L’analyse de Le Mans - ASSE laisse un goût amer. Malgré un nouveau clean sheet, les Verts repartent de la Sarthe avec un nul (0-0) sans relief. Un match qui prolonge une série inquiétante et nourrit les critiques, notamment celles d’un ancien défenseur stéphanois devenu consultant sur BeIN Sports : Patrick Guillou.

L’ASSE voulait repartir de l’avant en ce début d’année. Elle repart finalement avec les mêmes maux. À l’image de la fin de 2025, les Verts n’ont pas su faire la différence. La possession était là. Les intentions aussi. Mais la frustration gagne du terrain. Ce nul à Le Mans prolonge une série de quatre matches sans victoire. Le classement, lui, ne ment pas. La dynamique est à l’arrêt.

Patrick Guillou, désormais consultant, n’a pas mâché ses mots dans sa chronique dans le Progrès. Dans une analyse au vitriol, il décrit un club enfermé dans une illusion collective. Une atmosphère enjolivée par la ferveur populaire. Mais déconnectée de la réalité du terrain. Pour lui, la magie ne suffit plus. La mémoire des supporters non plus. Le décor est flatteur. Derrière, le contenu inquiète.

ASSE Le Mans : une ambition gelée sur la pelouse

À Le Mans, les conditions étaient difficiles. Une pelouse gelée. Un rythme haché. Mais cela n’explique pas tout. Pour le consultant, cette pelouse est le symbole d’une ambition verte figée. L’ASSE a le ballon. Mais elle ne fait pas mal. L’attaque est pointée du doigt. Stérile. Sans inspiration. Sans tranchant. Derrière, la défense colmate. Elle résiste. Elle préserve le clean sheet. Un motif de satisfaction mis en avant par Eirik Horneland après la rencontre.

Le discours du coach se veut positif. Rassurant. Presque auto-congratulant. Un point pris sur six contre un promu. Un nul sans encaisser de but. Mais pour l’ancien défenseur, ce discours masque mal la réalité. L’ASSE se contente du minimum syndical. Les excuses sont toujours les mêmes. Les blessés. La jeunesse. Le temps nécessaire au projet. Une communication bien huilée. Mais un contenu qui ne progresse pas.

Horneland sous le feu des critiques

Depuis un an, le projet vendu était ambitieux. Très ambitieux. Europe. Maintien en Ligue 1. Titre de Ligue 2. Des promesses aujourd’hui en décalage total avec ce que montre l’équipe. Le consultant parle d’illusions. De mirages. Il s’interroge aussi sur le droit à la critique. Peut-on pointer le manque de jeu, de caractère et de résultats sans être accusé de déstabiliser le club ?

Pour lui, l’ASSE a perdu son âme : "Le club est devenu fade, insipide et sans âme." Elle vit sous cloche. Protégée par une communication lisse. Et portée uniquement par l’amour inconditionnel de ses supporters. Eirik Horneland demande encore du temps. « Il n’y a pas le feu au fjord », ironise le consultant. Mais après un 0-0 sans saveur, le doute s’installe. Le projet avance-t-il vraiment ? Ou stagne-t-il dans un confort trompeur ?

L’information importante est là : l’ASSE est aujourd’hui à un tournant. Sans réaction rapide dans le jeu et les résultats, la fracture avec les ambitions affichées risque de devenir irréversible.