Alors que le football est régulièrement pointé du doigt pour son empreinte carbone, une étude indépendante menée par trois anciens étudiants de CentraleSupélec s’est penchée sur l’impact environnemental des déplacements des clubs de Ligue 1 sur la saison 2024-2025. Et l’ASSE s’en sort plutôt honorablement.

En analysant les 34 journées de championnat, les chercheurs ont calculé les émissions de CO₂ générées par les trajets aller-retour des clubs, en prenant en compte les vols en jet privé, mais aussi les liaisons en car entre les aéroports et les stades. Résultat : les Verts figurent dans la première moitié du classement des clubs les moins pollueurs, selon cette étude relayée par le journal L'Equipe.

L’ASSE dans le haut du tableau

Avec 156,7 tonnes équivalent CO₂ émises sur la saison, l’AS Saint-Étienne se classe 6e des équipes les plus “vertueuses” en matière de déplacements. Un chiffre relativement contenu comparé aux clubs situés aux extrémités du territoire.

En tête des plus gros émetteurs, on retrouve Brest (233,6 tEqCO₂), Monaco (232,8) et Nice (230,5), des clubs géographiquement éloignés et souvent contraints d’utiliser l’avion pour optimiser les temps de récupération.

À l’inverse, Auxerre (136,1), Reims (144,8) et Angers (146,5) ferment la marche grâce à un recours plus fréquent au bus et au train. L’ASSE, bien positionnée au cœur du réseau ferroviaire français, bénéficie d’une localisation plus favorable que certaines formations du littoral.

L’avion, principal point noir

Sans surprise, le jet privé représente la principale source d’émissions carbone pour les clubs professionnels. Les contraintes sportives, récupération, enchaînement des matchs, impératifs logistiques, poussent les staffs à privilégier la rapidité.

Pourtant, l’étude montre que des marges de progression existent. Interdire l’avion pour les trajets inférieurs à quatre heures permettrait de réduire de 10 % les émissions globales liées aux déplacements. Pour certains clubs bien desservis, comme le PSG, la baisse pourrait même atteindre 50 %. La LFP encourage d’ailleurs déjà les trajets en train ou en bus lorsqu’ils sont réalisables en moins de cinq heures, via son système de licence club.

Une marge d’amélioration pour tous

Autre élément souvent ignoré : les “cars à vide” transportant le matériel entre aéroport et stade. Leur suppression ou leur optimisation pourrait réduire encore significativement le bilan carbone des équipes, y compris pour l'ASSE.

Si l’ASSE ne figure pas parmi les plus mauvais élèves, la question environnementale devient progressivement un enjeu d’image et de responsabilité. Dans un club qui revendique des valeurs populaires, une identité forte... et une vraie sensibilité à la cause écologique, le sujet pourrait à l’avenir prendre davantage de place dans la stratégie globale. Les Verts sont sur le podium sportif de Ligue 2 cette saison. Sur le terrain écologique, ils ne sont pas en tête… mais pas complètement à la traîne non plus.

Le classement complet
1. AJ Auxerre : 136,1 tEqCO2
2. Stade de Reims : 144,8
3. Angers SCO : 146,5
4. PSG : 146,6
5. Le Havre AC : 148
6. ASSE : 156,7
7. Olympique Lyonnais : 173,1
8. Stade Rennais : 173,4
9. Montpellier HSC : 176,9
10. FC Nantes : 185
11. Lille OSC : 187,1
12. RC Lens : 187,3
13. RC Strasbourg : 205,6
14. Olympique de Marseille : 207
15. Toulouse FC : 214,3
16. OGC Nice : 230,5
17. AS Monaco : 232,8
18. Stade Brestois : 233,6