Le sujet est sur la table depuis quelques semaines. Et son dénouement se fait attendre. La dissolution des groupes de supporters fait débat du côté de l'ASSE. Encore face à Dunkerque, ils étaient nombreux à dénoncer cette menace. Décryptage dans le dernier Sainté Night Club.

Avec la victoire face à Dunkerque (2-1), les Stéphanois ont confirmé leur statut de prétendant à la montée.

Surtout, encore à égalité à l'heure de jeu, l'ASSE a repris les devants par l'intermédiaire de Zuriko Davitashvili, son meilleur buteur (2-1, 66'). Mais au-delà du terrain, c'est dans les tribunes que le spectacle a été le plus impressionnant. Ils étaient plusieurs centaines à manifester ce samedi dans les rues de Saint-Étienne.

"Le cortège, composé de 4 000 à 5 000 personnes si on suit les estimations, est un énième témoignage, affirme Karl, chroniqueur pour Peuple Vert. Comme la marche de l’an dernier en plein centre-ville, il montre bien une chose : Saint-Étienne sans ses kops et sans ses deux groupes, ce n’est pas Saint-Étienne".

Un rassemblement massif dans toute la France

Mobilisés en masse, les supporters Stéphanois ont fait front commun à la menace de dissolution lancée par le Ministère de l'Intérieur.

"Il y a aussi, encore une fois, cette ambiance exceptionnelle à Geoffroy-Guichard", rappelle Karl, qui reste marqué par le rassemblement. "La manifestation, le cortège de milliers de Stéphanois avant le match, à proximité du stade".

"Ce qui se manifeste encore, c’est le soutien unanime. Il y a un vrai élan dans la ville de Saint-Étienne, dans tout son écosystème, que ce soit politique, associatif ou citoyen. On voit même un front politique derrière les ultras qui va de La France Insoumise au Rassemblement National."

... même chez les Bad Gones

Et dans les tribunes d'autres stades, le soutien est unanime. "Il y a aussi le soutien des autres tribunes. Cette banderole inattendue chez les Bad Gones, notamment. Elle n’est pas restée longtemps, mais le fait même qu’ils apportent leur soutien aux Magic Fans et aux Green Angels, c’est fort", souligne Karl. Ça montre la gravité de la situation.

"Parce que, comme beaucoup le disent, si aujourd’hui ce sont les groupes stéphanois qui disparaissent, demain ce seront ceux de Marseille, de Paris, de Lens, de Lyon, et de tous les stades français. L’enjeu dépasse clairement le cadre stéphanois."

Un ancrage qui s'inscrit au-delà de l'ASSE

Une telle mobilisation souligne l'importance des groupes à Saint-Étienne. "Tout ça montre qu’ils sont indispensables à cette ville, à ce club et à ce stade. Pour moi, en ce moment, c’est ça le plus important, bien plus que l’enjeu sportif."

Car les Magic Fan et les Green Angel participent activement à la vie locale. "Parfois, les groupes prennent sous leur coupedes jeunes en difficulté", observe Pascal Pacaly, invité du jour. "On parle aussi, par exemple, des actions contre le cancer, qui sont aujourd’hui un peu mieux valorisées. Mais c’est vrai qu’il y a un vrai rôle social derrière tout ça".

Ligue 2 : L'ASSE se PAYE Dunkerque et à Troyes DANS LE VISEUR !