L’AS Saint-Étienne recevait le Stade Lavallois ce samedi soir à Geoffroy-Guichard, dans le cadre de la 24e journée de Ligue 2. Une rencontre importante pour les Verts dans un championnat extrêmement serré, face à une équipe mayennaise en quête de points précieux. À l’issue de la rencontre, remportée par l'ASSE sur le score de 2 buts à un, les entraîneurs des deux formations se sont présentés au micro de beIN Sports afin de livrer leur analyse et de revenir sur le scénario d’un match engagé et riche en enjeux.
Olivier Frapolli (Laval) : "Saint-Étienne était capable d’avoir de gros temps forts, mais peut-être aussi, sur la durée du match, d’avoir des difficultés à maintenir cette cadence. Nous, il fallait toujours rester dans le coup. Et dans le coup, on l’a été jusqu’au bout, puisqu’on n’était mené que par un but d’écart. Ça nous a permis de prendre un maximum de risques en deuxième mi-temps.
Mais il y a des regrets, parce qu’on n’a pas besoin de faire des cadeaux dès la première minute de jeu. On les met dans le scénario idéal et c’est regrettable. On égalise sur un joli but et, derrière, pareil, on se fait avoir. On est passif sur un joueur. On sait très bien qu’à cette distance-là, sur son pied gauche, ça fait souvent mouche. Donc oui, il y a des regrets, parce que je pense que ce soir, il y avait la possibilité pour nous de ramener un point."
Frapolli : "Il faut du temps pour trouver la bonne formule"
C’est mieux depuis un petit moment. On avait nos quatre recrues ce soir pour la première fois, dont une qualifiée seulement depuis le début de la semaine. Mais on a du retard. C’est plus cohérent et consistant depuis quelques matchs, même si ça ne nous a pas amené forcément des victoires sur des rencontres où je pense qu’on méritait de prendre des points. On reste une équipe solide, difficile à jouer, ce qui correspond aux caractéristiques de notre club. Mais le retard entraîne une pression supplémentaire chaque week-end. À chaque match sans victoire, on ajoute une touche de pression. L’enjeu, c’est de réussir à jouer libérés sans trop penser à tout ça.
Il nous manque un peu plus de confiance. Offensivement, on intègre des joueurs progressivement, avec des degrés de forme disparates. Il faut du temps pour trouver la bonne formule, mais le temps, on ne l’a pas. C’est la difficulté aujourd’hui. On doit rester combatifs parce qu’on a encore les moyens de s’en sortir. On a deux matchs à domicile. Il faudra prendre des points."
Philippe Montanier (ASSE) : "On a fait ce qu’on avait préparé"
Philippe Montanier (ASSE) : "Une belle première mi-temps ? Oui, j’ai le même sentiment. On a fait ce qu’on avait préparé : avoir une bonne maîtrise, fixer d’un côté, aller de l’autre, entrer dans la surface et être dangereux. En deuxième mi-temps, on prend un but sur leur seule occasion. Mais ça nous a réveillés, ça nous a fait du bien. On est reparti de plus belle. Ensuite, on est resté un peu sur un mauvais rythme. Même si, dans l’ensemble, je pense qu’on mérite de gagner, vu les stats et les occasions de but. Mais quand vous restez à seulement un but d’écart, ce n’est jamais gagné. Laval a joué sa chance à fond, ce qui fait qu’on est un petit peu mi-figue, mi-raisin sur cette deuxième mi-temps.
Je pense, et je le dis souvent, que c’est multifactoriel. C’est un sport tellement complexe qu’il y a plusieurs paramètres qui entrent en jeu. On a gagné moins de duels en deuxième mi-temps, et ça a fait défaut. Peut-être aussi psychologiquement, comme vous dites. Moi, je n’étais pas là avant, mais il y a peut-être encore une petite crainte. On est un peu entre deux : on veut y aller, mais attention. Et surtout, ce qui nous a manqué, c’est de tuer le match. Si on marque le troisième, c’est un tout autre scénario. On a eu les opportunités, mais tant qu’on ne marque pas, jusqu’à la fin, on reste un peu tendu."
Montanier (ASSE) : "Lucas Stassin ? Je trouve qu’il a fait un match énorme"
"Un problème physique ? Peut-être. Mais ce qui est curieux, c’est que les stats du dernier quart d’heure sont en notre faveur, en termes de possession et de rythme. On se pose forcément la question. Quand on voit les stats du dernier quart d’heure, on se dit finalement qu’on a bien fini, peut-être grâce aux remplaçants. On a eu la possibilité de bien terminer, on n’a pas été sous pression, on a gardé le ballon chez eux. Je pense qu’il y a aussi une notion de duels et de technique, parce qu’on a eu beaucoup plus de déchets. On ne peut pas parler de fatigue dans le premier quart d’heure de la deuxième mi-temps.
Donc voilà, multifactoriel, on va rester là-dessus. À nous d’isoler deux ou trois facteurs pour progresser et travailler.
L’objectif ? Le maintien. Dans les deux premières places.
Lucas Stassin ? Je trouve qu’il a fait un match énorme. J’aimerais voir ses stats physiques, parce qu’il a fait les appels, il a été au duel, il a fait les remises, il a vraiment joué en équipe. On a tous envie qu’il soit récompensé de ses efforts et du travail qu’il fait pour l’équipe. C’est un buteur, il a besoin de marquer, mais nous, on sait que c’est un joueur très important dans notre groupe.
La confiance du groupe ? Je le trouve de plus en plus solide, avec de l’abnégation. On a concédé très peu de tirs dans le match. Sur les trois derniers matchs, on a plutôt bien protégé Gautier (ndlr : Larsonneur). On a de plus en plus confiance dans notre bloc défensif. Mais dès qu’on est un peu étirés, moins compacts, on est plus en difficulté. Il faut qu’on travaille ça. Les trois victoires commencent aussi à donner de la confiance. On voit le potentiel qu’on a, même s’il n’est pas encore à 100 %."