Face à Dunkerque, les hommes de Ian Cathro ont payé au prix fort les largesses de leur portier, Gautier Larsonneur. Mais le mal pourrait être plus profond. Décryptage dans le dernier Sainté Night Club.
L'ASSE a pris l'eau pour la première fois de la saison le week-end dernier. A Marcel-Tribut, les Verts ont encaissé autant de buts que de tirs cadrés. Et, logiquement, c'est Gautier Larsonneur qui est pointé du doigt. "Sur le deuxième but (ndlr Keita à la 58e), c'est dingue, le placement est fou", souligne Gabriel, rédacteur et chroniqueur pour Peuple Vert.
Une copie difficile qui prolonge les lacunes affichées par le gardien depuis des mois. "J'ai vraiment l'impression qu'on a un joueur qui est complètement effacé, qui n'a plus vraiment envie d'être là." Un constat partagé par un bilan comptable négatif depuis le coup d'envoi de la saison. L'ASSE affiche un pourcentage d'arrêts de 62,5% sur les six premières journées de Ligue 2. Une donnée qui s'inscrit bien loin des 83,3 % du FC Metz.
Mais la source du mal pourrait bien être structurelle.
Larsonneur englué dans une spirale négative
Certes en difficulté depuis plusieurs mois, Gautier Larsonneur est régulièrement visé par des messages violents sur les réseaux sociaux. "Il y a certaines fois où c'est clairement du harcèlement", assure Gabriel. L'épisode de la caméra repoussée par le portier stéphanois en début de saison avait déjà cristallisé la colère des supporters. "Il y avait eu des messages, mais t'avais l'impression qu'il avait tué quelqu'un, franchement, juste pour cette chose-là, où là, c'était beaucoup trop."
Et le bien être mental de Gautier Larsonneur commence à poser question. "Je pense qu'il n'est pas aveugle des réseaux sociaux non plus. Et à mon avis, ça ne doit pas jouer mentalement positivement de voir qu'on est insulté tous les deux jours." Un contexte lourd à porter lorsqu'il s'agit d'être performant chaque week-end.
Le cas Bédénik interroge
D'autant que la direction stéphanoise ne semble pas être des plus impliquées dans cette gestion de crise. "Je pense qu'il y a un manque d'intelligence au club sur ce sujet", note Alexandre, rédacteur et chroniqueur pour Peuple Vert. "En interne, peut-être qu'à un moment donné, on dit à son gardien, de mettre pédale douce, de se concentrer sur l'essentiel."
L'entraîneur des gardiens, Jean-François Bédénik, est notamment pointé du doigt. "Je pense qu'il faut le questionner. Si Larsonneur baisse en performance et en confiance, évidemment que son rôle à lui est primordial." La relation entre les deux hommes, plus "copain-copain que manager-joueur", observe Garbiel, pourrait être un enjeu majeur pour la suite de la saison.
