Après une saison qui s'est achevée sur une nouvelle désillusion sportive, l'AS Saint-Étienne a lancé un chantier majeur à Geoffroy-Guichard. Depuis plusieurs jours, la pelouse du Chaudron est en cours de remplacement complet. Derrière cette opération spectaculaire se cache une transformation technologique qui doit permettre au stade stéphanois de rejoindre un cercle très restreint en France.
Installée en 2014, l'actuelle pelouse de Geoffroy-Guichard arrivait en fin de cycle. Après onze années de service, les infrastructures situées sous le terrain commençaient à montrer leurs limites malgré le travail quotidien des équipes chargées de son entretien.
Sous la surface de jeu, plusieurs couches techniques assurent aujourd'hui le bon développement du gazon. On y retrouve notamment une structure favorisant la croissance des racines, une couche drainante ainsi qu'un système hors gel indispensable au bon fonctionnement du terrain tout au long de l'année, comme l'explique une vidéo publiée par Saint-Étienne Métropole.
Avec le temps, ces équipements ont progressivement perdu en efficacité. Le système hors gel est devenu plus fragile tandis que la couche technique s'est fortement compactée. Une évolution naturelle qui limite désormais le développement des racines et complique l'entretien du terrain.
Une reconstruction complète du terrain
Le chantier actuellement en cours ne consiste pas à remplacer uniquement le gazon. C'est toute la structure de la pelouse qui va être reconstruite. L'ancienne couche technique sera entièrement retirée avant d'être revalorisée. Le système hors gel sera remplacé et une nouvelle couche sableuse de quarante centimètres sera installée sous la surface de jeu. L'objectif est clair : offrir aux jardiniers des conditions optimales pour maintenir une pelouse de très haut niveau tout au long de la saison, malgré l'enchaînement des matchs et les contraintes climatiques que l'on sait parfois rudes à Saint-Etienne. Cette modernisation doit également réduire les interventions lourdes qui se multipliaient ces dernières années.
Une technologie unique ou presque en France
La véritable nouveauté se situe toutefois dans le système de subirrigation qui accompagnera cette nouvelle pelouse de Geoffroy-Guichard. Concrètement, l'eau de pluie récupérée sera stockée dans une cuve existante de 450 mètres cubes. Elle sera ensuite redistribuée directement sous la pelouse afin d'alimenter les racines en fonction des besoins réels du terrain. Contrairement à un arrosage classique effectué en surface, ce procédé permet d'apporter l'eau directement au cœur du système racinaire. Les bénéfices sont nombreux. Le gaspillage d'eau est fortement réduit grâce à un circuit fermé. L'humidité en surface diminue également, ce qui limite l'apparition de maladies et de champignons. Par conséquent, le recours aux traitements devient moins fréquent. Selon les projections du projet, jusqu'à 50 % d'eau pourraient être économisés grâce à cette technologie.
Geoffroy-Guichard rejoint un cercle très fermé
Au-delà de l'aspect environnemental, ce chantier confirme la volonté de moderniser le Chaudron. Avec cette nouvelle installation, Geoffroy-Guichard intégrera un cercle extrêmement restreint. À l'issue des travaux, le Chaudron deviendra l'un des deux seuls stades français à bénéficier d'un système de subirrigation de nouvelle génération.
Une évolution stratégique pour l'avenir. Alors que l'ASSE prépare une nouvelle saison en Ligue 2 avec l'ambition de retrouver l'élite, le club poursuit en parallèle la modernisation de ses infrastructures. Une manière de rappeler que, même loin de la Ligue 1, Geoffroy-Guichard continue d'investir pour rester une référence du football français. Aux joueurs de suivre cette dynamique !
