Ce samedi soir, pendant que l'ASSE joue sa vie à Rodez, le Stade de Reims sera à Le Mans pour un match qui a aussi son importance dans la course à la montée. À deux journées de la fin, les Champenois n'ont pas dit leur dernier mot. La conférence de presse avant ce déplacement en dit long sur leur état d'esprit.
"C'est maintenant ou jamais" pour Reims
Le ton est donné dès les premières secondes de la conférence de presse rémoise. Interrogé sur l'état d'esprit du groupe après un résultat décevant la semaine dernière — Reims menait, puis s'est fait rejoindre dans les dernières minutes — le coach n'a pas cherché à minimiser. « C'était une semaine assez lourde parce qu'on a dû digérer ce match nul, surtout contre un scénario qui n'était pas pour nous. Ça a pris quelques jours pour tourner la page. »
Mais la page est tournée. Et le message est clair : « C'est maintenant ou jamais. » Reims est 5e avec 52 points, à un point de Saint-Étienne (3e, 57 pts) et du Mans (2e, 58 pts). Les Champenois ont encore leur sort en main — mais ils doivent gagner à Le Mans ce samedi soir pour rester dans la course à la montée directe. Et espérer que Rodez fasse une bonne opération contre l'ASSE simultanément.
Le Mans, une forteresse à prendre
Reims sait exactement ce qui l'attend. 25 000 spectateurs, un stade à guichets fermés, une équipe dans une dynamique excellente. Le coach rémois n'a pas fait semblant : « C'est un match avec beaucoup de tension. Le stade est plein. De mon côté, c'est très bien, c'est magnifique à jouer. On joue pour gagner.» Une façon d'embrasser la difficulté plutôt que de la fuir.
Il a également rendu hommage au travail réalisé par Patrick Videira au Mans — dont l'avenir au club est incertain avec les intérêts d'Angers SCO — en décrivant une équipe bien rodée, compacte, solidaire. « C'est un groupe qui est très bien rôdé. Tu vois très clairement qu'ils se connaissent depuis quelques années avec un entraîneur qui a mis un système en place de 3-5-2 qui marche. Ils sont tous à 100% investis. Une semaine ils jouent titulaires, une autre semaine non, et ils ne se posent pas de questions. Leur force, c'est leur état d'esprit de groupe. »
La maturité, le mot-clé de la saison de Reims
Si Reims est 5e plutôt que 2e ou 3e aujourd'hui, c'est à cause d'une série de points perdus bêtement en fin de match. Le coach le reconnaît sans détour. « Une fois que tu gagnes 1-0 à la 80e-85e minute, il faut gérer le match. Rester en position. Être plus adulte. » Le but encaissé la semaine dernière contre Nancy en est le symbole — un joueur adverse qui parcourt 60 mètres sans être une seule fois touché par un Rémois. Une faute tactique non commise, un match qui bascule.
« C'est surtout la maturité qui nous manque ces derniers matchs », résume-t-il avec une lucidité appréciable. Un aveu qui dit beaucoup sur les raisons pour lesquelles Reims se retrouve à jouer sa chance depuis la 5e place plutôt que d'être dans le fauteuil de leader.
Ce que ça signifie pour l'ASSE
"Il reste deux matchs. On doit faire mieux. On est cinquièeme, on a encore notre sort en main. On doit le faire ensemble. Personne d'autre." Pour les supporters stéphanois, le scénario idéal de ce samedi soir: une victoire de l'ASSE à Rodez — imperative — combinée à une victoire ou un nul de Reims à Le Mans. Ce second résultat maintiendrait la pression sur le Mans et permettrait aux Verts de reprendre leur 2e place avec deux points d'avance sur les Champenois.
Ce que la conférence de presse rémoise révèle, c'est que ce groupe croit encore. L'ASSE est prévenu. La concurrence ne lâche rien.