ASSE : Patrick Revelli, légende des Verts de 1968 à 1978, vit toujours à Saint-Étienne. Cinquante ans après la finale de Glasgow, il se souvient. Du vestiaire, de la ville, des poteaux carrés, et de l'espoir que le club remonte.
"Les Verts de 76 venaient de la France entière, mais nous sommes tous d'ici"
Patrick Revelli a 74 ans. Il habite Saint-Étienne depuis toujours, ou presque. Arrivé au lendemain de mai 1968 avec son frère Hervé, il ne s'en est jamais vraiment allé. Cinquante ans après la finale de la Coupe des Champions perdue face au Bayern Munich, il revient pour L'Equipe sur une époque et une ville qu'il n'a jamais quittées dans le cœur.
L'ASSE réinstalle les poteaux carrés à Geoffroy-Guichard
Ce qui frappe d'abord dans son témoignage, c'est la force du collectif humain qui entourait cette équipe. "Les Verts de 76 venaient de la France entière, mais nous sommes tous d'ici", lâche-t-il. Une phrase qui en dit long. Des joueurs venus des quatre coins du pays, et une ville qui les a absorbés, adoptés, rendus stéphanois. Revelli raconte ces déplacements à pied jusqu'à la gare de Châteaucreux, les dîners chez les Guerrier, le tramway jusqu'à Geoffroy-Guichard. Une époque où le club et la ville ne faisaient qu'un.
ASSE : "Saint-Étienne était verte et florissante"
Le contexte économique de l'époque est indissociable du contexte sportif. Revelli le rappelle avec lucidité : "Saint-Étienne était verte et florissante". La ville comptait 223 000 habitants en 1968, contre 173 000 au recensement de 2026. Les Houillères de la Loire, les cycles Mercier, les grandes entreprises industrielles faisaient tourner l'économie. Les Verts gagnaient, la ville prospérait. Les deux allaient de pair.
"On a tout fait et la ville a perdu cinquante mille habitants. Et puis, que la vieillesse ou non, tout tourne autour du club. Comme on dit : quand les Verts toussent, la ville est malade. Et quand ils vont bien, Saint-Étienne a le sourire." Une formule qui dit tout sur le lien viscéral entre le club et son territoire.
Le vestiaire de légende et Georges Bereta
Revelli se souvient aussi du vestiaire avec précision. La présence de Jacques Santini, Jean-Michel Larqué, Christian Sarramagna, Alain Merchadier, Christian Lopez, Pierre-Marie Marengo. Et surtout Georges Bereta, capitaine et patron. "Georges Bereta nous prévenait : 'les minots, dehors !' Une fois dedors, t'es jamais malade, ni blessé." L'humour de vestiaire, la camaraderie, le respect des anciens envers les jeunes. Une école de football et de vie.
ASSE : "J'espère que le club va remonter en mai pour aider la ville à revenir"
À 74 ans, Patrick Revelli suit toujours les Verts avec la même ferveur. Sa conclusion est simple et sincère : "J'espère que le club va remonter en mai pour aider la ville à revenir." Pas de grands discours. Une phrase qui résume cinquante ans de passion et de fidélité.
Vendredi soir, quand l'ASSE entrera sur la pelouse de Geoffroy-Guichard pour son play-off contre le Red Star ou Rodez, des hommes comme Patrick Revelli regarderont depuis les tribunes ou devant leur télévision. Avec dans la tête les images de Glasgow, les poteaux carrés, et l'espoir que cette ville retrouve enfin son club en Ligue 1.
Source : L'Equipe/ Bernard Lions


