilités liées au brassard.
Gautier Larsonneur et le rôle du capitaine à l’ASSE
Patrick Guillou se montre très clair sur ce point. « Sincèrement, si t’as mal au cœur d’être capitaine de cette équipe, la première chose à faire c’est de rendre ton brassard. » Pour l’ancien Vert, un capitaine ne peut pas se permettre ce type de discours, surtout dans un contexte aussi tendu. Il évoque ensuite l’hypothèse d’une réaction dictée par l’échange avec les supporters après le match. « Si c’est à chaud parce qu’il vient de discuter avec les supporters et qu’il essaye de leur passer la crème en disant je me désolidarise de mes potes et je fais plaisir aux Magic et aux Green, il est encore dans le faux. »
Guillou insiste sur une règle fondamentale du vestiaire : on ne se désolidarise jamais du groupe. Le brassard impose une ligne de conduite claire. Protéger ses coéquipiers. Encaisser avec eux. Et assumer collectivement. Toute autre posture est, selon lui, une erreur majeure, surtout dans un club comme l’ASSE où l’identité collective est centrale.
Patrick Guillou alerte sur les conséquences dans le vestiaire
L’ancien défenseur va encore plus loin en évoquant les conséquences potentielles de cette sortie médiatique. « J’espère que personne de ses coéquipiers a entendu ça avant qu’il rentre dans le vestiaire. » Une phrase qui en dit long sur le malaise que ce type de discours peut créer en interne. Guillou parle d’expérience et n’édulcore rien. « Même si maintenant j’ai passé l’âge, si un de mes partenaires me met dans la sauce comme ça, en se désolidarisant et en pointant du doigt les copains, c’est pas de ma faute… »
Il poursuit avec une image volontairement crue pour illustrer la gravité de la situation. « La première chose quand il rentre dans le vestiaire, il prend un coup de crampon. » Au-delà de la formule, le message est limpide : un capitaine doit rester solidaire jusqu’au bout. « En tant que capitaine, tu dois tenir le navire et le manche jusqu’au bout du bout. » Pour Guillou, se désolidariser du groupe est une faute majeure. « Si en tant que capitaine tu te désolidarises comme ça du groupe, c’est que t’as rien compris de comment fonctionne ce club, t’as rien compris de comment fonctionne un capitanat, des devoirs et de ce que ça engendre le bout de tissu que t’as autour du bras. »
Une sortie qui relance le débat sur le capitanat à l’ASSE et sur le rôle exact de Gautier Larsonneur dans un contexte sportif déjà très fragile.