L’AS Saint-Étienne se déplaçait ce samedi soir sur la pelouse de l’En Avant Guingamp, au stade du Roudourou, dans le cadre de la 23e journée de Ligue 2. Une affiche importante dans la course au haut de tableau, face à un concurrent direct, dans un championnat toujours aussi resserré. À l’issue de la rencontre, remportée par les Verts 1-0, les entraîneurs des deux équipes se sont présentés au micro de beIN Sports afin de livrer leur analyse et de revenir sur le scénario d’un match disputé et riche en enjeux.

Sylvain Ripoll (Guingamp) : "La sensation d’avoir raté cinq minutes de notre match, vraiment, entre la dixième et la quinzième minute, quand on prend les deux buts, ce qui nous a flingué la fin de la première mi-temps aussi. Et puis après, entre la deuxième mi-temps et notamment les dix premières minutes, avant le but gag un peu, ça nous laisse beaucoup de remords, beaucoup de regrets sur ce match-là.

Après, on peut se dire ça, parce qu’il va falloir quand même garder des choses et reproduire les bonnes périodes. Maintenant, c’est vrai que ce qui prédomine ce soir, c’est surtout la déception, parce que j’ai l’impression qu’en étant plus consistents, notamment en première mi-temps, et en ne faisant pas les erreurs qu’on a faites, contre une équipe comme Saint-Étienne on ne peut pas faire notamment cette première erreur-là, parce que forcément, ça change la donne. On avait bien attaqué le match. En deuxième mi-temps, on a la chance de revenir et on mérite de revenir. Et après, on a trois ou quatre situations où on doit égaliser.

C’est surtout qu’on ne voit quasiment pas ça dans les dix premières minutes. Mais après, vous prenez deux buts en trois ou quatre minutes, je ne sais plus exactement l’écart. Vous êtes menés 2-0 à la maison, on ne va pas rester en place non plus, on est obligés de prendre des risques et de s’ouvrir. Et à ce moment-là, on commence à perdre, à s’impatienter, à déjouer et à perdre des ballons dans le cœur du jeu. Et contre une équipe comme Saint-Étienne, forcément, en transition, ils nous ont fait mal. Il y a le fait d’être menés, forcément vous vous désorganisez un petit peu. Je pense qu’il y a eu une mauvaise gestion des émotions. On est menés 2-0 après les dix premières minutes. On a commencé à vouloir forcer des choses, à s’énerver après l’arbitrage, après ceci, après cela. Et on a déjoué, on a perdu des ballons dans le cœur du jeu. Et forcément, sur ces récupérations-là, ils nous ont fait très mal."

Ripoll ((EAG): " Je pense qu’après les deux buts, on s’est vraiment énervés"

"On doit se calmer, parce que je pense qu’après les deux buts, on s’est vraiment énervés et on a déjoué. Il faut garder de la tranquillité et remettre des choses stables en place, notamment dans la tenue du ballon, ne pas vouloir forcer des choses qui n’existent pas. Et puis surtout, on a décidé de prendre encore beaucoup plus de risques sur la capacité à rester en un contre un derrière, d’aller les chercher plus haut, de faire un test, toujours sortir un de nos défenseurs centraux. Après, on savait qu’on s’exposait à un contre de nouveau s’il y avait des pertes de balle inappropriées, comme il y a pu y en avoir auparavant. Je pense que c’est à ça que vous faites référence. Il y a des pertes de balle qui ne doivent jamais arriver quand vous voulez tenir le ballon. Forcément, vous vous ouvrez, vous laissez des espaces. Si ce sont des pertes de balle dans le déséquilibre, dans la projection, ce n’est pas grave. Mais si c’est dans la construction du jeu, dans le cœur du jeu, là, ça devient beaucoup plus gênant.

