La sonorisation des arbitres en Ligue 1 pourrait marquer une nouvelle étape dans la modernisation du football français. Une avancée qui contraste fortement avec la réalité de la Ligue 2, où évolue encore l’ASSE, privée même de la VAR...

Le football français avance à deux vitesses. D’un côté, la Ligue 1 expérimente des outils pour améliorer la compréhension des décisions arbitrales. De l’autre, la Ligue 2, où évolue encore l’AS Saint-Étienne, reste à l’écart des innovations majeures. Dernier exemple en date : la sonorisation des arbitres, qui sera testée pour la première fois lors du match PSG-Toulouse, ce vendredi. Une information révélée par Radio France. Une initiative qui interroge autant qu’elle fascine.

Sonorisation des arbitres en Ligue 1 : une révolution inspirée du rugby

Ce test grandeur nature s’inscrit dans une volonté claire. Rendre l’arbitrage plus lisible. L’arbitre pourra désormais expliquer ses décisions en direct, que ce soit dans le stade ou à la télévision. Une démarche pédagogique assumée.

Impossible de ne pas faire le parallèle avec le rugby. Dans ce sport, la communication entre arbitres, joueurs et spectateurs est une norme depuis des années. Les décisions sont expliquées, assumées, et surtout comprises. Résultat, moins de contestation, plus de respect.

Le football tente aujourd’hui de s’en inspirer. Et c’est une petite révolution culturelle. Car pendant longtemps, l’arbitre de football est resté une figure distante, presque inaccessible. Avec cette sonorisation, il devient acteur du spectacle… et pédagogue.

Mais cette avancée repose aussi sur un élément clé : la VAR. C’est souvent après visionnage des images que l’arbitre prendra la parole. Et c’est là que le fossé se creuse.

Le directeur de l'arbitrage, Anthony Gautier s'exprime

Dans une interview accordée à Radio France Athony Gautier s'est exprimé : "J'avais souhaité que l'ensemble des arbitres soient formés à ce dispositif dès mars 2024, ils le sont. J'avais ensuite indiqué à la Ligue de football professionnel que nous attendions son feu vert pour lancer cette innovation en France et le feu vert est arrivé [...] Nous sommes très heureux de pouvoir proposer cette nouveauté qui a un objectif : communiquer et rendre davantage pédagogiques les décisions qui sont prises par les arbitres."

Lors de la rencontre de Ligue 1 entre le PSG et Toulouse, l'arbitre pourrait s'exprimer dans deux situations. "la possibilité pour les arbitres sur le terrain d'expliquer publiquement leur décision après avoir eu recours à un visionnage des images au bord du terrain".

Le deuxième cas serait lors d'une interruption prolongée de la rencontre  "Dans ce cas-là, même s'il n'y a pas de déplacement au bord du terrain pour visionner les images, l'arbitre pourrait intervenir pour dire que le but doit être refusé car il y avait une situation de hors-jeu par exemple. À partir du moment où la rencontre est interrompue de manière significative, l'arbitre doit intervenir et expliquer les raisons de son intervention."

Ligue 2 : l’ASSE toujours à l’écart des innovations

Car pendant que la Ligue 1 expérimente, la Ligue 2 recule. Ou plutôt, elle stagne. L’ASSE, toujours engagée dans ce championnat, évolue dans une division sans VAR. Une anomalie dans le football moderne.

La raison est simple, l’argent. La Ligue de Football Professionnel fait face à une crise majeure liée aux droits TV. Résultat, la VAR a été sacrifiée. Trop chère. Plus de 5 millions d’euros par an en cumulant assistance vidéo et goal-line technology.

Dans ce contexte, impossible d’imaginer la sonorisation des arbitres en Ligue 2. Sans VAR, l’outil perd une grande partie de son intérêt. Et surtout, les moyens ne suivent pas.

Ce décalage pourrait créer un véritable fossé entre les deux divisions. D’un côté, un football qui se modernise, s’inspire du rugby et cherche à mieux communiquer. De l’autre, un championnat plus brut, plus contesté, où les décisions arbitrales restent souvent incomprises.