"LA GRÊVE DE LA FAIM DE NON-RECEVOIR" - ASSE
« Il n’y a pas d’échec, il n’y a que des abandons. » Jean-Paul Sartre
The Final Countdown de Micheline (de la compta) : ROAD TO LIGUE 1 = -36 points
« Salut les gamins. Bon. Cette fois, j’ai vérifié deux fois, histoire d’être sûre : toujours rien à ajouter dans la colonne “points gagnés”. Zéro, comme la motivation collective. Le tableau commence à ressembler à un compte offshore : beaucoup de lignes, mais pas grand-chose dedans. Mathématiquement, on respire encore. Comptablement, ça tire. La 2ème place est hors bilan, la 5ème flirte dangereusement avec le 10ème, et le ventre mou nous fait déjà les yeux doux. Bref. Tant que ASSE n’est pas en faillite morale, je garde le dossier ouvert mais je ferme Excel pour aujourd'hui. À la prochaine échéance, les gamins. »
Salut les Groupies,
C’est le retour de votre cowboy JossRandall après cette nouvelle claque reçue à la piaule lors de cet ASSE-USBCO (1-0) du 31 janvier, qui pique encore beaucoup plus que la semaine dernière.
Quelle honte !!
Il y a des soirs où Geoffroy-Guichard ressemble à un théâtre municipal un lundi pluvieux : les lumières sont allumées, les acteurs présents, mais personne ne joue vraiment. L’ASSE avait rendez-vous avec son histoire, ou au moins avec la décence. Elle a choisi la sieste.
Bien au-delà du seul résultat (perdre à domicile contre le 15ème de L2, il n’y a déjà pas de quoi se l’exposer au musée de l’Homme pour épater les touristes), dans un match résonant comme une telle apologie du néant absolu, les gars, vous ne croyez pas qu’on force un peu au niveau de la soudure, là ?...
Alors à vous qui m’honorez de votre confiance depuis 10 ans comme d’autres sont honorés de Balzac, ne m’en voulez pas trop si je ne vous parle pas trop du match aujourd’hui, pas trop de foot en tout cas car je n’en ai pas vu samedi dans le Chaudron. Vingt-quatre heures plus tard, il ne me reste qu’une infinie gueule de bois, un rien entretenue je l’avoue par un After Gang Des Binouzes animé (faute d’amour et d’eau fraiche, je vis d’amis et d’alcool), juste ce qu’il faut pour faire oublier le système fiscal à l’humanité souffrante. Et surtout, ce sentiment inconfortable que nous voilà revenus à l’âge des cavernes (moi qui étais plutôt conditionné pour être de l’âge des tavernes).
Mais surtout, ce constat froid et implacable, chanté samedi à plusieurs reprises par les deux Kops : non, cette équipe n’est décidément pas digne de son public.
Chapitre 1 – OU COMMENT RATER SA SORTIE
C’était donc le dernier tour de piste d’EIRIK_ « MORNELAND »_ROVER sur le banc de l’ASSE. Une sortie par la porte de service, celle qui grince, coincée derrière les poubelles.
Pendant un peu plus d’un an chez les Verts, le Norvégien aura essayé d’imposer ses idées, son intensité, sa foi quasi luthérienne dans le pressing tous azimuts. Résultat : beaucoup de bruit, peu de musique, et un public qui cherche encore la mélodie.
Son passage à ASSE laisse l’impression d’un meuble Ikea monté sans la notice : ça tient à peu près debout, mais personne n’ose s’asseoir dessus. Des intentions louables, une communication propre mais malheureusement jusqu’au bout dans un anglais pas toujours facile à suivre (et ça reste quand même un signe d’intégration … ou pas !), mais un terrain et un groupe qui, eux, n’ont jamais vraiment répondu.
Et pour sa dernière, il fallait au moins une étincelle pour une sortie à peu près digne. On a eu une ampoule grillée. Rater sa sortie, c’est aussi un art. Celui-ci était parfaitement exécuté.