J’ai tendance à dire qu’à ce stade de la compétition, on est à la place qu’on mérite. Maintenant, c’est vrai que j’ai pas mal de regrets, notamment sur les derniers matchs. Il y en a eu aussi sur la première partie de saison. On va surtout s’attacher à garder ce qu’on a bien fait, parce qu’il faut prendre un peu de hauteur. Ce soir, il y a beaucoup de déception, donc il faut prendre un peu de recul, garder ce qu’on a bien fait et se dire que contre des adversaires de ce calibre-là, on ne peut pas faire ces erreurs-là. Il faut faire des matchs pleins, du début jusqu’à la fin, sans ces erreurs-là. On en a fait deux ou trois de trop. Et on a pu s’apercevoir aussi que cette équipe de Saint-Étienne a une force de frappe, en termes de vitesse, de vivacité, de projection, qui est presque inégalable dans la division. Donc il ne faut pas faire ces erreurs-là.

On était dans un scénario qu’on ne voulait pas. C’est-à-dire qu’eux pouvaient se permettre de gérer, nous limiter la profondeur et nous attendre. On a été obligés de s’ouvrir. Mais bon, c’est le scénario, c’est comme ça."

Philippe Montanier (ASSE) : "C'était chaud !"

Philippe Montanier (ASSE) : "Ah oui, c’était chaud ! C’est vrai qu’il y a eu un peu plus de tension. On a fait une très belle première mi-temps, on a réalisé ce qu’on voulait faire. Et puis après, on a une équipe de Guingamp… Je crois que tout le monde ne viendra pas gagner ici parce que c’est une belle équipe. C’est difficile de jouer ici. Ensuite, il a fallu tenir. Et je dirais que c’est une victoire qui me plaît aussi parce qu’elle est dans la difficulté, avec certaines valeurs qui sont chères à nos supporters : jouer avec le cœur, jouer avec les tripes. Il a fallu s’arracher, être solidaires, être unis jusqu’à la fin, et ils l’ont été.

On sait que c’est une division qui est dure, on sait qu’on va souffrir. Mais le plus important pour nous, c’est de souffrir ensemble, et aussi de jouer ensemble. Et quand on le fait, parfois on le fait bien. Maintenant, il aurait fallu avoir une meilleure maîtrise. Le scénario idéal, ce serait de mettre le troisième but sur la moindre opportunité pour tuer le match.

Boakye a cette polyvalence-là. Il est intéressant aussi sur les côtés. Sur les conseils d’Ilan, il faut rendre à César ce qui est à César : à Montpellier, il m’avait certifié qu’Augustine avait le talent pour jouer aussi ici, qu’il en avait la capacité. On l’a fait cette semaine, et en effet il a de l’activité, du volume, de la technique, du collectif. Il coche beaucoup de cases et forcément sa polyvalence nous intéresse beaucoup."

Montanier (ASSE) : "Je trouve qu’on a retrouvé une solidité défensive"

"Il y a eu beaucoup moins de maîtrise en deuxième mi-temps. Je pense que c’est dû à Guingamp, qui a vraiment bien pressé, qui a poussé avec ses supporters. Je dirais que c’est eux qui nous ont empêchés de bien maîtriser le ballon, de sortir, de mettre la pression. Peut-être un peu nous aussi, mais je trouve que c’est surtout eux. Ils ont fait une grosse, grosse deuxième mi-temps. Ils ont failli revenir. Forcément, dans ces temps faibles-là, il aurait fallu cette maîtrise pour garder le ballon, se projeter, le garder plus haut. On n’y est pas arrivés et ça prouve aussi ce qu’on disait aux joueurs : on apprécie cette victoire, mais il y a encore pas mal de travail à faire.

Je trouve qu’on a retrouvé une solidité défensive, même si c’était chaud en deuxième mi-temps. La première mi-temps doit être un bon exemple à reproduire, non plus sur 45, 50 ou 60 minutes, mais au moins sur 70 ou 80 minutes, en alternant cette solidité défensive, cette maîtrise collective, puis cette capacité, dans les 20 derniers mètres, à se projeter et à enchaîner vers l’avant.

C’est important de souligner le travail de Lucas Stassin. C’est vraiment un travail compliqué quand on joue à l’extérieur comme ça. Il a été précieux dans le harcèlement, il a gardé le ballon, il a fait les appels. Je pense qu’il va continuer. Il faut persévérer. A priori, il est proche de la passe décisive ou du but. Il faut qu’il persévère. Comme tu le soulignes, il monte à chaque fois d’un cran. J’espère que ça va continuer comme ça. Il n’y a pas de raison."