Laurent Roussey s’est penché sur l’équilibre du milieu de terrain de l’ASSE. Invité du média La Voix des Verts, l’ancien entraîneur stéphanois a livré son analyse de l’association entre Áron Csongvai et Tamar Svetlin. Deux joueurs dont il juge les profils très proches, avec une interrogation centrale : Saint-Étienne exploite-t-il pleinement les qualités de son entrejeu ?

Le milieu de terrain fait partie des secteurs largement remodelés par l’ASSE. Áron Csongvai et Tamar Svetlin se sont installés dans les choix de Ian Cathro et offrent au technicien deux joueurs capables de participer à la construction tout en assurant un volume important sans ballon. Leur association contribue à l’équilibre recherché par le staff, mais la complémentarité entre les deux hommes peut aussi poser question lorsque Saint-Étienne doit apporter davantage de présence dans les trente derniers mètres. C’est précisément sur ce point que Laurent Roussey s’est arrêté. L’ancien technicien des Verts ne remet pas en cause la valeur individuelle des deux milieux. Son analyse porte davantage sur la façon dont leurs caractéristiques s’additionnent au sein du système stéphanois.

Roussey juge Csongvai et Svetlin trop similaires

Sur La Voix des Verts, Laurent Roussey a expliqué pourquoi cette association l’interpelle depuis le début. "Quand on prend ces deux joueurs, effectivement, depuis le départ, je dis qu'ils ont un profil pratiquement identique." Une proximité qui n’est pas nécessairement problématique selon l’organisation choisie. L’ancien entraîneur de l’ASSE estime notamment que leur présence peut offrir une protection supplémentaire lorsqu’un joueur au profil plus offensif, comme Jakob Breum, évolue devant eux.

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"Mais ces deux profils-là, si c'est Breum devant eux, peut-être que ça soulage Breum, si tu veux, sur l'aspect défensif." L’idée est claire : avec deux milieux capables de maintenir l’équilibre derrière lui, le Danois peut bénéficier d’une liberté supérieure entre les lignes. Breum peut alors concentrer davantage son activité sur la création, les déplacements offensifs et les connexions avec les attaquants.

La réflexion de Roussey va toutefois plus loin. À ses yeux, cette organisation possède aussi une limite lorsque les deux joueurs situés plus bas ne proposent pas suffisamment de différences dans leur manière d’occuper le terrain. L’ASSE disposerait alors de deux profils proches là où une complémentarité plus marquée pourrait apporter d’autres solutions.

Un profil box-to-box manque-t-il à l’ASSE ?

C’est sur la capacité de projection que Laurent Roussey formule sa principale réserve. "Mais quand il y a Breum, là, un des deux devrait être un box-to-box. Il ne l'est pas. C'est une réflexion que j'ai. Pour l'équipe, tu ne tires pas le maximum de ce que tu pourrais dans un schéma comme ça."

L’ancien entraîneur stéphanois estime donc qu’un milieu capable de multiplier les courses vers la surface adverse donnerait une autre dimension à cette organisation. Cette lecture ne condamne pas l’association Csongvai-Svetlin. Elle pose plutôt la question de son utilisation selon le scénario du match et le profil du troisième milieu. Dans une équipe qui cherche régulièrement à contrôler le ballon, l’apport d’un joueur capable de casser une ligne par la course peut clairement modifier les rapports de force.

Cette question se pose également après la première défaite de la saison à Dunkerque (2-1). L’ASSE avait éprouvé des difficultés à maintenir son rythme et à imposer sa maîtrise au retour des vestiaires. Ian Cathro avait lui-même reconnu après la rencontre que son équipe avait souffert pour conserver le contrôle du match.

Pour Ian Cathro, l’enjeu sera de trouver le meilleur équilibre sans perdre les qualités déjà apportées par Csongvai et Svetlin. Le premier joue un rôle important dans les premières relances, tandis que le second participe au travail de récupération et à la circulation. La question soulevée par Laurent Roussey est ailleurs : lorsque Breum évolue devant eux, l’ASSE gagnerait-elle à disposer d’un milieu davantage tourné vers la projection ? Les prochaines rencontres apporteront des éléments de réponse.