Dans le football professionnel, les notes attribuées par les médias après les rencontres font partie du paysage. Mais pour certains joueurs, ces évaluations peuvent parfois provoquer des réactions inattendues… voire très tendues. Plusieurs journalistes du quotidien L'Équipe, dont Bernard Lions, ont récemment évoqué les pressions et les situations délicates qu’ils ont pu vivre à cause de ces fameuses notes. Des anciens Verts sont notamment cités...

Journaliste au sein du journal, Vincent Duluc a raconté que les réactions des joueurs pouvaient parfois dépasser le simple agacement. Selon lui, certains n’hésitent pas à interpeller les journalistes après les matches pour connaître leur note, parfois avec humour… parfois avec beaucoup moins de recul. « Il y a quand même eu des insultes, des menaces. Il y a aussi les petites pressions amicales : certains joueurs disaient après le match “alors ce soir je t’ai fait rêver ? Tu m’as mis combien ?” », explique-t-il.

Le phénomène ne s’arrête pas toujours au coup de sifflet final. Certains journalistes reçoivent même des appels tard dans la nuit pour connaître la note qui sera publiée le lendemain. « Des joueurs appelaient à 23h ou 23h30 pour avoir leur note. On leur disait et ils répondaient : “tu peux m’oublier là.” »

Des réactions parfois très virulentes

La journaliste Mélisande Gomez a elle aussi raconté une expérience qui l'a marquée. Après avoir attribué une très mauvaise note à un joueur, elle a reçu un message direct de sa part. « Après avoir mis un 3, j’ai reçu un texto d’un joueur : “oublie mon numéro”. » Des réactions qui illustrent à quel point ces évaluations peuvent toucher certains joueurs, parfois très sensibles à leur image et à la perception de leurs performances.

Un ancien joueur de l’ASSE impliqué dans un incident avec Bernard Lions

Dans certains cas, la tension est même allée beaucoup plus loin. Le journaliste Bernard Lions, qui couvrait régulièrement l'actualité de l’AS Saint-Étienne pour le quotidien sportif, a raconté un épisode particulièrement marquant. À l’époque, alors qu'il suivait le club corse de Bastia, un joueur aurait tenté de s’en prendre physiquement à lui. « À Bastia, il y avait Piotr Świerczewski. Il m’avait attrapé avec deux autres joueurs sur le parking pour me casser la tête. » Le milieu international polonais, qui a également porté les couleurs de l’ASSE dans les années 90, n’aurait visiblement pas apprécié certaines évaluations.

Des tensions déjà observées à Geoffroy-Guichard

Les relations entre journalistes et joueurs peuvent parfois être tendues, notamment dans des clubs où la pression médiatique est forte comme c'est le cas à l'ASSE. Bernard Lions raconte qu’à Saint-Étienne aussi, certaines notes ont pu provoquer des confrontations directes. Il cite notamment un épisode avec Jean‑Guy Wallemme, ancien défenseur des Verts. « À Saint-Étienne aussi, Jean-Guy Wallemme n’était pas trop d’accord avec mes notations. C’est arrivé qu’on se retrouve front contre front à Geoffroy-Guichard. »

Si ces anecdotes peuvent prêter à sourire avec le recul, elles illustrent aussi l’importance que certains joueurs accordent à ces évaluations publiques. Les notes publiées après chaque rencontre continuent d’être lues et commentées par les supporters… mais aussi très attentivement par les principaux intéressés. Et parfois, ces simples chiffres sur dix peuvent suffire à déclencher de véritables tempêtes en coulisses...