" AVENGERS : ENDGAME" « On a juste perdu un match. » Ian Cathro, après Dunkerque – ASSE
THE FINAL COUNTDOWN DE MICHELINE (DE LA COMPTA) ROAD TO LIGUE 1 = 62 - 15 = -47 POINTS :
« Micheline a ressorti son grand boulier de la saison dernière. Celui qui avait servi à établir que 62 - 18 = -44, avant de finir dans un tiroir avec les factures de la buvette et les espoirs de barrage. Cette fois, elle a écrit 18 - 3 = 15. Puis elle a ajouté, en rouge : « Attention, le 3 n’est pas une catastrophe. C’est juste le nombre de points qu’on n’a pas pris. »
Elle a ensuite ouvert son tableur et créé une nouvelle colonne intitulée « Nombre de fois où l’ASSE va perdre cette saison ». Elle a commencé par inscrire 1, puis elle a hésité. Elle a finalement remplacé le chiffre par un point d’interrogation, parce qu’elle a beau être comptable, elle n’a pas encore trouvé la formule qui permet de prévoir le football.
En revanche, elle a déjà calculé que si les Verts continuent à perdre un match tous les six matches, ils auront encore largement le temps de faire une saison très correcte. Elle a même prévu une cellule pour les défaites supplémentaires, au cas où.»
Salut les Groupies,
C’est le retour de votre cowboy JossRandall, pour l’épisode 6, après ce malheureux USLDASSE du 12 septembre au stade Marcel Tribut. Et pour ne rien vous cacher, on se connait depuis trop longtemps, c’est cette fois avec l’air à peine plus joyeux que si on m’opérait de la rate sans m’endormir.
Moi j’adore l’univers Marvel. Et Il paraît donc que l’univers Marvel vient de connaître son plus grand drame depuis que Thanos a claqué des doigts : l’ASSE a perdu un match.
Un seul. Après cinq victoires. Avec trois points d’avance en tête du championnat.
Mais à Sainté, vous connaissez la maison : il suffit qu’un ballon franchisse la ligne du mauvais côté pour que certains commencent déjà à chercher le responsable, le coupable, l’arme du crime et, si possible, l’adresse de son arrière-grand-mère.
Alors oui : Dunkerque a battu l’ASSE 2-1. Oui : c’était probablement le plus mauvais match des Verts depuis le début de la saison. Oui : pendant une bonne partie de la rencontre, l’ASSE a joué avec l’intensité d’un fonctionnaire un vendredi à 16 h 58. Et ces constats poudrent de nostalgie la quiétude des instants de félicité des dernières semaines.
Mais non, messieurs-dames : ce n’est pas la fin du monde. Même chez Marvel, les héros ont droit à un épisode où ils prennent une tôle. Et Micheline vous le rappelle : si l’ASSE perd un match tous les 6 matchs, en mai on ne devrait pas être loin de la cible quand même. Alors vigilance, mais respiration. Les piqures de rappel sont là justement pour … rappeler.
LES AVENGERS AVAIENT OUBLIÉ LEUR COSTUME - ASSE
Oui samedi à Marcel Tribut, pour nos Avengers 2026-2027, c’était en gros 20 minutes en mode Hulk, 70 minutes en mode Schtroumpf.
Il y eut d’abord cette première période. Insipide, brouillonne, hachée. Bref, un truc à faire passer un épisode de Derrick pour une course-poursuite de Mad Max. L’ASSE était là, certes.
Mais l’ASSE n’était pas vraiment présente. Au milieu, surtout, ça manquait de tout : de rythme, de mordant, de duels, de projections, de cette petite musique qui faisait jusqu’ici des Verts une équipe capable de vous mettre la pression comme le percepteur un 14 septembre.
Dunkerque, lui, n’avait pas besoin de réciter du Shakespeare, il fallait simplement courir, mettre le pied, mettre de l’intensité. Mettre les Verts sous pression.
Et pendant que les Nordistes mettaient tout ce qu’ils avaient dans la machine, l’ASSE semblait avoir oublié de mettre la clé de contact.
Dans cette première mi-temps longtemps déserte comme la cervelle d’un philosophe flamand, on a attendu ce que certains abrutis appellent « de longues minutes » (comme s’il en existait qui durent plus de 60 secondes !!!) avant qu’il se passe enfin quelque chose.
