"LES BONNES RÉSOLUTIONS, MAIS SANS RÉVOLUTION" - ASSE

« La sagesse commence dans l’acceptation de ses limites. » Albert Camus

The Final Countdown de Micheline (de la compta) : ROAD TO LIGUE 1 = – 39 points

« Salut les Gamins. Bonne Année, déjà, même si j’aurais aimé qu’elle commence mieux !
Bon, on va faire simple : au Mans, vous n’avez pas été « totalement » ridicules. Et vu la période, c’est déjà quelque chose. Vous n’avez pas donné de but en cadeau, vous avez tenu debout, et personne n’a sombré à la première contrariété. J’appelle ça une reprise propre. Pas brillante, mais propre. Devant, en revanche, on va arrêter de tourner autour du pot : l’attaque a fait illusion, mais pas peur. De la possession, des passes, des intentions, mais toujours cette incapacité chronique à faire mal quand il le faut. L’arbre est soigné, la forêt reste inquiétante.

Je note quand même des jeunes qui jouent sans trembler et une équipe qui a enfin compris qu’on défend à plusieurs. Alors je fais un petit effort, moi aussi. Je retire un point du décompte, et j’en rajoute un dans la colonne recettes. »

Salut les Groupies, C’est le retour de votre cowboy JossRandall pour la première de l’année, après ce #LMFCASSE du 3 janvier.

Tout d’abord, c’est évidemment l’occasion pour moi de vous souhaiter tout le meilleur pour 2026. Je commence par la santé, au risque sinon de passer pour une truite. Mais je vous souhaite principalement du bonheur ! Mais si je devais me fendre d’un petit conseil personnel à ce sujet, à votre place je ne mettrais pas toutes mes billes sur notre ASSE pour le côté bonheur, car le chemin semble encore long, et une accession directe à la L1 assez peu évidente pour le moment.

Le 3 janvier, c’est une date à la con. Juste après les fêtes, quand les bonnes résolutions sentent encore le neuf mais que le foie, lui, réclame une trêve humanitaire. Mais où on est pourtant déjà en train de se fêler les chicots sur la fève de la galette. Va comprendre, Alexandre !

Le 3 janvier, on promet d’arrêter de fumer, de manger moins gras, de répondre aux mails et de ne plus jamais croire aux discours d’avant-match. Et l’ASSE, fidèle à sa tradition millénaire, a débarqué au Mans avec la ferme intention de tout reprendre à zéro. Encore. Toujours.

Notre ASSE nous a donc présenté ses vœux sur le terrain gelé du pays des rillettes. Elle s’est pliée à la tradition de présenter une bonne résolution, celle d’arrêter de prendre autant de buts qu’un Curé peut en bénir, comme ce fut le cas en 2025. Mais pour ce qui est d’avoir une liste de bonnes résolutions plus longue et consistante, vous avez le bonjour d’Alfred !! Pas de révolution, ce match laissera à nouveau le goût amer de la frustration, celle d’un nouveau rendez-vous raté, de points que nos Verts auront à nouveau laissés filer. Un match que l’ASSE devait gagner, aurait pu gagner, aurait probablement DÛ gagner, mais sans jamais y parvenir. Et ça, ça ressemble à l’arrière-goût que laisse une persistante gueule-de-bois consécutive à une cuite d’il y a plus de 15 jours, mais qui te laisse dans la cathédrale quelques lancinantes répliques sismiques.

Le Mans – ASSE, ce n’était pas seulement un match de reprise. C’était une sorte d’inventaire. Une inspection technique. Un contrôle fiscal de nos illusions. Comme en 2025, l’ASSE encore fragile, mais l’ASSE toujours vivante, l’ASSE jamais vraiment morte, même quand elle s’acharne à se tirer des balles dans le pied avec la régularité d’un métronome suisse. Bref, l’ASSE, quoi.

Résolution n°1 : prendre moins de buts - ASSE

Il y a des vœux pieux et des vœux nécessaires. Ne plus prendre de buts, pour l’ASSE, ce n’est pas une résolution, c’est une question de survie. Une question d’hygiène. Une question de décence. Parce qu’à force d’encaisser, on finit par banaliser l’humiliation, et c’est là que tout fout le camp.

