Alors que le mercato estival bat son plein, chaque club de Ligue 2 affine sa stratégie de recrutement. Certains privilégient les joueurs expérimentés du championnat, d'autres misent sur des talents venus de divisions inférieures ou de championnats méconnus. Depuis l'arrivée de Kilmer Sports Ventures à l'AS Saint-Étienne, une question revient régulièrement chez les supporters : quelle place occupe réellement la data dans les décisions du club ?
Invité de la chaîne officielle de l'AS Nancy-Lorraine, le directeur sportif Mickaël Chrétien a livré une analyse particulièrement intéressante sur l'utilisation de la data dans le football moderne. Un discours qui fait écho à celui tenu ces derniers mois par Loïc Perrin à Saint-Étienne.
La data, un outil… pas une vérité absolue
Pour Mickaël Chrétien, la data ne remplace pas le travail d'un recruteur. Elle vient simplement enrichir son analyse. « La data, on l'utilise depuis des décennies. Cela peut être de la donnée physique ou technique. Par exemple, si un attaquant tire trois penalties sur cinq à droite, c'est déjà de la data. En réalité, c'est une aide à la prise de décision. »
Autrement dit, l'analyse statistique n'a rien de révolutionnaire. Ce qui évolue aujourd'hui, c'est la quantité d'informations disponibles et la capacité des logiciels à traiter des milliers de profils en quelques secondes.
Une philosophie qui rejoint celle de l'ASSE, où Loïc Perrin a déjà expliqué que les outils de data servent avant tout à orienter les recherches avant que les recruteurs ne prennent le relais sur le terrain.
L'ASNL s'inspire d'un modèle reconnu en Europe
Pour accélérer sa transformation, l'AS Nancy-Lorraine s'est rapprochée de l'AZ Alkmaar, référence européenne en matière de recrutement basé sur la donnée.
Le club néerlandais construit depuis plusieurs années des effectifs très jeunes, composés de joueurs à fort potentiel comme Kaes Smit, Matéo Chávez ou encore Rome-Jayden Owusu-Oduro. À ces profils prometteurs s'ajoutent quelques cadres expérimentés, à l'image de Jordy Clasie, afin de conserver un équilibre dans le vestiaire.
Nancy souhaite désormais s'inspirer de cette méthode en recrutant des joueurs capables de progresser rapidement et de prendre de la valeur sportive comme financière.
Des logiciels capables de cibler le profil idéal
Aujourd'hui, les clubs disposent d'outils extrêmement précis.
Un directeur sportif peut demander au logiciel de rechercher un milieu capable de récupérer un certain nombre de ballons, un défenseur performant dans les duels aériens ou encore un ailier créant un volume défini d'occasions grâce aux expected goals (xG). Dans d'autres secteurs où les statistiques occupent une place importante, comme les plateformes spécialisées dans les sites de paris sportifs qui offrent des retraits rapides, les données servent également à comparer rapidement les performances et les services proposés.
Le logiciel établit alors une liste de joueurs répondant exactement à ces critères, quel que soit leur championnat.
C'est précisément ce fonctionnement que Loïc Perrin avait décrit il y a quelques mois. La data permet d'élargir considérablement le champ de recherche et d'identifier des profils qui seraient parfois passés sous les radars des cellules de recrutement traditionnelles. Pour ceux qui souhaitent approfondir l'analyse statistique appliquée au sport, des ressources spécialisées sont également disponibles sur https://mightytips.net.
Le cas Maxence Carlier.
L'exemple le plus parlant évoqué par Mickaël Chrétien concerne Maxence Carlier.
Vice-capitaine de Nancy, artisan de la montée en Ligue 2 puis titulaire à 27 reprises la saison dernière, le défenseur semblait incontournable. Pourtant, le club a choisi de ne pas le conserver.
Une décision qui a suscité une forte incompréhension chez les supporters.
Chrétien assume pourtant totalement ce choix. « Dans notre logiciel, Maxence Carlier n'est pas le joueur qu'il nous faut aujourd'hui. Sans dénigrer ce qu'il a apporté au club, nous voulons construire autre chose. Ce n'est pas uniquement la data qui décide. Il y a aussi notre vision du jeu, le recrutement que nous souhaitons réaliser et l'équilibre de l'effectif. »
Cette précision est importante. La data n'a pas "écarté" Maxence Carlier. Elle a simplement confirmé qu'il ne correspondait plus au profil recherché par le staff dans son futur projet de jeu.
Et à Saint-Étienne ?
Depuis l'arrivée de Kilmer Sports Ventures, plusieurs recrues de l'ASSE correspondent justement à cette logique.
Jakob Breum, Chico Lamba, Thierno Ballo, Marten-Chris Paalberg ou encore Mamour Ndiaye présentent des profils jeunes, avec une forte marge de progression et des statistiques particulièrement intéressantes dans leurs championnats respectifs.
Mais comme le rappelle Mickaël Chrétien, la donnée ne peut fonctionner seule. Le recrutement reste avant tout une affaire d'observation, d'échanges humains, de personnalité et d'adéquation avec un projet sportif.
En ce sens, la data n'est pas le recruteur. Elle est devenue son meilleur assistant.
