« Les grandes équipes gagnent avec du jeu, les équipes en chantier gagnent avec du courage, et l’ASSE, elle, gagne parfois sans l’un ni l’autre. » Joss Randall (apocryphe mais lucide)

The Final Countdown de Micheline (de la compta) : ROAD TO LIGUE 1 = - 36 points

« Salut les Gamins. Bon. On va faire court, car j’ai clôture mensuelle. Trois points de plus, peu importe la manière. Moi, je regarde les colonnes, pas le ralenti. Et dans la colonne “recettes”, ça fait +3. Net. Propre. Sans astérisque. On est encore dans le bon wagon. Pas totalement largué, pas encore décroché, encore en capacité de viser les deux premières lignes du tableau.  Au moins la 2ème. Pas flamboyant, mais comptablement, ça tient. Et en janvier, tenir, c’est déjà travailler. Je retire donc un point du capital anxiété. Je maintiens la ligne “objectif” ouverte.
Et je note que certains jeunes affichent un rendement immédiat, pour un coût quasi nul. Comme quoi, parfois, le meilleur investissement, c’est celui qu’on a déjà en stock.

Les besoins restent identifiés, les marges sont faibles, l’exercice est encore long. Mais tant que les points entrent, la ASSE reste solvable sportivement. Allez. Je sauvegarde le fichier. À la prochaine échéance les gamins ».

Salut les Groupies,

C’est le retour de votre cowboy JossRandall après ce bien tristounet #ASSECF63 du 17 janvier. Et le moins qu’on puisse dire après ce premier match de l’année dans un Chaudron vibrant mais encore sur trois pattes, c’est qu’il n’y a vraiment pas de quoi se l’exposer au Grand Palais pour la Biennale des joailliers ! Quelle tristesse les amis ! Quelle soupe froide, et bien moins goûteuse que le Minestrone que mon Suisse @Guiom_42530 a préparé pour sa famille (j’ai vu les photos !). Je ne vous dis pas le nombre de fois au cours de ces 95 minutes où j’ai levé les yeux au ciel, comme Jeanne d’Arc quand elle s’est mise à faire de l’hallucination auditive.

Au final, et en dehors de certaines inquiétudes à propos d’un groupe qui ne progresse décidemment pas, et de 15 minutes en deuxième mi-temps, pas grand-chose à garder de ce match, à part évidemment l’essentiel : les trois points. Et l’idée – bien peu excitante avouons-le - que finalement ce football ressemble à la cuisine collective : quand c’est immangeable mais que ça nourrit, on ferme sa gueule et on reprend une assiette.
Mais ne nous y trompons pas sur le long terme : les « résultatistes de l’extrême » ne font que travestir la réalité profonde, aussi facilement qu’un marchand de voitures d’occases travestit le compteur d’une vieille tire, pour lui réparer des kilomètres l’irréparable outrage. Car ça ne passera pas à tous les coups.

Chapitre 1 : Le minestrone de mon Suisse est meilleur que cette soupe froide - ASSE

On ne va pas se mentir entre gens de bonne compagnie verte. Cet ASSE – Clermont Foot avait des allures de ragoût oublié sur le coin du feu. Pas brûlé, non. Pire. Tiède. Sans goût. Sans sel. Sans colère. Un match de l’ASSE comme on en redoute, un de ceux où tu arrives à Geoffroy-Guichard avec l’espoir au ventre et tu repars avec le ventre en désespoir. Un match dégueulasse, appelons un chat un chat, et une première mi-temps à faire passer une insomnie chronique pour une soirée disco.

Une première mi-temps où nos Verts ont joué sans rythme, sans intentions offensives claires, sans intensité, comme si le pressing était un concept vaguement aperçu dans un documentaire sur Arte. La possession stérile a encore ronronné, telle une vieille 4L qui fait beaucoup de bruit pour finalement rester sur place. L’ASSE a eu et souvent gardé le ballon, oui. Comme d’habitude. Mais pour en faire quoi ? Le promener. Le caresser. Lui raconter sa vie. Surtout pas lui demander d’aller déranger Clermont. Surtout pas, il ne s’agirait pas d’emballer trop le match pour faire rugir un chaudron qui pourtant samedi, comme d’habitude, ne demandait que ça.