Et puis, au moment où l’on commençait à se demander si l’ASSE n’avait tout simplement pas oublié de mettre le courant, BOAKYE_PROFITE_LE_CRIME a surgi pour donner l’avantage aux Stéphanois. AUGUSTINE_BOAKYE_LE_TOUR, au passage le seul Vert samedi à mériter une note qui échappe au « moyennasse/passable » de tous les autres et au « peut et DOIT mieux faire » de GAUTIER_LARSOUILLEUR. Une frappe qui fait mouche, un but qui tombe au meilleur moment, et voilà que les Verts rentrent aux vestiaires avec l’impression d’avoir fait le plus dur. C’est le genre de scénario qui peut vous donner une confiance un peu excessive : on a mal joué, mais on mène quand même. Alors on se dit que la seconde période va remettre les choses en à l’endroit.
Sauf que la seconde période, à Dunkerque, a surtout remis les choses à l’envers.
En six minutes, Ayari puis Keita ont renversé le match avec deux frappes magnifiques. Surtout le premier, un but qui ressemblait à un O.V.N.I. (O.V.N.I. soit qui mal y pense). Et là, il faut être honnête : la défense stéphanoise a regardé les artistes dunkerquois travailler comme le public du Moulin Rouge regarde les danseuses : avec intérêt, mais sans intervenir. Le premier but est une merveille de frappe, le second aussi, mais entre les deux, il y a surtout cette impression que les Verts n’ont pas suffisamment empêché les Dunkerquois de se mettre en position de tirer.
Et quand une équipe manque d’intensité au milieu, elle finit souvent par manquer de présence derrière. C’est une vieille histoire de football, mais elle revient toujours vous rappeler qu’on ne peut pas gagner un match en jouant à son meilleur niveau pendant vingt minutes seulement.
L’ASSE 2026-2027 avait donné l’impression, jusqu’à samedi, qu’elle avait de la marge sur les autres équipes. Mais elle n’en a pas suffisamment pour pouvoir se permettre de jouer seulement 20 minutes à son meilleur niveau. Ça, c’est comme jouer à la Dame-De-Pique en écartant systématiquement ses plus gros atouts dans le chien : ça peut, parfois, être payant et spectaculaire. Mais au final, ça marche rarement.
Quant à LARSONNEUR_AUX_VAINCUS, il faudra bien en parler. Parce que sur ce match, notre Inspecteur Valentin des Brigades du Tigre a traversé la rencontre avec la sérénité d’un homme qui vient d’apprendre qu’il avait oublié de fermer le gaz en sortant de chez lui. Il n’a pas été le seul responsable de la défaite, loin de là, mais il n’a pas non plus donné l’impression de vouloir devenir le héros de l’épisode. Et quand votre gardien ne vous sort pas le lapin du chapeau au moment où la défense prend l’eau, forcément, ça se voit.
Mais attention : ne transformons pas Larsonneur en bouc émissaire professionnel. Un mauvais match, oui. Un procès d’assises, non. Mais force est de constater que le problème devient quand même récurrent : un bon gardien est celui qui te fait gagner des points quand l’équipe va moins bien, pas quand elle domine. Lui ne le fait jamais.
ENDGAME ? MON CUL, COMME DIRAIT SAN-ANTONIO
Le plus intéressant, finalement, est arrivé après le deuxième but dunkerquois.
Parce que l'ASSE, au lieu de sombrer, a enfin retrouvé ce qui lui avait tant manqué pendant une heure : du rythme, de l'agressivité, de la projection et cette capacité à enfermer l'adversaire dans ses trente derniers mètres.
Et là, soudain, les Avengers étaient de retour.
Le problème, c'est qu'ils avaient perdu beaucoup trop de temps à chercher leurs costumes.
CARDONA_QUE_L'AMOUUUUR a eu une occasion, GORILLES_DANS_LA_BREUM s'est heurté à un Ramos particulièrement inspiré, BERN_HAPPY_AUER a encore trouvé le gardien dunkerquois sur sa route, ZURIKO_DAVID_EST_CHEVELU a lui aussi buté sur lui et BOAKYE_PROFITE_LE_CRIME, encore lui, a finalement trouvé la barre dans les dernières secondes.
Il y avait donc largement de quoi revenir. Et à 2-2 notre sentiment, nos analyses et nos conclusions seraient sans doute aujourd’hui différents.
