Ancien défenseur formé à l'ASSE, Pierrick Cros garde un œil attentif sur les Verts. Invité de La Voix des Verts, le Stéphanois a livré son regard sur le début de saison, le travail de Ian Cathro et les ambitions de montée. S'il apprécie la cohérence affichée par l'équipe, il rappelle surtout que la Ligue 2 ne laisse aucune place au relâchement.
L'ASSE a connu son premier coup d'arrêt de la saison samedi dernier. Après cinq victoires consécutives, les Stéphanois se sont inclinés à Dunkerque (2-1), malgré l'ouverture du score d'Augustine Boakye. Ils restent à 15 points après six journées avant un nouveau déplacement, samedi 19 septembre à Metz. Un premier revers qui n'a pas spécialement surpris Pierrick Cros. L'ancien défenseur connaît les exigences du championnat : "Les matchs en Ligue 2, encore plus pour Saint-Etienne, c'est des matchs de Coupe de France pour toutes les équipes. Tout le monde veut taper les Verts." Il insiste surtout sur la nécessité de ne jamais baisser de régime : "Chaque match est compliqué. Il faut se remettre à 100 %, voire plus, à chaque match."
Cette vigilance prend encore plus de sens après le scénario de Dunkerque. L'ASSE avait jusque-là parfaitement négocié son début de championnat, avec cinq succès en cinq journées, avant de tomber pour la première fois à Marcel-Tribut.
Pierrick Cros voit déjà une identité forte chez les Verts
Au-delà du résultat, Pierrick Cros retient surtout ce que l'équipe dégage depuis le début de la saison. Il avait notamment regardé la deuxième période de la victoire contre Montpellier, puis celle de la défaite à Dunkerque. Deux rencontres très différentes, mais suffisamment révélatrices à ses yeux pour identifier une progression collective.
"Ils ont déjà un fond de jeu qui est plutôt cohérent et une cohérence d'équipe qu'on voit tout de suite sur le début de saison. Après, le plus dur, c'est de le maintenir."
Cros reconnaît pourtant qu'il avait accueilli l'arrivée de Ian Cathro avec prudence. "Je n'étais pas spécialement optimiste à son arrivée." Quelques semaines plus tard, son jugement a évolué. "Pour le moment, ça a l'air de matcher et de bien se passer." L'ancien Stéphanois voit surtout une équipe dont les intentions sont immédiatement identifiables : "Ses principes de jeu sont cohérents et je trouve que c'est très marqué. Ça se ressent sur le jeu et sur les résultats de l'équipe."
Cette identité ne repose pas uniquement sur le onze de départ. Ian Cathro dispose désormais d'un groupe plus fourni, avec plusieurs solutions revenues de blessure ou intégrées récemment. La concurrence au sein de l'effectif stéphanois s'est d'ailleurs accentuée ces dernières semaines, notamment dans les secteurs offensifs. Pour Pierrick Cros, cette profondeur constitue l'une des différences notables avec la saison précédente. Il décrit un groupe "plus harmonieux et plus costaud".
Cardona symbolise le changement
Parmi les joueurs qui attirent son attention, Pierrick Cros cite Irvin Cardona. L'attaquant a pris une place importante dans le dispositif stéphanois depuis le début de saison. Son activité, son efficacité et sa capacité à participer aux mouvements offensifs lui ont permis de retrouver une influence majeure dans l'équipe.
Pour Cros, cette évolution tient beaucoup à la confiance retrouvée. "Il avait été pas mal critiqué l'année passée. Beaucoup de supporters voulaient le voir partir cet été." L'ancien défenseur insiste sur le changement de rôle et de statut du joueur : "Aujourd'hui il redonne cette confiance et puis c'est bénéfique pour Saint-Etienne. Puis ça illustre le début de saison où il y participe grandement."
Il porte également un regard positif sur plusieurs recrues. Sohaib Naïr lui plaît dans l'axe, tandis que Jakob Breum l'a rapidement convaincu. L'ancien Vert estime que les nouveaux venus se sont vite adaptés à un championnat qu'ils connaissaient pourtant peu pour certains. Une intégration rapide qui participe à la cohérence générale qu'il perçoit depuis le mois d'août.
Reste désormais à transformer ce bon départ en dynamique qui va durer. Sur ce point, Pierrick Cros se montre beaucoup plus mesuré. "À l'abri, dans le sport, on n'est jamais à l'abri." Puis il ajoute : "De ce qu'ils nous montrent depuis le début de saison, on ne peut être qu'optimiste."
L'expérience de ses montées avec le Red Star et Laval nourrit son raisonnement. Cros refuse de regarder trop loin et préfère découper la saison en objectifs intermédiaires : "Le plus important, c'est d'arriver étape par étape." Il évoque une barre située autour de 65 points pour envisager une accession directe, puis fixe une méthode simple : atteindre 20 points, puis 30, observer la situation à la trêve et surtout arriver lancé dans la dernière partie du championnat.
Selon l'ancien Vert, les premiers signaux sont encourageants, le collectif paraît mieux construit et Ian Cathro a déjà imprimé une identité reconnaissable. Mais après Dunkerque, Pierrick Cros rappelle qu'une montée ne se construit pas en six journées. Elle se gagne dans la capacité à reproduire les mêmes exigences pendant toute une saison.
