C’est le jour et la nuit. En observant les mouvements estivaux de la section féminine de l’ASSE, une évidence s'impose. La cellule de recrutement stéphanoise a radicalement changé de philosophie. Fini les paris risqués sur des profils méconnus ou issus du système universitaire américain. Place à un recrutement pragmatique, ultra-ciblé et centré sur le football français. La stratégie de Kilmer Sports semble totalement différente cet été.
Pour cette nouvelle saison en Seconde Ligue, l'état-major forézien a décidé de faire table rase du passé pour offrir à Yannick Chandioux une armada taillée pour la montée immédiate. Après une multitude de départs annoncés en fin de saison dernière, l'ASSE se recontruit d'une manière totalement différente.
Exit les paris de l'an dernier, grand ménage dans le vestiaire
Pour mesurer l'ampleur de cette révolution, il suffit de regarder le rétroviseur. L'été dernier, l'ASSE avait tenté un mercato extrêmement exotique en empilant les joueuses venues des quatre coins du globe (Hornemann, Fon, Hermann, Gajic, Istocki, Kristoffersen, Kelley, Bradford-Williams) ou des universités américaines (Bien-Aimé, Meadows, Isgrig). Une formule qui n'a pas apporté les garanties espérées et qui appartient désormais au passé.
L'ASSE a en effet acté un immense coup de balai. En plus des joueuses qui avaient au moins deux saisons au club qui s'en vont (Tapia, Lamontagne, Pierre-Louis, Belkhiter, Martinez, Ali Nadjim, Romanelli), la quasi-totalité des recrues de l'an passé ont déjà fait leurs valises après seulement une saison sous le maillot vert (Pinguet, Kristoffersen, Gajic, Johnson, Kelley, Meadows, Bien-Aimé, Hermann, Bradford-Williams, Hornemann, Istocki, Fon).
11 recrues pour l'ASSE, un vécu local et une ambition retrouvée
Pour reconstruire, l'ASSE a déjà officialisé 11 nouvelles joueuses. Et cette fois, le profil type de la recrue stéphanoise est limpide. De la jeunesse avec une grosse marge de progression, mais surtout un vrai vécu et des références solides en Arkema Première Ligue ou en Seconde Ligue.
Les arrivées récentes illustrent parfaitement ce virage stratégique :
-
Céleste Delcroix et Louna Belhout-Achi sortent de saisons pleines avec Lille.
-
Agathe Felden débarque avec 13 matchs d'élite dans les jambes avec Montpellier.
-
Mathilde Kack (Reims), Roxane Couasnon et Dona Scannapieco (Marseille) connaissent parfaitement les exigences du haut niveau français.
En sécurisant des joueuses prêtes pour le combat physique et tactique de la Seconde Ligue, l'ASSE s'évite les longs mois d'adaptation liés aux barrières de la langue ou aux différences de cultures tactiques.
Toute la confiance placée en Yannick Chandioux
Un signal fort envoyé par le club au moment de la prolongation de Yannick Chandioux. Aujourd'hui toute la confiance lui est donné comme le précisait, Jean-Marc Barsotti dans le communiqué d'officialisation de la prolongation du contrat de l'ancien Dijonnais. "Grâce à son expérience et sa connaissance du football féminin, il sera l'un des artisans du projet serein et ambitieux que nous voulons bâtir pour notre saison de Seconde Ligue à venir."
Cette saison, l'ambition de retrouver l'élite ne souffrira d'aucun amateurisme. Et le mercato n'est probablement pas terminé. En décémbre dernier l'ASSE avait aussi annoncé l'arrivée d'un recruteur en la personne de Benoît Ragazzini. Cette venue avait pour ambition de "faire progresser sa section féminine." Jean-Marc Barsotti confiait par ailleurs pouvoir compter sur un homme d'expérience. "Son analyse, sa compréhension et son expérience du football féminin sont de réels atouts sur lesquels nous pourrons nous appuyer pour continuer à grandir."
Ce premier mercato estival depuis son arrivée prend donc une tournure différente, rappelant par ailleurs les mercatos avant l'arrivée de Kilmer Sports en juin 2024. Pour encadrer ses jeunes joueuses, l'ASSE pourra aussi s'appuyer sur Ninon Blanchard. C'est une enfant du club qui a également fait son retour lors de ce mercato estival.