Mais le football est une matière assez ingrate : il ne récompense pas les bonnes intentions, il récompense les buts. Et surtout, il ne permet pas de jouer seulement vingt minutes à son meilleur niveau en espérant récupérer ensuite les soixante-dix minutes passées à moitié en vacances. On ne gagne pas un match avec vingt minutes de super-héros et soixante-dix minutes de figurants.
Voilà probablement le principal enseignement de Dunkerque.
Cette équipe est suffisamment talentueuse pour faire très mal lorsqu'elle accélère. Elle l'a encore démontré samedi soir. Mais elle n'est pas suffisamment supérieure à ses adversaires pour pouvoir se permettre de choisir les moments où elle décide de jouer.
Parce que le championnat de L2 est raide et lui, ne choisit pas. Il vous rentre dedans dès le coup d'envoi. Et si vous arrivez avec soixante-dix minutes de retard dans le combat, il peut déjà être trop tard lorsque vous décidez enfin de mettre les gaz.
Dunkerque a donc gagné son match. Pas par accident, pas sur un hold-up miraculeux, mais parce que les Nordistes ont été plus consistants, plus agressifs et plus présents pendant une grande partie de la rencontre.
L'ASSE, elle, a eu le mérite de ne jamais complètement lâcher. Mais elle a payé son mauvais début de match, son manque d'intensité au milieu, son moins-bien défensif et, accessoirement, la soirée compliquée de son gardien.
Et voilà. Il n'y a pas besoin d'aller chercher beaucoup plus loin. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il faut en rester à la théorie de l’accident. C’est une piqure de rappel. Et donc un rappel à ne pas s’endormir sur le rôti.
CIRCULEZ, Y’A RIEN À ENTERRER
Alors oui, après avoir avalé la pilule un rien amère, rangeons les sirènes, éteignons les gyrophares et remettons Thanos dans son tiroir. AVENGERS : ENDGAME ? Non. Pas encore en tout cas. Ce n’était que le premier épisode où les Avengers ont oublié leur costume dans la machine à laver.
L’ASSE reste première, avec cinq victoires dans la musette, trois points d’avance et désormais une défaite qui, si elle est correctement exploitée, peut devenir beaucoup plus utile qu’un sixième succès facile. Parce qu’une équipe invincible apprend peu. Une équipe battue apprend beaucoup.
IAN_CATHRO_MOTRICES a parfaitement résumé la situation : « On a juste perdu un match. ». Et lui je l’aime bien, vous l’avez compris. Ses mots sont souvent parabole d’évangile. Alors pour une fois, écoutons l'entraîneur avant d'écouter les réseaux sociaux. Et si CHEZ_CATHRO_Y_A_TOUT_CE_QU'IL_FAUT, et qu’il transforme cette soirée en cours de rattrapage plutôt qu’en enterrement de première classe, Dunkerque aura peut-être rendu un petit service aux Verts.
On ne demande pas à l’ASSE de gagner tous ses matches. On lui demande de ne pas en perdre certains autres comme celui-là.
Car, évidemment, nous allons perdre quelques matches cette saison. Peut-être même à domicile, qui sait !! Peut-être contre une équipe que personne n'attend. Peut-être après avoir dominé pendant quatre-vingt-dix minutes. Peut-être même après avoir marqué le premier but.
C'est généralement comme ça que fonctionne le football. Même les équipes qui montent ne gagnent pas tout.
Alors autant prendre cette défaite pour ce qu'elle est : un avertissement, pas un avis de décès.
Oui notre ASSE, désormais avertie, reste première. Et elle a déjà montré suffisamment de qualités depuis le début de saison pour que cette soirée dunkerquoise soit considérée comme un accident sérieux, certes, mais parfaitement réparable.
Le plus important sera maintenant de voir la réaction. Parce qu'une bonne équipe ne se mesure pas seulement au nombre de matches qu'elle gagne. Elle se mesure aussi à la manière dont elle réagit lorsqu'elle en perd un.
Pour l'instant, les Verts viennent simplement de découvrir qu'ils avaient, eux aussi, le droit de perdre. Le championnat n'a pas pris fin samedi soir à Dunkerque. Mais cette défaite a juste rappelé aux Stéphanois une vieille règle du football : pour monter, il faut être meilleur que les autres. Mais pour y arriver, il faut aussi accepter de ne pas l'être tous les samedis.
Et comme dit un pote résolument optimiste devant l’éternel : mieux vaut une belle sottise bien réussie qu’une sublime astuce pinaillée.
