L'ASSE entre de plain-pied dans l'exercice 2026 - 2027 de Ligue 2. Après Montpellier, les Stéphanois ont passé le premier virage en tête et semblent indomptables. Décryptage dans le dernier Sainté Night Club.
Seule en tête avec cinq points d'avance, la formation de Ian Cathro ne pouvait rêver meilleur début de saison. En cinq rencontres, les Verts ont réalisé un sans-faute parfait en enchaînant cinq victoires consécutives, dont un ultime test passé haut la main contre la Paillade (3-1).
L'ASSE impose sa suprématie petit à petit
Mais pour la deuxième fois de la saison, les Stéphanois ne sont pas rentrés aux vestiaires avec l'avantage au score. La faute à des Montpelliérains morts de faim. "On a eu une première période assez compliquée, analyse Antoine Chirat, journaliste pour Onze Mondial, dans le dernier SNC. Montpellier a été très bon, notamment de la 20ᵉ ou 25ᵉ minute jusqu'à la pause. Le but que nous inscrivons arrive presque contre le cours du jeu, et nous nous faisons très rapidement punir dans la foulée (1-1)."
Les hommes de Ian Cathro sont toutefois parvenus à inverser la vapeur dans le deuxième acte, avec un bijou signé Augustine Boakye (2-1, 49e). "Dès le retour des vestiaires, nous voyons une équipe transfigurée. Ian Cathro a effectué quelques adaptations de positionnement, et l'équipe a changé de visage, tant dans le comportement que sur le plan tactique."
Car le tournant du match repose sur cette faculté qu'ont eue les Stéphanois à prendre le dessus sur un Montpellier au plus fort de la tempête. "Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas vu ça à Saint-Étienne. Montpellier n'a pas su quoi faire pendant vingt-cinq minutes et a pris l'eau."
Une capacité d'adaptation qui s'inscrit plus largement dans une hégémonie totale de l'ASSE sur ses concurrents. "L'ASSE est l'équipe qui marque le plus, qui tire le plus, qui cadre le plus, et qui possède le plus grand pourcentage de tirs cadrés ainsi que la plus forte possession de balle", analyse le journaliste. Ian Cathro compte également sur les qualités individuelles de ses joueurs pour faire la différence. "Áron Csongvai a le plus de passes tentées et réussies, tandis que d'autres mènent au classement des passes décisives."
Une accumulation de marqueurs qui traduit une domination globale sur ces cinq premiers matchs.
"Ils nous voient vraiment imprenables cette saison."
La machine stéphanoise pourrait toutefois rapidement s'enrayer. "Quand nous étions premiers après les six ou sept premières journées il y a quelques années, nous étions considérés comme l'ogre du championnat. Mais le soufflé était vite tombé et ce statut n'avait tenu qu'un mois, rappelle Bérenger Tournier, journaliste pour Midi Libre.
Mais cette fois, Saint-Etienne semble avoir les armes pour assumer ce statut de favori. "Pour avoir discuté avec pas mal d'entre eux, ils nous voient vraiment imprenables cette saison." Pourtant, l'adversité est particulièrement relevée cette saison. "Une bonne partie des équipes qui risquent de nous mettre en difficulté sont déjà en haut du tableau. Reims et Metz connaissent bien ce championnat. (...) Je mettrais ces trois équipes en tête. Je n'ai pas encore vu Nantes à l'œuvre, mais sur le papier ils ont des joueurs de haut niveau."
Et même si les Verts sont venus à bout de la formation Montpelliéraine, la Paillade est suffisamment calibrée pour embêter les Verts sur le reste de la saison. "Quand ils vont emmagasiner de l'expérience, ils seront dangereux."
Une invincibilité à aller chercher ?
Pour maintenir le cap sans s'égarer, les hommes de Ian Cathro peuvent viser l'invincibilité. "Inconsciemment, cela leur donne un objectif à aller chercher, souligne Bérenger Tournier. Le petit pourcentage d'exigence qui pourrait manquer à un moment donné peut venir de là. (...) C'est une carotte interne très intéressante pour se dire de ne rien lâcher."
Avec la trêve qui approche (10 octobre), l'ASSE doit enchaîner deux déplacements délicats à Dunkerque (12 septembre) puis à Metz (19 septembre). Deux rendez-vous qui, déjà, mettront à rude épreuve l'écurie stéphanoise.
