Une première faille structurelle pourrait commencer à se dessiner à l'ASSE. Celle du décalage entre le statut de certains Stéphanois et leur grille salariale. Décryptage dans le dernier Sainté Night Club.

Augustine Boakye attise les convoitises. Il y a quelques jours, Foot Mercato révélait que plusieurs prétendants, dont Anderlecht, Norwich et Wrexham, étaient à l'affût pour s'attacher les services de l'attaquant ghanéen.

Mais bien que l'ASSE se montre pour l'instant inflexible sur ce dossier, sa rémunération pourrait néanmoins peser lourd dans la balance. L'attaquant a "un salaire qui n'est pas forcément équivalent au statut qu'il a dans l'équipe", tempère Clément, rédacteur pour Peuple Vert. C'est le cas de plusieurs Stéphanois, qui perçoivent des rémunérations parfois bien inférieures à celles de coéquipiers relégués sur le banc.

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Une asymétrie qui risque d'alimenter les envies d'ailleurs. "C'est une raison supplémentaire qui pourrait le faire pencher pour un départ."

Un malaise qui peut vite s’installer à l'ASSE ?

Le Ghanéen n'est pas le seul à subir ce décalage entre le statut sportif et la grille salariale. "Pedro a également prolongé jusqu'en 2030, alors qu'il n'avait que quelques matchs de Ligue 2 dans les jambes. Aujourd'hui, son statut a totalement évolué", analyse le rédacteur, alors que l'Equipe révélait que Joao Ferreira (19 matchs de Ligue 2) touchait 35 000 € par mois la saison dernière.

Une situation qui, à terme, risque de fragiliser l'équilibre interne du groupe. "Cela peut devenir une vraie problématique dans un vestiaire. C'est quelque chose qu'il ne faut pas négliger. Cela peut aussi expliquer certaines motivations de départ chez certains joueurs."

Un levier managérial que la direction stéphanoise hésite pourtant à actionner. "Il semble que Kilmer Sports ne soit pas particulièrement friand de ce genre de revalorisations. Les joueurs ont leur ego, et voir son remplaçant être mieux payé que soi peut légitimement créer de la frustration."

Une porte grande ouverte aux courtisans

Mais au-delà de ce malaise en interne, cette situation devient surtout un argument de poids pour les clubs concurrents. Proposer un salaire cohérent à Pedro n'est pas un effort bien difficile à réaliser pour eux. Et une offre financière à la hauteur de ses prestations pourrait rapidement l'inciter à remettre en question son avenir dans le Forez.

"Il faut comprendre que les autres clubs sont au courant de ce décalage, souligne Sylvain, rédacteur et chroniqueur pour Peuple Vert. Aujourd'hui, pour ces joueurs-là, on a sur la table des offres à fois trois, fois quatre ou fois cinq leur salaire. Ça fait réfléchir."

La direction stéphanoise va devoir trancher rapidement. Car si retenir des joueurs convoités à coup de millions réclamés reste une stratégie défendable, jouer avec la frustration de certains pourrait s'avérer bien plus coûteux à terme.