Philippe Montanier n’est pas de ceux qui cherchent la lumière. Pourtant, son parcours force le respect. Deux fois élu meilleur entraîneur de Ligue 2 (2009 avec Boulogne, 2022 avec Toulouse), une qualification en Ligue des champions avec la Real Sociedad, une Coupe de France historique avec Toulouse... Peu de techniciens français peuvent se targuer d’un tel palmarès sans jamais faire les gros titres. Portrait du nouvel homme fort de l'ASSE.
A travers les nombreux articles que nous avons pu lire depuis l'annonce de son arrivée, plusieurs traits ressortent quez Philippe Montanier. Un homme qui cultive une image rare dans le football moderne : celle d’un entraîneur humble, fidèle, respecté partout où il passe. Il ne donne pas dans le discours. Il préfère le terrain, l’analyse, le travail de fond. À Toulouse, Lens, Boulogne ou même à l’étranger, ses anciens joueurs et collaborateurs louent son sérieux, sa droiture, et surtout, sa gestion humaine hors norme.
Montanier, un bâtisseur
Il n’est jamais là pour brûler les étapes. Il construit patiemment. À Boulogne, il a porté le club du CFA jusqu’à la Ligue 1 en seulement cinq ans. À la Real Sociedad, il a réveillé une équipe en sommeil et l’a menée jusqu’aux barrages de la Ligue des champions, avec un certain Antoine Griezmann à ses débuts. À Toulouse, il a permis au club de remonter en Ligue 1 avec une saison exceptionnelle (79 points, 82 buts) avant d’offrir aux Violets une Coupe de France centenaire.
Sa méthode repose sur des principes clairs : un football de possession, exigeant techniquement, un pressing haut, des transitions rapides. Mais Montanier n’est pas dogmatique. Il sait s’adapter, travaille différentes animations pendant les trêves, affine ses schémas au fil des profils. 3-4-3, 4-3-3, ou plus pragmatique selon les besoins, toujours au service du collectif.
L’homme derrière le coach
Son ancien adjoint Michaël Debève en parle avec émotion : « Il ne se met jamais en avant, sauf pour protéger les joueurs et prendre les coups à leur place devant les médias. Il assume tout et valorise toujours le collectif et le staff. » Une philosophie rare dans un environnement souvent tourné vers l’individu.
Sa loyauté est aussi régulièrement soulignée. Cette constance dans le comportement, c’est sans doute ce qui explique pourquoi Montanier reste apprécié même dans ses anciens clubs, malgré les aléas du métier.
Une reconnaissance tardive
Il a aussi eu des revers. À Rennes, où il a perdu la finale de la Coupe de France 2014, il n’a pas été épargné. À Lens, il a échoué aux portes de la montée avant de voir Franck Haise finir le travail avec deux matches de plus après l’arrêt du championnat pour cause de Covid. À chaque fois, c’est un épisode de plus dans une carrière d’homme fort, pas de miraculé. Pas de polémique, pas de rancœur publique.
Ses inspirations ? Le Barça de Guardiola, les Pays-Bas 74, l’AC Milan de Sacchi, mais aussi les Verts de Curkovic ou Jean-Claude Suaudeau, son ancien coach à Nantes. Son background ? Licence UEFA, maîtrise en gestion, formation STAPS. Un coach complet, cultivé, qui parle plusieurs langues et qui comprend le foot autant dans sa dimension humaine que tactique.
Montanier à l’ASSE : le bon moment, le bon profil ?
Dans le contexte instable que traverse l'ASSE, la possible arrivée de Montanier résonne comme une décision qui a du sens. Il connaît la maison pour y avoir terminé sa carrière de gardien en 2000. Il connaît la Ligue 2 comme sa poche. Il sait gérer un vestiaire, structurer un projet, assumer la pression sans céder aux soubresauts émotionnels.
Il arrive reposé, lucide, avec une vraie volonté de retrouver un banc ambitieux. Accompagné de Stéphane Lièvre, il pourrait incarner ce souffle rationnel dont les Verts ont cruellement besoin. Montanier, c’est la stabilité, l’expérience, la méthode. Pas le profil le plus médiatique. Mais peut-être, enfin, le bon choix.