En déplacement au Stade du Roudourou, l’AS Saint-Étienne s’est imposée 2-1 face à l’En Avant Guingamp et signe une deuxième victoire consécutive en championnat. Une série qui n’était plus arrivée depuis le mois de novembre et qui permet aux Verts de grimper à la 3e place, à seulement un point de l’ESTAC Troyes. Retour sur les chiffres de cette victoire clinique.
Pour le compte de cette 23ème journée, l’ASSE s’est offert le scénario idéal grâce à un doublé rapide de Zuriko Davitashvili. Auteur de ses 9e et 10e buts de la saison. Les deux premières véritables incursions stéphanoises se sont transformées en buts, illustrant l’efficacité clinique des hommes de Philippe Montanier.
Le système en 4-2-3-1, modulable selon les phases de jeu, s’est encore montré pertinent. En phase défensive, le bloc coulissait en 4-5-1 compact, avant de se projeter en 4-3-3 lors des transitions offensives. L’idée était claire : laisser le ballon, contrôler les espaces et frapper en contre.
À la pause, les chiffres traduisaient cette efficacité clinique : 9 tirs, 4 cadrés, 6 frappes dans la surface et 1,58 xG pour deux buts inscrits. Lucas Stassin aurait même pu alourdir la marque, sa tentative venant heurter le montant d’Ortola.
Victoire en première, et une seconde sous pression
Malgré une entame volontaire des Guingampais, Saint-Étienne a su faire le dos rond avant de punir. Guingamp ne totalisait que 0,20 xG à la mi-temps pour 4 tirs dont un seul cadré.
La physionomie change radicalement après la pause. Menés 2-0, les Bretons haussent le ton et font reculer les Verts. Les statistiques illustrent ce renversement : 1,45 xG pour Guingamp en seconde période contre seulement 0,29 pour l’ASSE.
Saint-Étienne a alors choisi de gérer, parfois à la limite. Une gestion des temps faibles qui aurait pu coûter cher, mais qui témoigne aussi d’un changement d’approche.
Le choix assumé d'un pragmatisme clinique
La possession de balle (37 % pour l’ASSE) confirme le revirement stratégique observé ces dernières semaines. Sous l’ère d’Eirik Horneland, la maîtrise du ballon était davantage recherchée. Désormais, le pragmatisme prime.
Les 44 ballons dégagés par les Stéphanois, contre seulement 5 pour Guingamp, traduisent cette volonté d’assumer les temps faibles plutôt que de s’exposer.
Dans l’entrejeu, Abdoulaye Kanté n’a touché que 46 ballons, mais son influence a été capitale. 11 duels disputés, 86 % de passes réussies et un rôle essentiel dans l’équilibre du bloc. Augustine Boakye, repositionné plus bas, a lui aussi apporté une densité physique précieuse face au gabarit breton.
Un état d’esprit irréprochable
Dominée dans la possession et sous pression en seconde période, l’ASSE n’a pas rompu. Solidarité défensive, discipline tactique et efficacité dans les deux surfaces ont permis aux Verts de sécuriser trois points précieux.
Symbole de cet état d’esprit : les efforts consentis par les latéraux dans les tâches défensives. Ben Old et Kévin Pédro ont chacun disputé 12 duels. Le jeune joueur, qui prend de plus en plus d’ampleur dans le collectif stéphanois, a d’ailleurs remporté 100 % de ses duels aériens et réussi 100 % de ses tacles.
Au-delà du résultat, cette victoire illustre une évolution mentale. Saint-Étienne sait désormais gagner autrement, en acceptant de souffrir et en s’appuyant sur une rigueur collective.
Dans la course à la montée, ce succès au Roudourou pourrait bien marquer un tournant.