On cherchera longtemps le plan. Les circuits préférentiels. L’envie de faire mal. L’ASSE a été pauvre, mais d’une pauvreté presque conceptuelle, minimaliste, comme une exposition d’art moderne où tu te demandes si le mur blanc fait partie de l’œuvre. Pendant 45 minutes (mais aussi dans le second acte), Clermont a eu des occasions, des vraies, des franches, des qui te glacent la nuque. Et sans un très bon GAUTIER_LARSOUILLEUR, notre ASSE rentrait aux vestiaires avec autre chose qu’un score vierge.

Une fois encore, comme une rengaine poisseuse depuis plusieurs mois, notre ASSE a concédé trop d’occasions. Entre ballons perdus au milieu, replis approximatifs et espaces offerts comme des promotions de janvier. Et toujours cette sensation que l’adversaire est plus tranchant, plus décidé, plus vivant. Les presque voisins du 63 n’ont pas été flamboyants, loin de là (et c’est bien ça le plus flippant). Mais le peu qu’ils ont eu à jouer, ils l’ont joué à fond, eux. Ce qui, face à une ASSE aussi amorphe, a suffi à nous faire peur.

Et puis, miracle. Oui, miracle. Quinze à vingt minutes correctes en deuxième, pendant lesquelles ça s’est animé comme des dessins sous la main de Walt Disney. Pas plus. Un quart d’heure où l’ASSE a mis un peu de tempo, un peu de verticalité, un peu de cette chose rare qu’on appelle l’intention. Juste assez pour marquer et passer devant, juste assez pour tenir ensuite. Le reste du temps ? Gestion approximative. Fébrilité défensive. Public partagé entre le soupir et le “allez quand même”.

Mais voilà. Le football est un sport cruel et délicieux. On ne retient pas les états d’âme, on retient les points. Et l’ASSE prend trois points. Trois points moches. Mais trois points précieux, qui – pour les plus énervés d’entre nous - tiennent presque du braquage. Mais trois points qui permettent à l’ASSE de rester en course pour les deux premières places (en tout cas la deuxième, car on a tous un peu le sentiment qu’on ne reverra plus TROYES désormais). Et ça, en janvier, ça ne se discute pas. L’ASSE avance encore, même en boitant. Et oui, parfois, dans une saison, il faut savoir gagner sans savoir jouer.

On se souviendra donc de cet ASSE-CF63 comme d’un match raté mais gagné. Comme d’un avertissement aussi. Parce que nos Verts ne pourront pas toujours compter sur un LARSONNEUR_AUX_VAINCUS en lévitation et sur un adversaire maladroit. L’ASSE devra montrer autre chose si elle veut aller au bout. Mais ce soir-là, à Geoffroy-Guichard, on a rangé l’esthétique au vestiaire et gardé l’essentiel dans la poche.

Chapitre 2 : Bien la peine de balancer l’artiche par les fenêtres

Puisqu’il faut bien essayer de trouver quelques trucs positifs à se mettre sous le moral, samedi on aura beaucoup aimé la prestation de nos jeunes.

Bien sûr, quelques cadres auront quand même répondu présents (on pense notamment à JABERLIPOPPETTE) mais globalement, pour ceux sur qui on est censé compter, c’était quand même grisouille.

Mais au milieu de cette grisaille, une fenêtre s’est ouverte. Un courant d’air, le vent frais de la jeunesse. Principalement PEDRO_L’ÂNE et HONI_SOIT_QUI_EL_JAMALI_PENSE. Et aussi PAUL_LARGUEZ_LES_EYMARD, un peu, parce que le temps de jeu lui était compté comme un ticket de rationnement. Mais quand même.

PEDRO_L’ÂNE a fait du bien à l’ASSE, tout simplement. De l’audace. De la simplicité. Du sérieux aussi. Arrière droit par défaut devenu arrière droit par évidence. Il n’a pas révolutionné le football, mais il a fait ce que d’autres n’ont pas fait pour plusieurs millions d’euros. Défendre correctement. Proposer. Jouer juste. Sans chichi et sans cinéma. Le gamin a aussi rappelé une vérité qui doit piquer un peu dans les bureaux feutrés de KSV : parfois, la solution est sous ton nez, au centre de formation, pendant que tu fais des virements à sept chiffres pour des joueurs transparents.

Ironie du sort, le club a investi lourdement l’été dernier. Des millions empilés comme des briques Lego. Et au final, ce sont les jeunes qui apportent de la fraîcheur, de la spontanéité, de la vie. Encore une fois, l’exemple PEDRO interroge, car jusqu’ici, il fait mieux que les recrues au même poste. Un petit camouflet pour ceux qui aiment recruter avant de regarder à l’intérieur.

