Après douze années d'utilisation, la pelouse de Geoffroy-Guichard a été entièrement renouvelée cet été. Saint-Étienne Métropole a consacré 2,3 millions d'euros à ce chantier de deux mois. Derrière cette rénovation se cache surtout un changement de technologie : le Chaudron dispose désormais d'un système d'irrigation encore très rare dans les stades français et vise des rencontres pour la coupe du monde 2038.
Les travaux ont débuté le 1er juin, au lendemain du Match des Héros organisé le 31 mai à Geoffroy-Guichard. La précédente pelouse arrivait au terme d'un cycle particulièrement long et Saint-Étienne Métropole a profité de son remplacement pour revoir la structure du terrain. Le chantier ne s'est donc pas limité à poser un nouveau gazon. L'objectif était également de réduire la consommation d'eau et de mieux contrôler les conditions dans lesquelles la pelouse évolue tout au long de la saison. Pour y parvenir, une technologie baptisée Aquaflow a été installée sous le terrain. Anna Silve, responsable marketing de Natural Grass, en explique le principe sur TL7 : "C'est un système d'irrigation pour pelouse de sport qui fonctionne en circuit fermé et qui repose sur ce qu'on appelle la subirrigation, c'est-à-dire l'irrigation par le sol."
ASSE : une nouvelle technologie sous Geoffroy-Guichard
Le fonctionnement tranche avec l'arrosage traditionnel visible avant les rencontres. Une réserve d'eau se situe désormais sous la pelouse et son niveau peut être ajusté selon les besoins du gazon. "On peut faire monter cette nappe d'eau ou la faire descendre. En fonction des besoins de la pelouse, on ajuste le niveau d'eau et la pelouse va aller se nourrir par capillarité", détaille Anna Silve.
Le système doit notamment inciter les racines à aller chercher l'eau plus profondément. "Quand on va faire monter la nappe d'eau jusqu'au niveau des racines, les racines vont aller creuser en profondeur pour aller se nourrir d'eau directement dans l'eau qui est contenue dans le terrain."
Le circuit fermé doit permettre d'adapter la quantité d'eau issue du réseau aux besoins réels de la pelouse. Des capteurs complètent le dispositif. Ils recueillent en temps réel différentes données agronomiques et donnent aux équipes chargées du terrain la possibilité d'intervenir avec davantage de précision. L'irrigation peut notamment être ajustée selon les différentes zones de la pelouse.
Geoffroy-Guichard veut aussi limiter les maladies du gazon
La réduction de la consommation d'eau n'est pas le seul objectif de cet investissement de 2,3 millions d'euros. Arroser une pelouse par le dessus durant les épisodes de forte chaleur maintient les feuilles humides. Associée à des températures nocturnes élevées, cette humidité peut favoriser certaines maladies.
José Machado, responsable du site de Geoffroy-Guichard, souligne l'intérêt du nouveau procédé : "Le fait d'arroser quand on a de fortes canicules par le dessus, avec des températures nocturnes très fortes, va venir mouiller la feuille. C'est ce temps d'humectation avec la chaleur qui va créer des maladies."
La subirrigation doit réduire ce phénomène puisque l'essentiel de l'apport en eau s'effectue directement sous la surface. "Aujourd'hui, on va arroser plus par le bas, on va apporter de l'eau aux besoins de la racine. On réduit énormément le risque. L'idée, c'est de réduire le risque phytosanitaire en cassant un peu tout ce qui le favorise", poursuit José Machado.
Pour l'ASSE, l'intérêt est aussi sportif. La maîtrise de l'humidité et de l'irrigation doit contribuer à conserver une surface plus régulière au fil des saisons et des conditions météorologiques.
ASSE : le Chaudron pense déjà à la Coupe du monde 2038
Cette technologie reste peu répandue dans les enceintes françaises. Geoffroy-Guichard devient seulement le deuxième stade en France à utiliser ce système, après Jean-Bouin à Paris. Un nouveau statut qui dépasse le cadre des rencontres de l'ASSE.
Saint-Étienne Métropole inscrit en effet cette rénovation dans une réflexion à beaucoup plus long terme autour de Geoffroy-Guichard. La collectivité affiche notamment l'ambition de positionner le stade stéphanois parmi les enceintes susceptibles d'accueillir la Coupe du monde 2038, si la France (et l'Allemagne ?) venait à être concernée par l'organisation de la compétition.
Avant cette échéance encore lointaine et hypothétique, la nouvelle pelouse va surtout accompagner le quotidien des Verts. Les joueurs de Ian Cathro disposent désormais d'un terrain entièrement rénové, douze ans après la précédente installation. Un investissement conséquent pour Saint-Étienne Métropole, avec une priorité affichée : mieux maîtriser la consommation d'eau sans dégrader les exigences sportives liées à l'utilisation régulière de Geoffroy-Guichard.
