Le Mans : Touché à l'adducteur deux jours avant la réception de Reims, le gardien du Mans FC vit la fin de saison la plus cruelle qui soit. Mais Nicolas Kocik a choisi de transformer sa douleur en soutien. Et son histoire avec le football résonne étrangement avec celle de samedi.

Le Mans : Le choc émotionnel, puis le rebond

Il y a des blessures qui arrivent au pire moment. Celle de Nicolas Kocik en fait partie. Lésion à l'insertion de l'adducteur le jeudi 30 avril, trois à quatre semaines d'arrêt, saison terminée. Deux jours avant la réception de Reims, qui aurait pu être le match de la montée en Ligue 1. Le gardien manceau ne cache pas l'impact que ça a eu : «J'ai eu un gros, un gros choc émotionnel quand c'est arrivé jeudi. Et samedi aussi au match, quand j'ai vu l'ampleur de ce qui se passait. J'étais triste. Mais je suis vite passé à autre chose.»

Vite passé à autre chose. Pour quelqu'un qui manque possiblement les matchs les plus importants de sa carrière, c'est plus qu'un réflexe mental — c'est du caractère.

Un parallèle troublant avec 2019

Ce que l'histoire ne dit pas souvent, c'est que Kocik connaît ce scénario. Dans l'autre sens. En 2019, alors prêté par Valenciennes, c'est lui qui avait remplacé Jérémy Aymes — blessé au poignet — pour les sept derniers matchs de la saison. Dont le barrage retour à Ajaccio, remporté par Le Mans. Il avait même arrêté un penalty dans les arrêts de jeu.

Sept ans plus tard, c'est lui qui cède sa place. Le gardien en a évidemment conscience : «J'y ai pensé. J'ai encore régulièrement Jérémy, je lui en ai parlé au téléphone. C'est drôle… Bon, j'espère qu'on n'ira pas jusqu'aux barrages quand même.» Sous-entendu : que la montée soit actée samedi à Bastia, directement.

Kocik derrière Hatfout, pas spectateur

Ce qui aurait pu tourner au repli sur soi s'est transformé en quelque chose de plus constructif. Kocik a demandé à faire ses soins en parallèle des séances collectives, à être présent à la mise au vert avant Reims, à l'échauffement sur le terrain. «C'était important pour moi de montrer à Ewan que je suis là pour l'aider.»

La relation entre les deux gardiens existe depuis quatre ans au Mans. Et Kocik est le premier à reconnaître ce qu'elle lui a apporté : «Je n'aurais pas fait cette saison-là sans lui. Depuis que je suis revenu, Ewan a toujours été là, il m'a tout le temps poussé. Si j'ai réussi à être performant, c'est grâce à lui.»

Samedi à Furiani, Ewan Hatfout sera dans les cages mancelles pour un match qui peut tout changer. Kocik sera derrière lui, pas sur le terrain, mais présent. C'est peut-être ça aussi, le football.

Source : Ouest-France