La réserve de l’ASSE ouvre sa saison ce vendredi en Corse face au Gallia Club Lucciana. Après un maintien obtenu dans les dernières journées au printemps, les jeunes Verts changent de poule et vont découvrir de nouveaux contextes. Sylvain Gibert veut notamment les préparer à une dimension bien particulière du football senior : savoir garder ses nerfs.
La saison passée a servi d’avertissement. Longtemps sous la menace d’une relégation, la réserve stéphanoise avait dû attendre la dernière journée pour assurer son maintien, obtenu après trois victoires consécutives. Quelques mois plus tard, le groupe a changé et le championnat aussi. Avec la création de la Ligue 3, l’ancien National 3 porte désormais le nom de National 2. Les Stéphanois ont été placés dans la poule G, au sud-est, avec notamment les réserves de Marseille et Montpellier. Ils débutent ce vendredi sur la pelouse du Gallia Club Lucciana.
Pour Sylvain Gibert, l’enjeu dépasse largement les résultats. Une réserve professionnelle doit accompagner des joueurs encore jeunes vers les exigences du haut niveau. Et certaines ne se travaillent pas uniquement avec un ballon.
ASSE : Sylvain Gibert veut des joueurs qui gardent leurs nerfs
Interrogé par Le Progrès avant cette première journée, l’entraîneur de la réserve a insisté sur les difficultés auxquelles son groupe devrait être confronté cette saison. Le changement de poule va placer ses joueurs dans des environnements différents de ceux qu’ils connaissaient jusque-là.
"On va découvrir une poule avec des contextes plus difficiles que par le passé. Le mot d’ordre, c’est de penser à jouer et d’être confronté à la gestion des émotions. Ça fait partie des choses pour réussir au haut niveau."
Derrière les mots de Gibert se trouve une problématique très classique pour les réserves professionnelles. Les jeunes joueurs possèdent souvent des qualités techniques importantes, mais ils affrontent des adversaires plus âgés et habitués à ce type de championnat. Le rapport de force ne se limite alors plus vraiment au jeu.
Le technicien stéphanois l’assume : "Ne pas se faire sortir du match par des intimidations que des équipes plus matures connaissent." Le message adressé à son groupe est donc simple. Répondre doit se faire avec le ballon et non par une réaction qui pourrait coûter un avertissement, une expulsion ou quelques minutes de déconcentration.
À l’entraînement, l’ASSE provoque volontairement ses jeunes
Le staff a surtout décidé de ne pas attendre les premiers matchs tendus pour travailler cet aspect. Sylvain Gibert a raconté au Progrès une méthode assez révélatrice de ce qu’il souhaite transmettre à ses joueurs.
"Sur la gestion des émotions et de la frustration, quand on arbitre, on joue là-dessus en ne sifflant pas certaines fautes ou en faisant exprès de se tromper pour qu’ils s’habituent. La semaine, je ne veux pas un mot. On est hyper vigilant aux réactions des mecs pour tout de suite les préparer."
Une faute oubliée ou une décision volontairement incorrecte devient ainsi un exercice à part entière. Le staff observe la réaction du joueur et intervient immédiatement si celui-ci sort de son match. Impossible évidemment de recréer à l’Étrat tout ce qui peut se passer lors d’un déplacement à l’extérieur, mais l’objectif est de donner quelques repères avant d’y être confronté.
Cette approche prend également son sens au regard de la composition du groupe. Plusieurs joueurs ont quitté la réserve cet été, tandis que des éléments plus jeunes ont intégré l’effectif. La préparation a donc servi à reconstruire des repères collectifs avant la reprise.
La réserve de l’ASSE reste d’abord une école
Le classement comptera, surtout après les difficultés rencontrées la saison dernière. Mais la réserve possède une autre mission. Elle constitue le dernier étage avant le groupe professionnel. Un joueur capable de s’imposer techniquement à ce niveau doit aussi apprendre à gérer les moments où le match lui échappe.
C’est précisément ce que Gibert cherche à provoquer. Une décision arbitrale défavorable, un duel appuyé ou quelques mots d’un adversaire ne doivent pas modifier le comportement de ses joueurs. À terme, ceux qui prétendent rejoindre le groupe de Ian Cathro rencontreront les mêmes situations, avec davantage de pression autour d’eux.
Le déplacement en Corse constitue l’ouverture d’un championnat de 26 journées qui conduira ensuite les Verts à recevoir Riviera FC, avant un déplacement à Berre. Pour la réserve stéphanoise, la formation ne se jouera donc pas uniquement dans les pieds cette saison. Elle passera aussi par la tête.
