Globalement dominatrice au Mans (0-0), l’AS Saint-Étienne a affiché des statistiques en sa faveur. Une situation récurrente cette saison, mais qui reste encore insuffisante. La lecture des données met en évidence un match maîtrisé dans l’ensemble, mais pauvre en situations. Retour sur le match en chiffre

En déplacement au stade Marie-Marvingt, l’AS Saint-Étienne faisait face à des Manceaux toujours invaincus depuis seize rencontres. Face à un Le Mans organisé et discipliné, les Stéphanois ont imposé leur rythme et confisqué le ballon, sans parvenir à transformer cette supériorité en occasions nettes. Un scénario que les chiffres confirment assez nettement et qui devient familier dans les productions stéphanoises. Retour en statistique sur le match nul (0-0) des Stéphanois.

Les chiffres d'un manque de déséquilibre

Avec 62 % de possession, l’ASSE a contrôlé le jeu sur la durée. Comme souvent, le volume de passes est important (553 tentées), avec une réussite de 83 %, largement supérieure à celle des Manceaux (70 %).

Cette maîtrise technique s’est accentuée dans le dernier tiers du terrain (72 % de passes réussies), preuve d’une présence installée dans le camp adverse. Mais elle s’est souvent limitée à une circulation latérale, sans accélérations suffisantes pour désorganiser le bloc local.

Les passes longues, utilisées pour contourner le repli adverse à la relance, se sont montrées peu efficace (52 % de réussite). L’ASSE a donc tenu le ballon, sans réellement casser les lignes ni mettre le bloc manceau en difficulté. Et lorsqu’elle est parvenue à créer du déséquilibre, l’ASSE a manqué de justesse dans le dernier geste.

Un avantage aux xG trop faible pour s'imposer

Sur le plan offensif, les indicateurs restent assez moyens. L’ASSE termine la rencontre avec un Expected Goals (xG) de 0,97, contre 0,66 pour Le Mans. Si l’écart existe, il reste faible au regard de la domination territoriale.

À court de solutions pour déstabiliser des Manceaux bien regroupés, les Verts ont multiplié les tentatives depuis différentes positions, sans réelle réussite. Sur 13 tirs tentés, seuls 3 ont été cadrés. Le xGOT (xG des tirs cadrés) ne dépasse pas 0,62, traduisant des tentatives globalement peu dangereuses pour le gardien adverse. Un chiffre qui explique en partie le mutisme offensif stéphanois.

Malgré deux grosses occasions, la meilleure attaque du championnat est restée muette. Dans un match fermé, ce manque de réalisme a pesé sur le bilan de la rencontre.

Une présence offensive peu efficace

L’ASSE a néanmoins occupé la surface adverse, avec 29 touches dans les seize mètres, contre 22 pour Le Mans. Mais cette présence n’a pas débouché sur des situations suffisamment franches.

Les centres ont rarement trouvé preneur (8 % de réussite), limitant l’impact du jeu sur les côtés. Les tirs ont majoritairement été pris sous pression, souvent excentrés ou contrés, malgré 8 tentatives dans la surface.

Les données dessinent le portrait d’une équipe présente dans les zones offensives, mais incapable de faire la différence dans les derniers gestes. Deux faces à faces manqués par Lucas Stassin et Irvin Cardona aurait pu offrir 3 points précieux.

Saint-Étienne solide défensivement

Défensivement, l’ASSE n’a concédé que peu de choses. Aucune erreur menant à un tir, un point notable au regard des difficultés observées ces dernières semaines. Ce regain de solidité et de concentration explique sans doute ce clean sheet, le sixième de la saison. Les Stéphanois ont bien lu les situations (14 interceptions) et globalement maîtrisé les transitions adverses. Mais cette solidité n’a jamais permis d’emballer la rencontre. Le rythme est resté constant, sans véritable temps fort décisif.

Les chiffres dressent ainsi le portrait d’une ASSE organisée, dominante dans le jeu, mais encore trop limitée dans la création de danger réel. La possession est là. Le contrôle aussi. Mais paradoxalement pour la meilleure attaque du championnat, l’efficacité offensive fait défaut.

Un constat qui explique ce 0-0 et prolonge une tendance déjà observée. Face aux blocs bas, les Verts peinent encore à transformer leur maîtrise en victoires.