Arrivé l’hiver dernier pour incarner le projet très international du nouvel actionnaire, mais aussi un projet de jeu réputé protagoniste et offensif, sa bonne volonté et son implication – deux choses qu’on ne pourra pas lui reprocher – se seront au final avérées guères plus efficaces qu’un godemiché sur la statue de Diane. Et le match de samedi aura aussi révélé l’absence de connexion réelle entre lui et son groupe, car je n’ai pas vu une équipe qui s’est mise la rate au court-bouillon pour offrir une sortie par le haut à un coach dont la tête séchait déjà dans la corbeille depuis une semaine.
On peut d’ailleurs aussi questionner le process. Celui consistant à laisser sur le banc un homme dont le billet retour pour Oslo était déjà réservé depuis une semaine … Drôle d’idée. Je ne sais pas qui a pu penser chez KSV que c’était une idée brillante, mais là au moins, il a la réponse.
So long, EIRIK_LE_VIKING, merci pour tout, ou pour rien, mais bonne chance pour la suite, tu ne sembles pas être un mauvais gars dans le fond, et garde le CAP_HORN(ELAND).
Chapitre 2 – L’APOLOGIE DU VIDE ABSOLU
Parlons du match. Enfin, appelons-le ainsi par politesse administrative. ASSE contre USBCO, ou l’inverse, on ne sait plus très bien tant l’affaire fut symétrique dans le néant. Zéro rythme, zéro idée, zéro colère. Un match sans adjectif, parce qu’aucun n’ose s’en approcher.
Des matchs indignes, j’en ai vu quelques-uns dans le chaudron en plus de 20 ans. Mais des comme celui-ci, assez rarement j’avoue. Ça m’a pris à la gorge si brusquement que mon dentier s’en serait décroché si j’en portais un (comme dit mon dentiste, on n’est jamais assez bien prothésé).
La lecture statistique reflète bien une partie d’un niveau moyenâgeux chez nos Verts. Une seule suffit à mesurer l’ampleur du vide abyssal : à la maison, jouant le 15ème de Ligue 2, avec une possibilité de se replacer en haut après les autres résultats de la journée … 4 tirs, zéro cadré. Propre.
Côté joueurs, il serait fastidieux se lancer dans la liste des insuffisances individuelles, qui tournerait vite à l’inventaire à la Prévert. Mais il est curieux de noter que pour sa dernière, EIRIK_HORNELAND_ROVER avait fait le choix curieux de se priver de la seule tendance positive ces dernières semaines : les jeunes. Peut-être un message en forme d’ultime bras d’honneur à KSV, pour dire : « regardez ce que ça donne quand je mets les soi-disant titulaires que vous m’avez donné ».
Pas de liste, non, tant ils ont été tous transparents, à deux exceptions près, peut-être sur lesquelles je reviendrai brièvement plus tard.
Mais CARDONA_QUE_L'AMOUUUUR, IGOR_MILADY_LA_NOVICE, intégralement ridicules. GÉRARD_DE_TARDIEU et ses ailes qui touchent tellement la piste et depuis si longtemps qu’elles ont déjà rétrécies de 30%. STASSIN_LA_DEMI_LUNE qui n’aura finalement pas mis longtemps à retrouver son costume de fantôme dans la malle du grenier de papa. Et que dire de JOÃO_FERREIRA_ROCHER, qui ne méritait évidemment pas le 2ème jaune, mais faut-il être con à bécher de la flotte pour tenter ce tacle-là après avoir déjà pris un jaune en moins de 10 minutes ? Le vent qui souffle entre ses deux oreilles interroge encore beaucoup plus que ce qui se passe entre ses deux pieds.
Et pour rattraper un peu cette impression d’indigence absolue, seul le jeune PEDRO_L’ÂNE aura surnagé du marasme ambiant, et montré qu’il avait – a minima – de l’estomac. Et du caractère. Lui au moins a couru, braillé, tenté de secouer l’enclos. Les autres regardaient passer le ballon comme on regarde un train depuis un quai désert : sans billet et sans envie de monter.
Et aussi, un peu, GAUTIER_LARSOUILLEUR, qui aura évité le pire naufrage du 0-2 et tenté, un peu, de la relance offensive. Le seul de la bande du 18.10, l’exception qui confirme la règle, à montrer qu’entre boire ou jouer, on n’est pas toujours obligé de choisir. Mais lui est Breton, contrairement aux autres. CQFD.
