Aujourd'hui portier d'Amiens, Paul Bernardoni a accordé une longue interview ces derniers jours. Il revient notamment sur son passage à l'ASSE et sur la relégation aux barrages avec les Verts. Un épisode douloureux qui reste gravé. Extraits.

 

Paul Bernardoni (ex-ASSE) : "Loïc Perrin m'appelle. Il me dit : Écoute, si tu veux, nous, si tu veux un challenge pour six mois pour nous sauver. On est derniers, on a une bonne dizaine de points de retard. Si ça te chauffe, tu viens. Pascal Dupraz m'appelle. Il me dit : voilà, si tu viens jouer à Saint-Étienne... Je pense qu'il faut quand même... En ce moment le club c'est compliqué, mais voilà. Je répond tout de suite, ok, moi je suis là. Je vais dans le Chaudron. Ce stade. C'est une force en plus. C'est magnifique. En deux jours s'est fait. Je me fait prêter."

Hamouma délivre l'ASSE

Paul Bernardoni (ex-ASSE) : "Quand j'arrive, tu sens le club un peu... c'est tendu. Et petit à petit, on prend des points. Et même à un moment, on sort de la zone rouge. Malheureusement, on y retourne. Et puis le dernier match, c'est contre Nantes. Si on gagne, on est barragiste. Si on fait un match nul, on est barragiste. On savait que Metz jouait contre le Paris Saint-Germain. On se doutait bien que Metz allait perdre. Dans tous les cas, il faut qu'on fasse un résultat. C'était un match où, sincèrement, tu es dans le couloir et tu te dis : si tu perds... rate-le pas celui-là. Et franchement, je fais un super match. On fait 1-1. On égalise à la fin (Hamouma). Vraiment dingue. Et je me souviens encore, parce qu'on était restés à l'hôtel le soir. On repartait le lendemain pour la sécurité. On est arrivés à l'aéroport, on voit des CRS de partout. Je dis : oh la vache ! Un CRS me répond : on avait prévu le double si on avait perdu."

Les Verts aux barrages

Paul Bernardoni (ex-ASSE) : "Au final, on fait le barrage. On fait un partout là-bas. Et on perd aux pénaltys au barrage. Horrible. La séance de tirs au but ? Franchement dur. Parce que pendant le match, on est en prolongation, et je me dis : ils sont mieux que nous physiquement, je le sens. Tu sentais qu'il fallait qu'on aille aux pénaltys parce qu'on a eu beaucoup d'occasions pendant le match. Malheureusement, on ne les a pas mises. Et à la fin, tu sentais qu'on pêchait. On tient, on va aux pénaltys."

Une séance terrible pour l'ASSE

Paul Bernardoni (ex-ASSE) : "Avant la séance, je me dis : allez, là on va le faire. Mais ce n'est pas nous qui démarrons. Auxerre tire. Nous, on rate direct. Et puis eux marquent, marquent. Je pars deux fois du bon côté. Mais bon, c'était bien tiré en force. Et malheureusement, je n'en arrête pas un. On perd. Et là, je me souviens, je m'écroule. Je me dis : ce n'est pas possible. Tu es dégoûté. Même de toi. Et là, je lève la tête. Il y a un stadier qui me dit : là, il faut courir. Je lève la tête et je vois des sièges qui prennent feu. Des gens qui courent vers moi, qui me demandent le maillot. Franchement, c'était dangereux. Je passe derrière les CRS. Je pense que c'est là que c'était le plus dangereux. Des barrières, des CRS qui tombaient. Je descends. Un amas de fumée. Les yeux qui piquent. Et puis tu rentres au vestiaire. Très clairement, on est enfermés au vestiaire. Je suis sorti du stade à 4h30 du matin. Mais ça, c'est arrivé plusieurs fois dans la saison. Des fois on faisait match nul et on devait attendre. Après, c'est Saint-Étienne. C'est comme ça. Sauf que là, c'est fini. Et là tu te dis : waouh. Les joueurs d'Auxerre sont venus nous voir. Ils m'ont dit : putain les gars, courage. Nous on va être escortés, soyez prudents."

L'anecdote pour éviter les supporters

Paul Bernardoni (ex-ASSE) :  "Je me souviens aussi d'un autre match, contre Reims. Les supporters nous attendaient. Pour faire diversion, on avait pris nos voitures. On avait roulé sur Geoffroy-Guichard, sur la pelouse, pour sortir par une autre porte. Phares éteints. Et on devait suivre un itinéraire. Après chacun rentrait chez soi. C'est vrai que c'est une autre vie."

Source : Histoires de foot