Au Mans, l’ASSE s’est présentée avec une idée simple : arrêter de défendre en regardant le ballon passer comme un TGV en gare de Châteaucreux. Du sérieux dans l’axe, bloc plus compact, lignes resserrées, latéraux moins à la pêche, milieux plus concernés. Ce n’était pas encore la muraille de Chine, mais au moins un muret en parpaings, posé un peu à l’arrache, mais posé quand même. Et ce face à une équipe Mancelle qui a opposé de l’intensité, au moins en début de match.

On a même vu des replis défensifs et de l’implication de la part des attaquants, MÊME de ZURIKO_DAVID_EST_CHEVELU. Là, je crois que tout est dit dans la prise de conscience de certains besoins. Et du coup, on a vu un gardien moins exposé, moins seul, moins abandonné comme une valise sans étiquette sur un quai de gare, et qui a donc pu se concentrer sur son job aux quelques moments-clés où on l’attendait.

L’ASSE a défendu comme une équipe consciente de ses limites. Moins de pressing suicidaire à 40 mètres du but, pas de défense en avançant quand personne ne couvre. Une forme de sagesse. Tardive, certes. Mais réelle. Les latéraux, eux aussi, ont montré de la bonne volonté. Moins de montées kamikazes, plus de rigueur dans le placement (quoique… A droite … ça se discute) …

J’ai bien aimé le calme et la précision des deux centraux dans les interventions et les coupures de lignes, en particulier le jeune PEDRO_L’ÂNE, qui prouve qu’il peut être une alternative crédible dans la rotation. Et côté gauche, on constate avec une certaine surprise mâtinée d’effroi que BEN_L’ONCLE_OLD a plutôt bien fait le taf, et qu’il n’a finalement pas à rougir tant que ça par rapport à EBENEZER_KOFI_ANNAN. Effroi oui, pour nos actionnaires, car ce dernier avait quand même été recruté en tant que spécialiste du poste, comme LASSANA_TRA_LALA_ORÉ … Ça interroge. Voir plus loin.

Cette première résolution a donc été globalement respectée. L’ASSE n’a pas paniqué. L’ASSE n’a pas explosé. L’ASSE a résisté. Et pour ce club, résister est déjà un progrès.

Résolution n°2 : à défaut d’émotions, au moins être efficace

Parce que dominer, c’est bien, marquer, c’est mieux

Vous connaissez l’histoire de vases communicants ? Et bien il suffit que l’ASSE règle, provisoirement, un de ses points faibles (la défense) pour qu’elle perde en même temps l’un de ses points forts (l’attaque). En espérant que là aussi, ça soit temporaire …

Samedi au Mans, l’attaque de l’ASSE a été aussi efficace qu’un couteau à beurre face à un cassoulet. Inoffensive comme un feu d’artifice mouillé : beaucoup d’attente, un peu de fumée, et à la fin rien qui explose. Même si Kocik (dans les prés ! 😊) a fait un bon match, il faut bien prendre un UBER pour se rendre très vite à l’évidence : l’ASSE lui a fait autant peur qu’un film d’horreur diffusé à 14h sur TF1.

Ah, l’efficacité offensive. Le serpent de mer. Le Graal. La pierre philosophale de l’ASSE moderne. On attaque, on combine, on arrive aux abords de la surface… et puis plus rien. Comme un moteur qui tousse à cinquante mètres de la ligne d’arrivée.

Au Mans, l’ASSE a pourtant montré des choses. Du mouvement. Des appels. Des dédoublements. Par moments, on a même vu du jeu, comme pendant 25 minutes en deuxième mi-temps. Avec des passes vers l’avant, des prises d’initiative, des tentatives. Ce n’était pas toujours juste, souvent brouillon, mais au moins vivant.

Mais au final, le problème est toujours le même : le dernier geste. Le dernier souffle. L’ASSE arrive à se créer des situations, mais pas à les transformer avec la régularité d’une équipe qui vise plus haut que le ventre mou.

L’efficacité, ça ne se décrète pas. Ça se travaille. Ça se recrute aussi, peut-être. Des attaquants on en a, mais un milieu capable de casser des lignes balle au pied, un joueur qui transforme une demi-occasion en vrai problème pour l’adversaire. L’ASSE ne peut pas se contenter de faire « presque » bien. Le football de haut niveau ne récompense pas le « presque ».

Ce qui est frustrant, c’est que l’ASSE n’est pas loin. Pas loin de marquer plus. Pas loin de faire basculer un match. Pas loin d’enchaîner. Mais le « pas » final  manque encore. Et sans efficacité, toutes les bonnes intentions finissent au cimetière des matchs nuls courageux.

