Une tendance s'affirme sous les ordres de Ian Cathro. Décisifs ce samedi contre Montpellier, les entrants stéphanois ont une nouvelle fois fait basculer ce choc aux allures de Ligue 1. Décryptage dans le dernier Sainté Night Club.
A Saint-Etienne, la différence vient aussi du banc. Si Ian Cathro s'appuie déjà sur un XI de départ XXL, son banc de touche aussi a fière allure. Encore muet jusqu'alors, Joshua Duffus en a profité pour ouvrir son compteur en fusillant le portier adverse d'une frappe imparable (3-1, 71ᵉ).
Mahmoud Jaber a également fait son grand retour après cinq mois d'absence, tandis que Ben Old continue d'accumuler du temps de jeu.
La concurrence comme un moteur pour l'ASSE ?
Un levier précieux pour Ian Cathro dans un championnat de Ligue 2 éprouvant. "Une saison, c'est long, rappelle Antoine Chirat, journaliste à Onze Mondial, dans le dernier SNC. Il va y avoir des blessures et des pépins physiques."Déjà contre Dijon, des incertitudes planaient autour de Julien Le Cardinal, apparu grimaçant et se tenant la cuisse par moments.
Freiné par un pépin physique en ce début de saison, Jakob Breum a quant à lui fait son retour contre Montpellier, tout comme Mahmoud Jaber. "On l'a senti en forme, j'ai l'impression qu'il va pouvoir revenir à son niveau", note le journaliste qui voit surtout une concurrence s'installer dans ce secteur de jeu. "Il va y avoir une belle concurrence au milieu de terrain. Cela va être intéressant de voir les choix de Ian Cathro. C'est un joueur qui a un gros potentiel."
Une rivalité bénéfique pour pousser chaque joueur à dépasser ses limites au quotidien.
Un casse-tête à venir pour Ian Cathro ?
Cette densité d'effectif pourrait bien provoquer plus d'embouteillages que de sérénité. Le retour de Mahmoud Jaber remet notamment en question l'équilibre trouvé par Áron Csongvai et Tamar Svetlin. "On a déjà deux joueurs bien installés au milieu de terrain, qui semblent complémentaires et qui ont fait du bon boulot lors de leurs premières apparitions", analyse Béranger Tournier, journaliste pour Midi Libre.
Compliqué dès lors de trouver la bonne formule sans brider les talents. "Je serais très embêté que Mahmoud Jaber ne soit pas titulaire vu le potentiel du garçon. Mais qui sortir ? S'il fallait vraiment en sacrifier un des deux, j'essaierais peut-être une association Csongvai-Jaber."
Une abondance de biens qui reste toutefois une bénédiction tactique. "Csongvai et Jaber ont une plus grande expérience que Svetlin, même si ce dernier aime bouffer les espaces et combiner. Ce sont trois profils très différents, on ne va pas se plaindre d'avoir de la diversité."
Davitashvili bousculé par le phénomène Breum
Autre cas épineux, celui de Zuriko Davitashvili. Titulaire en force au statut XXL, le Géorgien peine à coller véritablement aux exigences collectives de Ian Cathro, au point d'être menacé par un Jakob Breum étincelant. "C'est ce côté soliste qui est énervant, pointe Béranger Tournier. C'est un mec de ballon, mais là, entre les premiers matchs de Breum et les derniers de Davitashvili, il n'y a pas photo. Tu en as un totalement inclus dans le projet de jeu et un autre qui a l'air un peu seul."
Pour lui redonner de l'air, une reclassification en pointe reste envisageable. "C'est une vraie possibilité, confirme Antoine Chirat. Davitashvili est peut-être le moins "Cathro-compatible". Pourquoi ne pas le tenter un cran plus haut en lui offrant plus de liberté, avec Breum en organisateur derrière ? Cela donnerait de la profondeur, même s'il fixe moins le jeu qu'un avant-centre classique. Mais il n'y a aucun monde où Breum ne retrouve pas sa place de titulaire. C’est de loin notre meilleur joueur."
Bernauer intouchable malgré le retour de Ben Old ?
En défense, l'embouteillage se confirme également dans le couloir gauche. Si le retour de Ben Old offre une option d'ailier pur plus percutant, Maxime Bernauer conserve une longueur d'avance dans l'esprit du staff. "Pour l'instant, Bernauer est intouchable, estime Antoine Chirat. Il est moins exposé défensivement grâce à la charnière, et son apport à la construction est indéniable. En tant que droitier à gauche, il repique pour orienter le jeu, ce qui correspond parfaitement à ce que cherche l'équipe. Cathro modifie très peu son onze, je le vois mal tout bouleverser."
Attention toutefois à l'arrière-garde, où la hiérarchie pourrait elle aussi bouger. Face aux pépins physiques récurrents et aux sautes de concentration de la charnière, Chico Lamba pourrait rapidement gratter du temps de jeu et bousculer la hiérarchie dans l'axe si l'inconstance de ses concurrents persiste.