Mais au global : zéro implication, et surtout aucun caractère, pas même de mauvaise foi. Le vide absolu, célébré collectivement.
Samedi, l’ASSE n’a pas seulement perdu un match. Elle a égaré un peu plus que ça : l’idée même de révolte. Nul ? Oui. Mais du nul qui fait l’effet d’une défaite morale, une de plus à empiler dans la cave.
Chapitre 3 – COMMENT LUTTER CONTRE LA GUEULE DE BOIS
Le lendemain, la tête est lourde. Mais il faut pourtant se lever et regarder devant. Notre ASSE va devoir digérer un hiver agité. Et si certains croient encore à la chimère de la montée en Ligue 1, au-delà du changement de coach, ça passera aussi par des forces nouvelles issues de l’Amère Catho D’hiver.
D’habitude, le mercato brasse du nom improbable et du point d’interrogation grandeur nature. Mais depuis leur arrivée, sur cet aspect-là, les KSV BOYZ nous ont habitué à maitriser l’information jusqu’au dernier moment, à travailler en silence, appliquant à la lettre la devise : « Fais tes projets en silence, la réussite se chargera du bruit ». J’aime bien l’idée en soi, mais force est de constater que jusqu’ici du moins, ça ne fait pas plus de bruit qu’une pensée libertine dans la tête d’une bigote.
Nous maintenir jusqu’au dernier moment dans l’ignorance, je le répète, n’est pas un souci en soi. Mais si l’ignorance est une page blanche sur laquelle il faut écrire la vérité, il serait quand même temps de s’y mettre les gars. Tic tac …
On nous a annoncé KANTÉ_PARTIRO (pour celle-là, je rends immediately à César ce qui appartient à l’excellent Professeur STACHOWSKY (@Soccerpopulaire) qui me soufflait que ce pseudo chanté par un Ténor italien aveugle était tout à fait pertinent avec la perspective d’un futur coach qui s’appelle MONTANIER). Il arrive pour enfin solidifier un milieu de terrain qui selon moi est le souci majeur à terme depuis le super-flop EKWAH_MA GUEULE_QU'EST_CE_QU'ELLE_A_MA_GUEULE. Mais c’est – à nouveau – un gosse.
Quant à Aboubaka_SOUMAHORO_SCOPE dont on nous parle ici et là, ça parait promettre beaucoup… mais surtout à ceux qui croient encore aux astres favorables. Un solide gaillard capable de tenir tous les postes gauches de la défense, vu l’hémorragie actuelle, ça fait du sens. Mais là encore, c’est un gosse.
Des gosses à potentiel, ça aura au moins le mérite de la cohérence stratégique côté KILMER. Mais les paris d’avenir dans un court terme qui prend feu, ça peut interroger.
Et il parait qu’on attend toujours ce défenseur central providentiel, celui qui parle peu mais tacle juste, pour pallier les absences longues durées. A voir …
Mais surtout, on se prépare à accueillir Philippe MONTANIER. Ironie délicieuse : un Ânier, par définition, est celui qui conduit les ânes. Plutôt bien vu, mais Bonne chance l’ami. La tâche est immense, le troupeau remuant, et la route semée de chardons.
Et je me permets de rappeler ici aux intégristes du fameux « choc psychologique » que ça ne suffit pas toujours…. Et que MONTANIER, ou n’importe qui d’autre, n’est pas David COPPERFIELD.
L’urgence n’est plus de bien jouer, mais de rejouer ensemble. De retrouver une dignité, une colonne vertébrale, un soupçon d’orgueil. Notre ASSE n’a plus le luxe de choisir ses batailles. Elle doit juste recommencer à les livrer.
CONCLUSION
Comme disait Victor Hugo « Il y avait de quoi reculer ; il avança ». De toute façon, nous n’avons pas bien le choix, je crois.
Il faudra du temps, du courage et un guide solide. En attendant, on serre les dents, on ferme le manteau, et on avance.
Même dans le brouillard.