Leader avec 41 points, l’ESTAC traverse une période plus délicate depuis le début de la phase retour. Le club de l’Aube reste sur trois défaites consécutives en championnat, auxquelles s’ajoute une élimination en Coupe de France face au RC Lens (4-2). Une dynamique qui peut profiter à l'ASSE ?
Leader depuis la 8ᵉ journée, Troyes a de nouveau chuté ce week-end, battu 2-1 sur la pelouse du stade Marcel-Picot. Une défaite qui marque un nouveau coup d’arrêt et surtout la première série négative de la saison, symptomatique d’une dynamique enrayée depuis la reprise. La question se pose désormais clairement : s’agit-il d’un simple passage à vide ou du début d’une crise plus profonde pour le leader troyen ?
Des fragilités structurelles qui apparaissent à l’extérieur
Si Troyes domine le championnat depuis de longs mois, ses performances hors de ses bases interrogent. Malgré son statut de leader, l’ESTAC ne pointe qu’à la 12ᵉ place du classement extérieur, avec 13 points pris en 10 déplacements. Une donnée loin d’être anodine à l’approche d’une phase retour décisive, marquée notamment par un déplacement capital à Geoffroy-Guichard dans la course à la montée.
Cette baisse de régime peut en partie s’expliquer par les absences. Mais elle s’explique aussi par la méforme de son buteur Tawfik Bentayeb. Auteur de 10 buts cette saison, l’attaquant marocain affiche une efficacité en net recul. Après une expulsion contre Pau (J14), puis une blessure thoracique l’ayant privé du déplacement à Laval (J15), Bentayeb n’a inscrit que 2 buts sur les 7 derniers matchs, face au Red Star et à l’AS Nancy Lorraine.
Les chiffres sont parlants : avant sa suspension, Bentayeb tournait à 0,88 but par match, contre 0,29 depuis. Un décrochage qui pèse lourd sur l’animation offensive troyenne.
Une phase retour mal engagée pour l'ESTAC
En conférence de presse avant le déplacement à Nancy, Stéphane Dumont pointait déjà une fébrilité défensive croissante, accentuée par les blessures de deux cadres : Nicolas Lemaitre et Paolo Gozzi. L’entraîneur évoquait notamment une tendance inquiétante à concéder des occasions très tôt dans les rencontres, et à s’exposer plus directement au danger à la moindre incursion adverse.
Un constat confirmé samedi : face à l’ASNL, Troyes a encaissé l’ouverture du score dès la 8ᵉ minute, sur la première situation nancéienne conclue par Justin Bourgault.
Si Dumont continue de louer la capacité de son équipe à résister à la pression adverse, il reconnaît que le bloc troyen est devenu plus perméable, tout en déplorant une efficacité offensive en berne.
Les statistiques de la phase retour confirment ce ressenti :
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6 points pris en 5 matchs (1,2 point/match), contre 2,05 points à la mi-saison
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4 buts marqués (0,8/match), contre 1,76 auparavant
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6 buts encaissés (1,2/match), contre 0,94 à la mi-saison
Les troyens veulent-ils réellement la Ligue 1 ?
La direction troyenne a fait le choix de ne pas investir cet hiver. Assoumou, homme fort du début de saison, s'est envolé pour la Turquie pendant que seul Kandet Diawara (ex-HAC) a rejoint l'ESTAC. Pas une priorité de voir Troyes monter en Ligue 1 pour City Group, propriétaire du club ? La question mérite d'être posée. Un constat s'observe. Pendant que les tensions se cristallise dans les bureaux ces dernières semaines (selon les médias locaux), la frustration gagne du terrain sur les pelouses de L2. Troyes n'avance plus.
Le championnat se resserre et les dynamiques s’inversent. Le Stade de Reims, longtemps en difficulté, s’est totalement relancé. Le promu Le Mans FC joue les trouble-fêtes sans complexe. Le Red Star, longtemps dauphin, marque également le pas.
Dans ce contexte de phase retour incertaine, à Saint-Étienne désormais de créer sa dynamique et de se positionner dans un haut de tableau qui pourrait bien se jouer au sprint final.