NADIR_EL_JAMALI_CIEUX, lui c’est plus une intéressante confirmation dans la durée. Même si je fais partie de ceux qui le préfèrent au milieu que sur un côté, il s’affirme de plus en plus, il prend confiance, comme en témoigne cette belle frappe en première après un contrôle plus propre que mon dernier contrôle fiscal, et une très belle prise d’initiative qui aurait mérité mieux. Et quelle technique soyeuse. Moi j’adore.

Quant à PAUL_LARGUEZ_LES_EYMARD, lui, a eu peu de minutes, mais suffisamment pour poser une question qui gratte. Que fait aujourd’hui un GÉRARD_DE_TARDIEU de plus que lui ? Qu’apporte TARDIEU, absolument inutile samedi, que EYMARD ne pourrait pas apporter, avec en prime l’énergie et l’insouciance de la jeunesse ? La question mérite d’être posée, sans méchanceté, mais avec lucidité. L’ASSE a besoin de joueurs qui avancent, pas de statuts figés dans le marbre.

Ce vent d’air frais est précieux pour notre club. Il redonne de l’enthousiasme au public, un peu de foi à l’équipe, et surtout une perspective. Curieux hein, mon Ivan, que quand les idées coûtent trop cher et ne rapportent rien, on finit toujours par ressortir les gamins du tiroir. Et c’est souvent là que ça recommence à respirer.

Parce que pour tout le reste, je ne vois pas le truc réellement progresser. A se demander même si ça ne régresse pas … Le père de STASSIN_LA_DEMI_LUNE dit qu’il va mieux. Ça ne m’a pas sauté aux yeux samedi, nonobstant sa participation active au but de mon Robert Jacques des temps modernes (BOAKYE_PROFITE_LE_CRIME). En tout cas, le STASSIN_TÉTIENNE de samedi ressemble au joueur des six derniers mois de la saison dernière comme le Roi Charles III ressemble à un déménageur de pianos.

Quant à HORNELAND_ROVER …. Il semble continuer à s’accrocher à ses principes comme la cour d’Angleterre aux traditions séculaires. Invariablement. De quoi se poignarder le fion avec un baromètre. Depuis le Bloc 32 du Carré Légende, on n’entend même remuer ses réflexions dans l’immense local de sa cervelle vide. Juste de quoi le clouer du regard sur la toile de fond de notre indifférence

Conclusion : Attention, le cul n’est toujours pas sorti des ronces

En résumé samedi, l’ASSE n’a rien montré, mais elle a tout pris. Et dans ce championnat-là, c’est déjà une forme d’art. Et oui les amis, même si ça irrite le derche des puristes, il n’y a pas de football honteux quand le tableau d’affichage sourit, seulement des lendemains où il faudra jouer mieux.

Et ce match aura au moins montré une chose. Même dans un match moche, même dans une prestation indigeste, l’ASSE peut trouver quelques raisons d’espérer. Trois points. Des jeunes qui poussent. Un gardien en état de grâce. Et une course au sommet toujours ouverte.

Et là comment résister à l’envie de citer les grands penseurs du foot contemporain, à commencer par mon frère, le GROLULU, qui lui assure que la montée va passer crème. Il ne voit pas qui pourrait nous en empêcher, le LULU. Mais comme disait l’autre, l’optimiste se trompe peut-être, mais il est heureux pendant qu’il se trompe.

Car en fait, tout n’est pas réglé. Loin de là. Bien sûr, il reste le mercato, ce mercato de mi-saison dont un autre grand penseur du foot actuel (le Professeur STACHOWSKY) dit à qui veut l’entendre que c’est un mercato de cancres dont seuls ceux qui travaillent mal ont besoin. Et bien en cette période d’Amère Catho D’hiver (qui se finit bientôt au fait, mon Ivan !!), notre ASSE a toujours un besoin criant de se renforcer. Un arrière gauche digne de ce nom reste une priorité absolue. Car la bonne volonté de BEN_L’ONCLE_OLD ne masque pas les carences au poste, et EBENEZER_KOFI_ANNAN est tout simplement archi nul. Mais aussi un milieu défensif, un vrai 6, capable de nettoyer, d’orienter et de sécuriser, est toujours attendu comme le messie. Nos Verts ne pourront pas viser les sommets avec de tels trous à ces postes-là.

PS : merci mille fois à nouveau à mes allumés du GANG DES BINOUZES pour le Barbecue improvisé en plein mois de janvier. Tant que vous serez là je reprends mon abo !!!