Et à ce sujet, les regards ont beaucoup convergé vers STASSIN_LA_DEMI_LUNE, dont tout le monde attend un retour à des actes à la hauteur de ses (nombreuses) paroles. Il aura essayé, il aura été plutôt courageux dans sa participation au jeu, il aura fait les appels et se sera trouvé à plusieurs reprises au bon endroit, seulement voilà … A la fin c’est une bulle, loin de l’insolente efficacité des 6 mois de la fin de saison dernière. Et ça commence par la qualité technique défaillante sur le premier contrôle. A cause du terrain gelé, ou d’une tête pas encore complètement à l’endroit ? L’avenir à court terme le dira. Mais l’absence prolongée de L'AFFAIRE _DUFFUS ne lui laisse pas le choix que de devoir assumer très vite le statut qu’il revendique haut et fort par ailleurs.

Conclusion : 2026, que peut‑on se souhaiter, ou du moins espérer ?

La montée en L1 évidement, car c’est le projet. Et que nous y aspirons tous. Mais entre gitans, on ne va pas se tirer les cartes : la première place semble déjà hors d’atteinte, et il y a des candidats sérieux pour la 2ème place. Une montée directe, sans être déjà compromise, est en tout cas loin d’être acquise.

Alors, que peut-on attendre de cette deuxième partie de saison ? Déjà, un peu de cohérence. Si l’ASSE continue sur cette base défensive plus sérieuse, elle se donnera une chance dans chaque match. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est indispensable. On ne construit rien sur du sable.

Parmi les autres vœux, on peut aussi espérer les ajustements nécessaires lors de l’Amère Catho d’Hiver, histoire d’entretenir le rêve (soyons fous et rêveurs, puisque VIK_LE_VIKING dit n’être au courant de rien !! 😊). Et parce que l’ASSE ne peut plus bricoler éternellement, se tromper éternellement. Chaque saison de retard se paie comptant.

Pour cet hiver, peut-être un vrai numéro 6. Un chien de chasse avec du cerveau. Un type capable de couper les trajectoires, de faire faute intelligemment, de parler au ballon et aux partenaires. L’ASSE a bricolé, avec les moyens du bord, avec de la bonne volonté et quelques jambes fraîches. Mais le poste est stratégique. Sans un vrai 6, toute bonne résolution défensive ressemble à un régime sans légumes.

Et bien sûr, des latéraux … encore, car on en a pris, mais on s’est probablement trompés de fichier Excel, il ne devait pas être dans la bonne langue sans doute. Car malgré l’investissement estival, on sent que le chantier est toujours tristement ouvert. L’ASSE a besoin de vrais arrières latéraux, pas de coureurs de fond reconvertis en défenseurs par nécessité administrative.

On pourrait aussi formuler le vœu d’avoir un effectif avec moins d’absents, quelles qu’en soient les raisons. Il y avait encore beaucoup trop de trous dans la raquette samedi au Mans. A ce titre, le retour dans le groupe d’un CHICO_LAMBA_RASDUCHOIX (#LaGonfle) est déjà en soi une bonne nouvelle.

Enfin le vœu de revoir certains jeunes intéressants, car ils représentent les espoirs de demain. Ceux vus au Mans méritent mieux que des miettes. Ils méritent du temps de jeu, de la confiance, du droit à l’erreur. Parce qu’ils incarnent une énergie que l’ASSE a trop souvent perdue : celle de jouer sans calculer, sans traîner le poids des saisons ratées. J’ai déjà parlé de PEDRO_L’ÂNE, mais j’ai aussi bien aimé au milieu de terrain la première mi-temps de PAUL_LARGUEZ_LES_EYMARD. Et la deuxième, dans un poste qui lui est plus conforme, de HONI_SOIT_QUI _JAMALI_PENSE, probablement le plus régulièrement intéressant des jeunes de cette année.

Au final, Le Mans – ASSE ne restera pas dans les livres d’histoire. Mais ce match peut rester dans un coin de la tête comme le début d’autre chose. Pas une révolution. Juste une évolution. Un club qui arrête de se raconter des histoires et commence à écrire des phrases simples, mais compréhensibles.

Et comme d’habitude, en 2026, nous on sera là. À râler. À espérer. À aimer. Parce que l’ASSE, c’est ça. Un club qui te promet peu, te frustre beaucoup, mais te lâche rarement. Même quand il le devrait, peut-être.